« The Last Mambabatok » : le tatouage Kalinga, ne mourra pas

MAMBABATOK UNE

Apo Whang-Od, c’est le nom de cette femme de 99 ans, dernière tatoueuse Mambabatok – nom donné aux artisans tatoueurs de la tribu Butbut aux Philippines – , exerçant un tatouage au « hand-tap » . Dernière à maîtriser le savoir-faire qu’exige le tatouage traditionnel Kalinga elle a désormais une héritière.

The Last Mambabatok from Brent Foster on Vimeo.

Ultime artiste de sa génération à posséder ce savoir-faire du tatouage Kalinga, culture et communauté reculée du Luzon aux Philippines, Apo Whang-Od a trouvé en sa petite nièce Grace une héritière à qui transmettre ce savoir ancestral. Considérée comme la plus grande artiste Mambabatok de sa génération, Apo Whang-Od, devenue veuve à 25 ans, n’avait aucun enfant à qui communiquer son héritage. De nombreuses vidéos et articles apparus sur la toile notamment via la BBC ont élévé cette femme au rang de contributrice incontournable du patrimoine philippin. Un patrimoine qui se serait éteint avec elle, si Apo n’avait pas commencé à enseigner à sa petite-nièce, Grace Palicas, cet artisanat. L’héritière, qu’elle a prise sous son aile, permet à cette tradition de persister au travers d’une toute nouvelle génération. Grace apprend cette technique toute en finesse, uniquement transmise aux véritables descendants mambabatoks. Symbole de la fierté des guerriers ou marque de beauté des femmes Kalinga, la jeune tatoueuse a appris parmi de nombreuses archives, à recréer tous les anciens designs Kalinga.

Pratiqué au Batok, une technique qui consiste à faire pénétrer l’encre sous la peau grâce à une longue épine tapotée à une vitesse de près de 100 coups par minute, le tatouage Kalinga est né il y a un millénaire. Pour le moins douloureux il n’a pas empêché de nombreux touristes de vouloir tester leur « self-control ». Apo Whang-Od le souligne d’ailleurs dans le documentaire : pour le village, il est important à la fois de garder cette tradition mais aussi de faire revenir les touristes dans ce village perché de la magnifique Cordillère au nord du pays.

« The Last Mambabatok » court-métrage documentaire réalisé par Brent Foster, démontre l’importance de faire perdurer cette tradition pour toute la communauté. Cette histoire qui se place au cœur de la notion d’« héritage » est partie intégrante du projet : « While I’m Here The Project » où, Brent Foster le réalisateur et son équipe, racontent l’histoire d’hommes et de femmes aux vies extraordinaires afin de documenter un patrimoine vivant inconnu.


 

Informations :
www.whileimheretheproject.com

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