Vikings & Panthères : les gangs rocks de la Villette en clichés

Dans les 80’s, Gilles Elie Cohen traine ses guêtres avec la jeunesse dans un paris en pleine effervescence rock. Des styles très marqués comme le rock des fifties américain atteint des groupes de jeunes un tantinet rebel, se regroupant pour dominer leur quartier. L’époque est aux concerts dans les caves, aux crêtes, au style de James Dean et aux blousons militaires détournés. On le savait aux Etats-Unis bien sûr, mais en France et surtout à Paris, des jeunes se regroupent en bandes à leur image. Les premiers ? Les « Vikings », fans de rock’n’roll fifties, tirant leur nom de « Del Vikings », premier groupe de rock dont les membres étaient blancs et noirs.

Alors que la Villette est encore un terrain vague, ces ados-là se battent pour défendre un bout de friche, font la fête jusqu’à pas d’heure, dansent et s’amourachent de vieilles bagnoles. D’autres gangs se forment : les Teddy Boys, les Rockabilly Rebels et bientôt d’autres viendront en opposition ; les bandes néo-nazis. Rien de plus énervant pour des jeunes qui prônent un rock’n’roll empreint de liberté, bercé par le rythm’n’blues et la musique afro-américaine.

L’oeil du photographe Gilles Elie Cohen les suit dans leurs virées fantasques. Ces jeunes s’éclatent avec naïveté quand d’autres, se préparent pour « la chasse ». C’est ce dont rend compte aussi Gilles Elie Cohen en photographiant Les Black Panthers, du nom du mouvement afro-américain. Un gang qui se forme à l’époque en précurseur des fameux « chasseurs de skins » : Ducky Boys, Red Warriors et autres Black Dragons, faisaient leur loi à Paris dans les années 1985 avec leur look sportif et leur maîtrise des arts martiaux. Leur but ? Conquérir du territoire face aux skins néo-nazis dans les rues, en banlieue et même à Châtelet dans le paris des 80’s. Bref ! Une autre histoire.

Gilles Elie Cohen lui, s’attache plus particulièrement à ces teens qui, peigne en main et gomina dans les cheveux, comptaient au total: une centaine de membres. Une communauté, en marge qui révèle aussi une France inconnue des livres d’histoire. Ces photos pleines de mouvements et de vie ne racontent pas l’histoire d’un « gang » comme on l’entend aujourd’hui mais bien celle d’une bande de jeunes avec d’autres espoirs et d’autres codes que ceux imposés par la société. Des ados qui suivaient leur chemin. Les images racontent un bout de vie de ces témoins d’une époque, comme « Little John » qui a fait parler de lui jusque dans une chanson de la Souris Déglinguée rendant hommage à ce punk bourlingueur, mort à cause d’une embrouille à Stalingrad. Des conneries et des vies.

Le photographe Gilles Elie Cohen et les auteurs Jean-William Thoury et Pascal Szulc seront présents pour une dédicace le soir du vernissage le jeudi 5 Février 2015 de 17h à 21h à la Galerie ADDICT . L’exposition Vikings & Panthers sera visible du 6 Février au 28 Mars 2015.