Tatiana nous raconte ses tatouages

Texte et photographies : François Capdeville

Nous avons rencontré Tatiana, 25 ans, biologiste cellulaire. Comme en témoigne son bras droit, elle est fascinée par les insectes. Une passion qui l’a incitée à se spécialiser dans l’entomologie (l’étude des insectes). Elle nous raconte son expérience de tatouée et l’histoire de ses tatouages.

Hello Tatiana. Alors, racontes-nous ce qui t’a donné envie de te faire tatouer ?

Beaucoup de mes amis, plus âgés que moi, sont tatoués. Je pense qu’inconsciemment, ils m’ont inspiré. J’ai fait mon premier tatouage à 21 ans, même si cela faisait un an que j’y songeais. Et comme je ne fais jamais les choses à moitié, j’ai décidé de faire le bras droit en entier. Ma mère n’était pas très contente de ce changement et je crois bien qu’elle m’a demandé de porter un pull pendant un bon mois. Je suppose qu’une fois mon prochain projet réalisé, je devrais à nouveau porter un pull quelques jours.

D’ailleurs comment a réagi le reste de ta famille ?

J’avais principalement peur de la réaction de mes grands-parents qui sont évidemment d’une autre génération. Je les adore et je ne voulais pas les contrarier. Et bien, figures toi que ce sont eux qui ont le mieux accueilli mes tatouages. Ma grand-mère a mis une journée pour s’y faire. Ils étaient d’ailleurs contents et fiers de savoir que l’un de mes tatouages représente un figuier dalmate, le symbole de leur village en Croatie.

Tu sais, la culture du tatouage n’est pas la même qu’en Europe occidentale. Autant les petits tatouages sont tolérés, autant les grands motifs sont mal acceptés. On m’a déjà demandé si je faisais partie d’un gang, ou si j’étais lesbienne (je n’ai pas compris le lien). On m’a déjà insultée.

J’ai eu peur de la réaction de mes grands-parents… Je m’étais bien trompée.

Tatiana

Parle nous de tes tatouages. Que représentent-ils ?

J’ai le bras et les côtes tatoués. Sur mon bras, il y a une fourmi. Certainement dessinée sous l’influence du livre écrit par Bernard Werber. Il y a un figuier dalmate dont je te parlais précédemment. Il y a un phasme feuille qui symbolise mon côté timide, quand je ne connais pas. Il y a un scorpion empereur, en honneur à ma maman. C’est un des rares insectes qui élève sa progéniture jusqu’à leur maturité. J’ai fait tatouer également un papillon de l’espèce des monarques, l’insecte qui a le plus grand cycle de migration. Il parcourt le continent américain dans toute sa longueur. Comme j’ai toujours étudié à l’étranger, j’ai pas mal voyagé. Je trouve qu’il me représente bien. Enfin, j’ai un termite bicéphale de la caste des soldats en honneur à mes petits frères jumeaux. Quant à mes côtes j’ai un mot en elfique qui signifie fratrie. Je l’ai fait le jour des 18 ans de mes petits frères à leur heure de naissance ! Mes tatouages n’ont plus de secrets pour toi maintenant !

Pourquoi cette influence des insectes ?

J’ai toujours été fascinée par les insectes. Quand j’étais petite j’avais un microscope et je cherchais les insectes morts dans mon jardin, je les découpais ensuite pour les observer. Aujourd’hui, j’ai décidé de me spécialiser dans le cadre de mes études dans l’entomologie. J’adorerais travailler pour la police et faire de la datation de cadavres grâce aux larves qui s’y abritent.

Qui a réalisé ton tatouage ?

C’est Maud Dardeau qui à l’époque officiait chez Tin-Tin. Aujourd’hui elle a ouvert un shop à Bordeaux. Je me souviens avoir eu un peu d’appréhension alors que je poussais la porte. Autour de moi, il y avait des gens connus, et j’étais à la fois intimidée et impressionnée.

Maud a été de bon conseil. Je lui ai montré des photos de mes projets et lui ai laissé carte blanche pour choisir les emplacements, les proportions. La création des différentes pièces a nécessité 8 heures de travail.

Et sinon le mot elfique a été réalisé par Oriane Tannuki de chez Landscape ; qui se trouve rue Keller.

Quel est ton prochain projet ?

Je pense qu’à l’heure où cet article sortira, j’aurai alors sur mon bras gauche deux nouveaux motifs : une gravure d’apollon avec un bouclier et son épée et qui vient illustrer une phrase de Weber « L’amour pour épée, l’humour comme bouclier ». Je me ferai tatouer également un Sphinx à tête de femme, menaçant, prêt à fondre sur Apollon, sur le haut de mon bras.

Le tatouage est addictif. Quelles parties du corps souhaiteras tu encrer à l’avenir ?

Et bien les cuisses et les côtes, c’est sûr. Je ne tatouerai pas le dos car je porte l’été le dos nu et je ne me vois pas arborer une grosse pièce. Je ne me ferai jamais le buste, ni le visage et le cou. J’aime l’idée d’avoir des tatouages espacés, aérés.

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