Tattooisme 3, le retour!

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Le troisième volume de Tattooisme, la série lancée par Chris Coppola et Frédéric Claquin est arrivé. En présentation à la convention de Montreuil, avec un joli stand « Tattooisme », le troisième du nom se présente comme un ouvrage incontournable cet hiver. Avec sa couverture mauve, façon patchwork de stencils, Tattooisme expose dans ce dernier opus un panel de styles aussi larges que variés. Pas moins d’une centaine d’artistes de tous horizons sont réunis. On en découvre le parcours, les envies, les ambitions et surtout le talent de tatoueurs reconnus ou émergents. El Patman, Twix ou encore Cokney font partie des personnalités issues de encyclopédie du genre, que l’on dévore, en une seule bouchée.

Frédéric Claquin, pourfendeur d’ « ArTtitude » est éditeur et un spécialiste des arts graphiques et de la culture street art et tatouage depuis longtemps. Déjà, avec le collectif « Drawing is not a crime » il mettait en marche une machine de guerre pour défendre et propager les meilleurs traits de crayon. Avec Chris Coppola, fondateur de Rise et ex-rédacteur en chef du magazine français. Un spécialiste du genre, aujourd’hui tatoueur qui a toujours des tonnes de projets en tête. Le duo a su nous tenir en haleine avec deux premiers tomes déjà révélateurs, désormais ils savent autant éveiller la curiosité des connaisseurs que parachever les connaissances des curieux.

Un panel plus frenchie qu’international, même si l’on retrouve Marina Goncharova, ses lignes arrondies et aplats bluffants d’efficacité ou Dan Sinnes, à l’opposé du genre, dans des compositions violentes au style japonisant. Tattooisme 3 fait donc preuve d’une simplicité déconcertante à enchainer pointures, potentiels et talents singuliers. Rien qui n’enlève aux auteurs une ouverture d’esprit moderne, incluant des inspirations tranchantes, comme le fait l’artiste Nicoz Balboa et son crayonné si intimiste qu’il en devient percutant.

Tattooisme, c’est plus qu’un panel d’artistes, c’est un travail de profondeur qui a permis aux auteurs de maîtriser l’univers du tatouage et d’écumer le nombre croissant d’artistes tatoueurs afin d’en ressortir un véritable manifeste de premier choix. Le 11ème art tient en styles variés et qualités techniques, exposés ici avec une sélection des plus pointue. Parmi eux, on retrouve un certains nombre de femmes, bien présentes au sein de la culture tattoo actuelle, et révélateur d’un second souffle. Kim Anh Nguyen, aujourd’hui en suisse, en fait partie. Elle est connue pour ses aplats et visages de femmes dans un style old school traditionnel. A l’opposé on retrouve le bordelais, Twix, créant des mandalas aux lignes bien épaisses. Du sang neuf aussi lorsqu’on évoque le tracé empli de fatalité de Pas de Veine, tatoueuse chez Viva Dolor à Lyon et ses noirs intenses, ses visages emplis de tristesse et d’une beauté sombre.

Simple et efficace, Tattooisme, c’est aussi cette manière de surprendre, en introduisant des artistes tout aussi novateurs et contemporains que Pows One, largement inspiré du graffiti dans son art. Cet américain est un de ceux qui voient Mike Giant et ses marqueurs comme des messies du street art. Inspiré par cette culture comme la BD, il aime mixer couleurs graphiques, motifs graffiti et univers horreur. Grâce aux courtes biographies, c’est plus que l’art du tatouage que l’on approche mais surtout la vision plurielle de ces passionnés d’art et de ces talents intrinsèques. Chacun a ses préférences, singularités et exigences artistiques et fait l’objet, pour une des premières fois en France, d’un portrait écrit intimiste. Car dans cet exercice, finalement accompli, Tattooisme choisit de rapprocher l’artiste du tatoué. Un projet ambitieux et la première étape de tout projet encré.

 


 

Tattooisme 3
Chris Coppola & Frédéric Claquin
Editions Eyrolles
192 pages, 400 photographies.
29,90 €
ISBN: 978-2-212-14204-4 

 

Chris-Fred-Tattooisme

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