Healing Ink, répondre à la violence par l’art

Texte : Marie Dzimbalka / Visuels : Healing Ink

Le milieu du tatouage ne manque pas d’initiatives pour apporter son soutien aux causes sociales. Tatouages pour se reconstruire après la maladie ou encore bénéfices reversés à des associations, les actions se multiplient et les artistes n’hésitent pas à prêter main forte. C’est dans une démarche similaire que s’inscrit Healing Ink, qui aide les victimes du terrorisme et de la guerre à aller de l’avant.

Le jour du Nouvel An 2016, le long d’une avenue du centre de Tel-Aviv éclate une fusillade qui fera deux morts et sept blessés. Quelques mois après cet événement marquant se forme Healing Ink. Créé par Craig Dershowitz et Nichole East, le collectif se dresse contre la violence de ces actes en tatouant les survivants. La 3ème édition de Healing Ink Israel qui s’est organisée en octobre dernier aura réuni plus de 500 personnes. 14 artistes internationaux parmi lesquels Savannah Colleen, sont venus mettre leur talent à contribution. Dans le Musée d’Art de Haïfa, entre les sculptures d’Itzhak Danziger et les toiles de Marc Chagall, 27 personnes se sont vu offrir une œuvre corporelle pour atténuer les marques du passé. Ido, l’un des participants, s’y est fait encrer un motif géometrique par Miguel Ochoa. Son visage a été déformé par des éclats d’obus de mortier à la suite d’une mission contre des soldats infiltrés du Hamas. Une expérience difficile dont il garde un trouble de stress post-traumatique.

Persuadé que l’art peut guérir les blessures autant physiques que psychiques, Healing Ink étend son champ d’action au-delà du Moyen-Orient. A New York, l’organisation s’est mobilisée auprès des secouristes et rescapés des attentats du 11 septembre 2001 à travers la Healing Ink NYC de juillet 2017. Plus récemment c’est à Orlando que les artistes engagés sont venus tatouer, deux ans après la tuerie perpétrée dans une boîte de nuit LGBT. Outre les attaques terroristes, Healing Ink intervient aussi dans le cadre de violences plus silencieuses et encore entourées de tabous. Le projet « Womens Liberation » lancé le 5 mai 2018 avec l’aide de Natalie Quintana, laseriste à Ink Shop en Californie, s’adresse aux femmes tatouées de force par les réseaux de prostitution.

Et l’association ne compte pas s’arrêter là, bien décidée à s’engager partout dans le monde où la violence fera des victimes.


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