Tarmasz : folklore encré

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En guest régulier chez Sweet Needle, Tarmasz, 24 ans tatoue depuis trois ans. Ses petites pièces aux silhouettes noires teintées de quelques touches de couleurs se dessinent comme des ombres sur la peau. Inspirée par le folkore, son style est à la fois figuratif et décoratif mais surtout tout en finesse. En se consacrant de plus en plus au noir mais aussi au dot elle développe un trait bien particulier.

Quels ont été tes premiers pas dans le tatouage ?

A la base, je dessine et c’est quand j’étais en école d’Art que j’ai voulu toucher à plusieurs médium. J’ai fait un peu de volumes et de la photographie…j’étais assez curieuse de tester de nombreux supports différents et j’ai voulu essayer le tatouage. Je ne pensais pas que ça marcherait mais ça m’a plu et je m’y suis vraiment investie. Mais j’essaie de garder du temps pour dessiner. J’avoue, j’ai appris toute seule même s’il ne faut pas trop le dire, j’ai commencé ainsi et ça m’a pris longtemps à me défaire de mauvais réflexes. C’était pas glorieux au début et Julia de Sweet Needle à Fontenay sous Bois m’a prise sous son aile. Depuis, ça va beaucoup mieux. J’ai commencé techniquement à avoir des tattoos plus propres. J’ai encore pas mal de progrès à faire mais pour ce que je fais actuellement, je suis de plus en plus satisfaite. C’est grâce à l’aide de Julia.

 

« il faut aimer se laisser surprendre et adhérer à mon univers »

 

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Qu’est ce qui t’a attirée vers le tatouage lorsque tu étais en école d’art ?

Le tatouage est agréable à faire. Au début tu galères car tu es stressé par ton manque de connaissance ou parce que ça ne marche pas comme tu veux et qu’en plus ça dure des heures ! Ensuite tu découvres ce relationnel avec la personne que tu tatoues qui me plait beaucoup à la différence du dessin, assez solitaire.

C’est un aspect que j’aime du tatouage. Tu n’es pas seul et souvent les gens ont beaucoup d’idées suivant les thèmes. J’ai pas vraiment fait une école d’art mais plusieurs formations donc j’ai pas eu d’émulation de groupe ou de classe en école alors que je trouve que l’on s’enrichit avec les idées des autres, du coup je pense que c’est d’autant plus excitant d’en voir le résultat et son propre dessin sur le corps d’un autre. La technique, j’ai mis plus de temps à l’apprécier.

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« J’aime bien quand c’est dur et un peu abrupt et que les lignes sont cassées et je trouve que ça marche bien en tatouage. »

 

Le relationnel avec le client est important pour toi, mais aujourd’hui tu ne fais plus de commandes…

Oui, il faut prendre rendez-vous et choisir dans un book de flashs. Il y a toutes les tailles, toutes les couleurs, les styles, mais des choses abstraites, figuratives ou épurées pour que tout le monde puisse s’y retrouver. J’ai plus d’une centaine de flashs et je ne fais pas de réservation. Mais bien sur si le Jour J ils ne trouvent rien qui leur plaise, ils ne paient pas d’acompte et je ne les force pas à se faire tatouer un truc qu’ils n’aiment pas.

Je les prépare forcément en disant qu’il ne trouveront jamais exactement ce qu’ils veulent, ou correspond à une idée précise et qu’il faut aimer se laisser surprendre et adhérer à mon univers aussi. Ca fait six mois que je fonctionne comme ça. Je laisse les gens réfléchir et j’essaie d’être le plus arrangeante possible et depuis personne n’est reparti sans rien.

Ton style est plutôt singulier : délicat, figuratif ou abstrait…

Pas vraiment abstrait car j’en fais autant que du figuratif. J’aime bosser avec les dimensions déconstruites, les perspectives et proportions défaites. J’aime m’affranchir de ces règles ! Même si c’est très bien de s’en servir, personnellement ça me plait plus de déconstruire tout ça. J’aime bien quand c’est dur et un peu abrupt et que les lignes sont cassées et je trouve que ça marche bien en tatouage.

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Qu’est-ce qui te plait à réaliser au travers de tes flashs ?

Parfois, j’aime faire des choses très noires et très massives ou des petits symboles imbriqués les uns sur les autres comme une accumulation de petits éléments et des petits animaux, ça dépend vraiment. Mais j’ai toute une influence qui se base sur l’art pictural ancien, les fresques et le mythologique et tout ce qui est païen…les motifs sur les robes du folklore de l’Europe de l’Est par exemple ! Les fresques Incas et toutes ces choses-là me parlent beaucoup. C’est très naïf mais il y a une narration et à l’instar, j’aime mettre des petites histoires dans mes dessins. Dans ce processus, les gens arrivent à s’approprier un dessin alors qu’il n’est pas fait pour eux à la base, on retrouve une sorte de partage.Les gens trouvent ainsi plein de raisons de s’approprier le dessin.

Tu veux retoucher à d’autres supports ?

J’ai vraiment tout arrêter mais moi mon rêve de gosse c’est de faire un livre, de la BD, roman ou livre illustré. L’objet livre m’intéresse vraiment mais comme le tatouage me prend du temps, je n’arrive pas encore à démarcher des éditeurs. J’aimerai vraiment bosser sur mes scénarios, BD, ou roman graphique… Ca serait un bel accomplissement de voir son livre édité.

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Tu es proche de Julia Sweet Needle mais pas que je crois…

Alex Iumsa aussi est un super pote de chez Encre Mécanique, Capitaine Plume et moi on est assez différents mais on a un style graphique. J’admire aussi beaucoup Lionel Out of step, Peter Orisch, il y a aussi un italien que j’aime beaucoup : Lucasfont et plein d’autres : Retro 23, Paolo Bosson, Ben Lopez, Beatrice Myself, Joe Moo…

Tu continues les guests ?

Oui, sur Bruxelles mais j’ai pas mal de monde à voir à Paris donc je reviendrai à Sweet Needle.

 


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©Ségolène Accariès
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