Trois questions à Alizée adepte de Shibari

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Texte et photographies : François Capdeville

La Place des Cordes nous a ouvert ses portes pour une séance de Shibari. Une technique japonaise de bondage qui a pris son essor au 19ème siècle et qui, en plus de sa dimension esthétique, vient stimuler les centres énergétiques du corps. Un moment de plénitude et de grâce où les principes de douleur et de plaisir deviennent parfois indissociables. Rencontre avec Alizée, adepte.

Il faut passer par l’arrière cour d’un vieil immeuble en briques pour accéder à cet ancien atelier transformé en ce qui ressemble à un dojo : service à thé à l’entrée, Tatamis en fibres tressées au sol, poutres en bambou et sur le mur du fond, une multitude de cordes suspendues de différentes épaisseurs.

Elles sont les pièces maîtresses du dojo, car à la Place des Cordes, on y pratique le Shibari. Le maître porte le hakama, la jupe-pantalon japonaise. Il s’agenouille face à sa partenaire, Alizée. Ses tatouages sont saillants. Tête contre tête, il lui tapote le tympan. Le temps se fige. Il sort alors une corde qu’il fait glisser sur son corps. Premières attaches, premiers halètements… Complicité… Ses gestes sont précis. Froncements de sourcils. Alizée semble parfois inconfortable. Il lui chuchote à l’oreille ce que l’on peut imaginer des mots réconfortants, il fait une pause, elle lui fait signe de la tête que ça va, il repart de plus belle. Elle finira totalement suspendue au bout d’une heure de pratique. Puis, la tension redescend délicatement, le dénouement se fait au fur et à mesure.

Pratiquant le Shibari comme attachée depuis 2 ans, Alizée témoigne d’un dépassement de soi à travers la douleur procurée par les cordes. Entretien.

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Comment as-tu découvert le Shibari?

C’est Araki qui m’a amené au Shibari. Du moins, d’un point de vue documentaire. Et puis un jour, le boss d’un club SM où je travaillais, m’a proposé de devenir modèle pour les séances qu’il organisait. Comme je suis curieuse, j’ai accepté.

Parles-nous de ce que tu ressens en tant qu’attachée?

Les sensations varient d’une session à l’autre et d’un attacheur à l’autre. Cela dépend vraiment de ton état d’esprit… Mais, globalement, les sensations principales sont partagées entre extase et souffrance. La douleur et le plaisir sont liés. C’est très érotique et esthétique.

Est ce que cela fait mal ?

Oui, bien sûr. Mais comme pour le tatouage, cette douleur est supportable, car c’est une douleur que tu décides de t’infliger. Et puis, il faut avoir en tête que la douleur est un premier état de ressenti. Ton corps libère de l’endomorphine et l’extase prend le pas rapidement. A la fin d’une session je me sens très détendue et euphorique. Jai envie de recommencer… Un peu comme après une relation sexuelle intense.


 

La session en images :

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