Sixo Santos: de Sailor zizi A� tatoueur

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Au shop A�The Tattooed Lady A� de Montreuil, Sixo Santos pique les motifs demandA�s dans un style se situant entre les A�-plats de Charles Burns et les dA�liA�s de Serre, deux de ses rA�fA�rences majeures. Avec des influences aussi chiadA�es ce grand brun aux origines hispaniques s’est crA�A� une patte au graphisme unique et sophistiquA�. Issu de la��univers du graff, Sixo Santos mixe depuis toujours les cultures populaires qua��il affectionne.

Peux-tu prA�senter ton parcours de tatouA� et tatoueur?
Mon parcours de tatouA� a commencA� dans le salon da��un copain, un aprA?s-midi oA? je ma��ennuyaisa�� Ja��A�tais A?gA� de 22 ans. Ja��A�tais au chA?mage et ja��avais envie de faire un tatouage. Je savais qua��il tatouait chez lui pour le fun. Du coup, il ma��a piquA� mon premier motif : c’A�tait ma signature de graffeur, un gimmick qui revenait constamment dans mes dessins, une sorte de carte avec un crA?ne mexicain A� l’intA�rieur. (Le crA?ne, en bas A� gauche sous la bite, qui dA�passe du t-shirt – visuel ci-dessus).

Cette expA�rience ta��a dA�cidA� A� passer la barriA?re TatouA�/Tatoueur ?
Pas vraiment. Par la suite je me suis fait piquer par Just (Mystery Tattoo Club), mais ja��avais envie da��une piA?ce plus consA�quente, une manchette voire un brasa�� A ce moment-lA�, je ne me voyais pas du tout tatoueur. Par contre, je dessinais souvent des tatoueurs comme A� Sailor Zizi A� – un de mes personnages inspirA� par Doc Forbes quand il tatoue George Whale – dans des situations cocasses : en train de tatouer des A� bites A� sur les gens, etc. Les autres personnages que je dessinais A�taient A�galement tatouA�sa�� J’avais axA� mon dessin sur l’univers du tatouage car ca��est un milieu qui me fascinait, mais je ne ma��imaginais pas du tout A� artiste tatoueur A�.

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Justement, tu es issu du milieu du graff ?
Oui je trouve que le graffiti et le tatouage marchent bien ensemble, ce sont des cultures populaires. Les graffeurs sont attirA�s par le tatouage depuis toujours. Et des graffeurs tatouA�s, A�a a toujours existA�. Ca��est presque une suite logique de passer du graffiti au tatouage.

Pourtant le graffiti ne se ressent pas tellement dans ton style graphique ?
Je sais ! Dans le graffiti, ca��A�tait pareil, on ne comprenait pas mon travail. Je na��A�tais pas un graffeur A� proprement parler. Je ne me dA�finissais mA?me pas comme un graffeur. Je suis un peintre, un peintre sur les mursa�� quand je taguais dans la rue, effectivement ja��A�tais un tagueura�� par contre, lorsque ja��allais sur un terrain, je peignais mes personnages. Les gens na��arrivaient pas A� me cataloguer, A� me classer dans un style de graffiti. Da��ailleurs, au dA�but, ce que je faisais A�tait trA?s colorA� et pas du tout noir et blanc ! Quand ja��ai commencA� le tatouage, et je me suis ditA�: je vais continuer ce que je fais sur le mur, mais en tatouage et je vais la��adapter sur la peau pour que A�a vieillisse et fonctionne bien.

Es-tu passA� par le traditionnel parcours apprentissage-nettoyage-balayage ?
Oui complA?tement, je suis passA� par la��apprentissage nettoyage, balayage, mais je ne suis pas allA� jusqua��au bout, je na��A�tais pas fait pour un apprentissage classiquea�� pendant quelques mois, ja��ai passA� le balai, ja��ai beaucoup dessinA� et testA� tous les styles de tatouages. Ja��ai essayA� da��apprendre un maximum mais A�a sa��est fini plus tA?t que prA�vua��

Et sur la��aspect technique ce na��A�tait pas trop difficile de se lancer sans finir cet apprentissage ?
Si, il fallait que ja��apprenne les contraintes techniques et que je ma��y soumette, mais je ne pensais pas que ca��A�tait aussi compliquA�. La peau est diffA�rente da��une personne A� l’autre, donc chaque tatouage doit A?tre apprA�hendA� diffA�remment. A�a change beaucoup de paramA?tres, surtout quand tu na��as pas da��expA�rience dans ce domaine. Ca��est ce que ja��ai trouvA� de plus difficile da��un point de vue technique : la peau et les zones du corps. Comprendre comment tendre la peau, la profondeur de pique, les positions A� adopter. Le premier trait dA�finit la suite du tatouage, il faut comprendre ce que tu fais. Alors qua��en graffiti, ta��as une bombe qui passe sur na��importe quelle surface.

Du coup, tu tatoues depuis longtemps ?
Ja��ai commencA� A� tatouer sA�rieusement il y a deux ans et demi, mais A�a fait seulement un an que ja��en vis vraiment. Je travaille une semaine sur deux A� la boutique A� The Tattooed Lady A�, tenue par Mylooz A� Montreuil. Je pense que Paris a A�tA� un bon accA�lA�rateur dans ma formation de tatoueura�� Ja��A�tais sA�r que les salons me refuseraient en raison de mon style graphique particulier, et je travaille A� A� Tattooed Lady A�. Je pensais participer A� une convention seulement dans 5 ans, et me voici A� la convention de Montpellier.

Ton style graphique est trA?s proche de l’imagerie de Charles Burns, quelle source da��inspiration reprA�sente t-il dans ton dessin?
Ja��avais dA�jA� un style noir et blanc avant de connaA�tre le travail de Charles Burns, plutA?t inspirA� de Serre, illustrateur des 70a��s, qui me fascinait A�tant gamin. Ses hachures, son style A� gravure A�. Mes connaissances de base sont issues de son travail, mais ensuite, ja��ai dA�veloppA� diffA�rents styles colorA�s. Le jour oA? ja��ai dA�couvert Charles Burns, je me suis souvenu qua��enfant, je dessinais dans un style graphique proche et ja��ai voulu mixer la��influence de ces deux auteurs. Ajouter les gros aplats de Burns aux dA�liA�s de Serre. Aujourda��hui mon dessin se rapproche plus du style A�purA� de Charles Burns. Ja��admire son travail propre et ses lignes parfaites. Je ne pensais pas que A�a fonctionnerait aussi bien sur la peau. En plus, A�a vieillit trA?s bien, dans vingt ans, il y a peu de chances pour que les formes et lignes soient dA�figurA�es.

CHARLES BURNS

Claude SERRE

Est-ce qua��il y a da��autres auteurs qui font partie de tes influences?
Il y en a beaucoup, dA�jA� David B. (auteur de BD franA�aise) dont je suis trA?s fan. AprA?s ja��ai tellement da��influences que cela ma��est difficile de te citer des noms ! A�a dA�pend de la��instant. En ce moment, je tripe pas mal sur Harry Clark – un illustrateur de 1920 – dont ja��adore le traita�� mais A�a peut A?tre trA?s variA� et mA?me colorA�. Les films et la musique ma��inspirent aussi.

Quel est ton processus crA�atif ?
Pour mes flashs, je puise pas mal dans la��imagerie de 30a��s A� 70a��s. Ja��achA?te des bouquins, ja��essaie de me documenter, de trouver des idA�es pour mes flashs. Je me gave de photos. Je passe beaucoup de temps A� regarder ces images jusqua��au dA�clic. Ca��est paradoxal car je fais une overdose de visuels et en mA?me temps, ja��aime bien ces images du passA�. Un temps rA�volu dans lequel je me sens bien ! Ca��est bizarre, tu ne vois pas le temps passer et tu es dans ta tA?te. AprA?s je ne crois pas trop A� la��inspiration, pour moi, ca��est un concept romantique qui ne veut pas dire grand chose. Tu es dans un bon ou un mauvais jour. Si tu te nourris de visuels, lorsqua��une personne te demande un motif, il suffit de chercher dans tes rA�fA�rences et de combiner ce que tu aimes pour en tirer un motif unique.


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