Barbara : « Après le 3ème tatouage, tu ne peux plus t’en passer ! »

Texte et photographies : François Capdeville

Barbara est ce que les journalistes friands de concepts appellent une slasheuse puisqu’elle multiplie les activités. Jugez plutôt : assistante de direction la journée, community manager pour le tatoueur Robz Fernandez, modèle photo, barmaid. Elle est également militante pour une parole libérée et libre autour de la sexualité chez les jeunes, qu’elle cherche à promouvoir à travers son compte Carton Rose, suivi par quelques milliers de personnes. Autant vous dire que caler un shoot photo avec Barbara est plus que compliqué. Mais nous avons quand même eu de la chance…


Barbara, comment es-tu tombée dans l’univers du tatouage ?

Depuis toute petite, je suis fascinée par le dessin. Déjà à l’époque, je trouvais les gens tatoués beaux. Et puis, il faut dire qu’une partie de ma famille baigne dans le milieu depuis longtemps : mon père est tatoué sur tout le torse. Il aime les pièces réalistes, alors que ma mère -qui fréquentait le milieu techno en tant que djette – est plus sur le old school -. Quand j’étais petite je voyais parfois des gens atterrir en after à la maison et certains se faisaient percer la langue sur un coup de tête ou se faisaient tatouer. Bref, c’est un univers qui m’est familier et dans mon cas, c’était plutôt facile de franchir le cap du tatouage.


Quel est a été ton premier tatouage ?

Une lune immonde sur l’épaule que j’ai fait faire à l’internat. Je devais avoir seize balais. Un mec avait ramené un dermographe et avait passé le mot. Sauf… qu’il n’était pas tatoueur. Ce qui n’a pas empêché des mecs de se faire tatouer des cœurs ! Et donc il m’a fait une lune que je ferai reprendre plus tard à Toulouse. Je me souviens que j’avais kiffé cette sensation d’embellir mon corps : les premiers jours, je ne pouvais m’empêcher de regarder cette lune dans un miroir.


En quoi le tatouage est addictif ?

Tout ce que je peux dire, c’est qu’une fois le 3ème tatouage encré sur ton corps, après c’est mort. Tu ne peux plus t’en passer. Et pour ma part, comme j’ai un problème avec la symétrie et bien j’essaie toujours d’équilibrer un élément du corps avec un autre : si j’ai un bras qui est fait, il me faut l’autre. Et ainsi de suite


Y’a-t-il une partie du corps que tu ne feras jamais tatouer ?

Je ne sais pas. Le visage je pense. Et encore j’aime bien les petits sketchs autour des yeux ou sur les pommettes. J’ai fait une croix pour cacher un piercing. Par contre, je n’ai pas l’intention de me faire tatouer sur des parties de mon corps hyper sensibles. D’ailleurs, plus tu te fais tatouer, moins tu génères de l’endorphine. Tu es donc plus sensible et moins résistant. Donc, pas de plante de pied pour moi, par exemple.


Quel regard tes proches portent-ils sur tes tatouages ?

Mes parents trouvent que j’ai des beaux tatouages et je crois qu’ils sont assez fiers. Ils voient que le tatouage est une passion et que lorsque je vais dans un shop, je maîtrise le sujet. Et de mon côté, j’ai vraiment de la chance d’avoir des parents si ouverts d’esprit. Pour l’anecdote, je crois que mon père se laisserait bien tenter par une manchette, depuis que j’en arbore une.


Comment choisis-tu tes tatouages ?

C’est souvent de manière très spontanée. Par exemple, j’ai fait la manchette noire parce que je ne supportais plus mes tatouages sur le bras qui ne me correspondaient plus. A l’époque, c’était assez nouveau. Ma colloc était d’ailleurs bien hésitante pour moi. Mais, comme je trouvais que ça allait plutôt bien sur les personnes à la peau mate comme moi, et bien j’ai passé le pas.


As-tu des tatouages « honteux » ?

Ah oui ! Il y a ces deux oiseaux qui font la gueule sur mes fesses. C’est un pote Egon qui s’intéressait au tatouage et qui est maintenant une pointure en tatouage réaliste qui s’est entraîné sur moi. La douleur était si intense que j’ai dû faire le tatouage en deux fois alors que la pièce est petite ! Pour l’instant, je les garde parce qu’ils me renvoient aux débuts de Egon qui a affirmé son style depuis.


Quel est ton tatouage préféré ?

Probablement l’aigle sur le ventre. Je le trouve beau, il donne de l’équilibre au corps. J’aime bien la pivoine également sur mon bras gauche. Mais franchement, je les aime tous. Je te donne une réponse à contre-cœur.


Quel est ton prochain projet tatouage ?

Concernant les tatouages, je ne sais pas encore. Je pense que je m’attaquerai au dos. Mais je prends mon temps pour réfléchir parce que le dos c’est une partie que tu ne peux pas rater. C’est LA Master Piece. Je me laisserai bien tenter par une gorgone, ou quelque chose de floral. Je suis très floral. Ou un dragon. (A l’heure où nous publions ces lignes, Barbara a démarré le tatouage d’une gorgone)


Instagram

Un Ganesh. Certainement en hommage à ma mère qui a toujours été fascinée par l’hindouisme. Réalisé par Roman Kaan (Good Place Tattoo, Toulouse)
J’aime beaucoup les motifs floraux qui embellissent très facilement le corps. Le chrysanthème a été fait par Seven Echeck. Et l’insecte -un lucane – a été réalisé par Roman Kaan
Ici, c’est une pivoine réalisée par Roman Kaan
C’est moi le chat noir ! un moyen de conjurer le sort. C’est Kevin KBN Sensibilitey (Les Petites Frappes, Toulouse) qui l’a fait. Le couteau qui pleure a été réalisée par Mathieu Thieuma 187. D’ailleurs, j’en ai toujours un sur moi.
J’aime beaucoup ce nuage classique old-school avec son coupe-choux, réalisé par Togi Neko (Landscape Tattoo, Paris)
Enfin, le serpent transpercé par une flèche a été réalisé par Fwip Tattoo (Les petites mains, Toulouse)