Les mauvais garA�ons de la Place Rouge

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Qui peut dA�duire de deux tA?tes de mort tatouA�es sur les A�paules d’un homme, qu’il est un condamnA� A� perpA�tuitA�A�? Ce genre d’iconographie sur derme A�tait un vA�ritable trA�sor A� dA�chiffrer pour Arkady Bronnikov criminaliste russe, il est un des seuls A� avoir A�tudiA� avec minutie les codes des tatouages carcA�raux de criminels russes. Policier A� la retraite, ses archives sont dA�sormais disponibles grA?ce A� l’A�diteur Fuel, A� l’origine de Soviets ou encore Russian a�� Criminal a�� Tattoo, encyclopedia.

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Le fidA?le aux traditions des voleurs
Ce prisonnier est un voleur de haut rang. Les 8 branches de son A�toile reprA�sentent l’autoritA� d’un fidA?le des traditions des voleurs. Ces A�toiles ont connu de nombreuses variations : des lignes placA�es entre les pointes de l’A�toile signifient que le porteur a A�tA� enrolA� de force dans l’armA�e pour abandonner et suivre une voie criminelle. Connu sous le nom a�?d’artilleura�? : leur tatouage signifie : a�?je mA�prise l’armA�ea�?.
A� Arkady Bronnikov / FUEL

Cette collection privA�e d’Arkady Bronnikov vient complA�ter un travail dA�jA� initiA� lors de prA�cA�dents ouvrages basA�s sur les dessins d’un gardien de prison russe Danzig Baldaev. Cet ouvrage prA�vu en deux tomesA�: A�A�Russian Criminal Tattoo a�� Police filesA�A�, retrace les annA�es de service de l’ ancien policier au MinistA?re de l’Interieur de l’URSS pendant 30 ans. Arkady Bronnikov, tA�moin privilA�giA� et expert de la��iconographie du tatouage russe a fourni un tA�moignage si prA�cieux qu’il a permis de rA�soudre bon nombre da��affaires criminelles tout comme de reconnaA�tre des cadavres. En visitant les institutions pA�nitentiaires de l’Oural et de SibA�rie entre 1965 et 1985, il a A�crit un vA�ritable dictionnaire du criminel russe.

Damon, co-editeur a fait appel au crowd funding pour faire connaA�tre cette collection de plus de 180 photographies disponible en plus de 256 pages, des croquis de motifs de tatouages qui s’annoncent comme le tA�moignage le plus important du tatouage de criminel russe connu A� ce jour.

Pourquoi avoir voulu tourner votre regard sur le tatouage criminel russeA�?
Damon MurrayA�: On n’a jamais A�tA� particuliA?rement attirA� par le tatouageA�! Les dessins de Danzig Baldaev’s et photographies de Sergei Vasiliev que nous avions publiA�s dans l’EncyclopA�die des Criminels Russes, ont A�tA� A�A�la��exception qui confirme la rA?gleA�A� pour nous. A�A�Russian Criminal tattoosA�A�, fonctionne au travers de ces premiA?res et nombreuses A�tapes. On a cependant toujours A�tA� intriguA� par les crimes et la criminalitA�. Les tatouages reprA�sentent une interprA�tation graphique et une nouvelle lecture de ces crimes. Les tatouages sont devenus en leur sein plusieurs langages codA�s qui se font le porte-voix d’une sociA�tA� criminelle. De quoi prouver que le monde des criminels russes est tellement A� part qu’il ne peut mA?me pas A?tre imaginA�A�! Ces tatouages appartiennent A� un art alternatif fortement A�tabli avec des iconographies dA�veloppA�es en dehors des lois ordinaires connues, reflA�tant une vision non censurA�e de la vie de ces criminels. Des photographies authentiques qui procurent un tA�moignage alternatif et vernaculaire de l’histoire de ce pays.A�D’habitude, les tatouages ont peu de sens en dehors de celui que leur a donnA� leur propriA�taire, soit introspectifs soit A� tendance dA�corative. Ceux des criminels russes sont en plus d’un langage codA�, une reprA�sentation du statutA�de ceux qui les portent et de leur histoire dans le monde criminel, A�difiA�e de sorte qu’elle puisse A?tre lue et interprA�tA�eA�! Tenter de comprendre ces significations multiples est ce qui en fait un sujet des plus intA�ressant.

We’ve never been particularly interested in tattoos. Danzig Baldaev’s drawings and Sergei Vasilieva��s photographs (which we published in the Russian Criminal Encyclopaedia series) were the difference for us.A�Russian criminal tattoos function across many levels. We have always been interested in crime and criminality and theA�tattoos represent a graphic interpretation of crimes themselves a�� aA�completely original form of reading crime. They are a coded language thatA�conveys the messages of a criminal society. The world of the RussianA�criminal is so completely ‘other’ that it could not possibly be imagined.
The tattoos also belong to the established tradition ofA�outsider art. These images were developed outside of ordinary laws, reflecting an uncensored view into the lives ofA�criminals.A�In this respect, the photographs collected by Arkady Bronnikov provide an alternative,A�vernacular history of the country itself.
Regular tattoos usually have little meaning beyond thatA�given to them by the wearer, making them introspective or merelyA�decorative. The Russian criminal tattoos may be a coded language, but theyA�are still a statement that is intended to be read and understood as aA�projection of the bearers status and history in the criminal world. It isA�the attempt to understand these varied meanings that makes the subject soA�interesting.
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a�?Ces salopes m’ont volA� ma libertA�a�?
Voleur d’autoritA�, sa rose sur la poitrine dA�signe ses 18 annA�es passA�es en prison. L’acronyme SOS de son bras droit a diffA�rentes significations : a�?Spasite of Sydaa�? : Sauvez-moi du jugement, ou Spasayus ot Suk : je me suis gardA� de ces enflA�res, Spasi, Otets, Syna : a�?Sauve-moi, mon pA?re, votre filsa�? ou encore, finalement le plus franc de tous : Suki Otnyali Svobodu : les salopes m’ont volA� ma libertA�…
A� Arkady Bronnikov / FUEL

Ok. Pour autant, il A�tait plutA?t improbable de tomber sur les photographies da��Arkady Bronnikov?
D.M : On a parcouru son travail au moment oA? l’on faisait des recherches pour un autre de nos livresA�: Soviets – http://fuel-design.com/publishing/soviets/ AprA?s plusieurs mois A� enquA?ter, nous avons rA�ussi A� le contacter pour discuter de la possibilitA� de produire un livre. A cette A�tape on A�tait vraiment peu certains de l’A�tendue de la collection. C’A�tait impossible de dA�terminer si le projet A�tait faisable, jusqu’A� ce que l’on ait tout en main. M. Bronnikov a voulu qu’on se rencontre face A� face, pour discuter du potentiel d’un livre conA�u A� partir de sa collection. J’ai donc voyagA� jusqu’en Russie et j’ai A�tA� agrA�ablement surpris de trouver lA�-bas assez de matiA?re pour deux livres entier (le second est d’ailleurs programmA� pour 2016). Ma rencontre avec cet homme A�tait fascinanteA�! Elle a bien durA� deux jours entiers dans sa maison de Perm, oA? l’on buvait agrA�ablement de la vodka tout en mangeant des cornichons de son jardin et en discutant de la vie de criminels infA?mes et de leurs tatouages rA�pertoriA�s par sa collection d’images. On a aussi discutA� des prisonniers en gA�nA�ral. MA?me s’il est robuste, M. Bronnikov est A?gA� et sa mA�moire sur quelques dA�tails n’A�tait pas trA?s prompte. Quand bien mA?meA�! Il a une profonde connaissance de la signification de ces tatouages et fut A�galement familier du travail de Danzig Baladaev et de Sergei Vasiliev (les auteurs de nos premiA?res series d’ouvragesA�: Russian Criminal Tattoo Encyclopaedia Volume I a�� III).

We came across his work when we were researching another of our books a�?Sovietsa��: http://fuel-design.com/publishing/soviets/ After several months attempting to trace him, we managed to find and contact him about the possibility of producing a book. At this stage we were unsure of the extent of the collection and the supporting material. It was impossible to determine if the project was feasible until we had seen everything first-hand and Mr Bronnikov wanted to meet face to face to discuss the potential of a book made from his collection. So I traveled to Russia to view the collection and was pleased to find there was actually enough material for two books (the second volume is scheduled to be published in 2016).
My meeting and interview with Mr Bronnikov was fascinating. It took place over two days at his home in Perm. I was made very welcome with drinking vodka and eating home-grown pickles as we went through the images in his collection, discussing the tattoos and lives of criminals.We discussed prisoners in general terms. Although robust, Mr Bronnikov is quite old, and his memory of particular details of individual prisoners was not strong. However, he had a deep knowledge of tattoo meanings and was also familiar with the work of both Danzig Baldaev and Sergei Vasiliev (the authors of our fist series of tattoo books: Russian Criminal Tattoo Encyclopaedia Volume I a�� III).

Que pensait-il de ces criminels et de leurs tatouages, au fondA�?
D.M : En tant qu’ex-policier, M. Bronnikov a une position intransigeante de ce qui est bon ou mauvais. Dans nos discussions, il tenait des propos exacerbA�s au sujet de n’importe quelle action criminelleA�! Mais en mA?me temps, j’ai eu la sensation, qu’il savait y faire avec ses dA�tenus. Il pouvait faire en sorte qu’ils veuillent s’ouvrir A� lui et l’autoriser A� les photographier. Son intA�rA?t dans cette A�tude s’A�tend A� toute une sous-culture criminelle et dA�linquante. Ce qui fait aujourd’hui de Bronnikov un fin connaisseur en la matiA?re. Et cela inclut le A�A�fenyaA�A�, ce fameux jargon utilisA� par les criminels, A�A�blatnyakA�A� les chansons romantiques dA�crivant la vie des criminels et A�A�ponyatiyaA�A� les lois et codes suivis par les lois des voleurs A�A�Vory-v-zakoneA�A�.

As an ex-police officer Mr Bronnikov has a strong sense of right and wrong. In my discussions with him he took a hard line on any criminal actions. But simultaneously I got the impression that, to a certain extent, he understood how to talk to communicate with inmates so that they would open up to him and allow him to photograph them. His interest goes beyond the study of tattoos, extending to criminal subculture in general. He is concerned with everything that characterizes offenders. This includes a�?fenyaa�� a�� the jargon spoken by criminals, a�?blatnyaka�� the songs romanticizing the criminal lifestyle, and a�?ponyatiyaa�� the laws or a�?notionsa�� followed by a�?vory-v-zakonea�� thieves in law.A�He published papers for the MVD on all these subjects.
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Un serpent autour du cou …
C’est un symbole de toxicomanie. La plupart des dA�tenus sont alcooliques ou toxicomanes et leurs crimes sont souvent commis dans un A�tat d’ivresse ou second. Les A�toiles de ses A�paulettes, sur la clavicule, montrent qu’il est d’un statut A�levA�. Ce criminel fait partie d’une section spA�ciale, avec un rA�gime des plus stricte en Union SoviA�tique a�� reconnaissable grA?ce A� son pantalon qui fait partie de l’uniforme des a�?Osobo Opasnim retsidivistoma�?, c’est-A�-dire les rA�cidivistes dangereux. Parmi eux : des assassins ou pA�dophiles non soumis A� une libA�ration conditionnelle et ayant un rA�gime trA?s sA�vA?re.

A� Arkady Bronnikov / FUEL

 

Que raconte-t-il au sujet de ces photoshoots de criminelsA�?
La grande majoritA� des images de sa collection sont anonymes et datA�es du milieu des annA�es 1960 jusqu’au milieu des annA�es 80, alors qu’il travaillait comme inspecteur de police, il fut le premier A� y percevoir leur potentiel dans la rA�solution d’affaires en cours pour poursuivre certains criminels. De ce fait, Arkady est devenu un expert avisA� de l’A�tude criminelle au ministA?re des affaires internes en URSS, oA? il a travaillA� pendant 30 ans. Sa mission impliquait d’aller visiter les institutions pA�nitentiaires de l’Oural et des rA�gions de SibA�rie. C’est principalement lA�-bas qu’il a pu interviewer et glaner des informations tout en photographiant les condamnA�s Il a ainsi construit une des archives les plus accessible de ce phA�nomA?ne. D’autre part en tant que professeur en sciences criminelles., il enseignait les codes du tatouage A� des A�tudiants qui aprA?s leur diplA?me et leur affectation dans diffA�rentes prisons et colonies aux quatre coins de l’URSS, continuA?rent A� lui envoyer des images de criminels tatouA�s considA�rant de nouveaux aspects intA�ressants ou juste pour complA�ter le travail commencA�.

The majority of images in his collection are anonymous, dating from the mid-1960s to the mid-1980s. While working as a police inspector, he developed an interest in the language of criminal tattoos. He saw their potential as a method of learning about the criminals and their crimes, and the possibility of using them to solve crimes and track criminals in the field. He became a senior expert in criminalistics at the USSR Ministry of Internal Affairs where he worked for over thirty years, part of his duties involved visiting correctional institutions of the Ural and Siberia regions. It was here that heA�interviewed, gathered information and took photographs of convicts and their tattoos, building one of the most comprehensive archives of this phenomenon. Another part of his job involved teaching criminalistics, including the subject of tattoos. After they had graduated and been posted to various prisons and colonies across the USSR, many of his students continued to send him images of criminal tattoos that they had photographed and considered to be of interest.A�
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a�?Celui qui n’est pas avec moi est contre moia�? – chest tattoo
La croix gammA�e et les symboles nazis ont tendance A� marquer une sympathie fasciste, mais affichent aussi une agressivitA� et un rejet de l’administration pA�nitenciaire. Cette protestation pendant la pA�riode soviA�tique A�tait trA�s mal accueillie. Les autoritA�s allant jusqu’A� faire retirer ces marquages par la force : de maniA?re chirurgicale ou en utilisant un procA�dA� de gravure. Concernant la sirA?ne, elle peut indiquer une peine pour viol de mineur ou agression d’enfant. En prison, ces criminels sont surnommA�s Amurik : a�?cupidona�?. Souvent rabaissA�s socialement, ils sont sodomisA�s de force par d’autres prisonniers et ce, parfois en groupe.

A� Arkady Bronnikov / FUEL



Comment rA�alisait-il ses photographiesA�?
DA?s l’instant oA? les photographies A�taient prises par Mr Bronnikov, il pouvait nous dA�crire un processus A�A�rustiqueA�A�A�: un sujet debout contre un mur, un appareil trA?s rudimentaire, parfois utilisant un flash. En prenant ces photographies, lui et ses A�tudiants n’avaient comme seul intA�rA?t que de mA�moriser les tatouages pour les besoins de la police. D’oA? cette esthA�tique dA�pouillA�e des images. En dA�pit de leur usage scientifique qui va A� l’encontre des sujets, ces images vernaculaires, en A�tant ainsi sans entrave artistique, sont une reprA�sentation franche de la sociA�tA� criminelle de l’A�poque. La petite fraction de prisonniers documentA�e et archivA�e ici, trahit involontairement un cA?tA� humain refoulA�. Au delA� des tatouages chaque image divulgue un indice qui compose le caractA?re du dA�tenuA�: agressif, vulnA�rable, mA�lancolique, vaniteux. Leur corps raconte une version non officielle de leur histoire et leurs valeurs manquantes.

In the instances where the photographs were taken by Mr Bronnikov himself he described making the process as fast and uncomplicated as possible. The subject was made to stand still, if possible against a wall, whereupon their photograph would be taken using an elementary camera, sometimes using a flash. In taking these images his a�� and the other anonymous photographers a�� only interest was to record the tattoos themselves for police purposes. This produces the stripped-down aesthetic of these images. Despite their use for scientific purposes against the subjects themselves, these vernacular photographs, being unimpeded by artistry,A�also present a guileless representation of criminal society. The tiny fraction of prisoners documented here unintentionally betray their human side. Looking carefully past the tattoos, every image discloses evidence of an inmate’s character: aggressive, vulnerable, melancholic, conceited. Their bodies display an unofficial history, told not just through tattoos, but also in scars and missing digits.
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Le tatouage d’A�paulettes : le rejet du systA?me et de son autoritA� Le motif des A�paulettes est adaptA� de l’uniforme prA�-rA�volutionnaire ou d’un uniforme Soviet. Les deux indiquent que le porteur A� une attitude nA�gative envers le systA?me. PortA�s par les criminels de hauts rangs, ils sont appelA�s dans le milieu : a�?majora�? ou a�?colonela�?. Les A�paulettes avec trois petites A�toiles ou des crA?nes signifient « je ne suis pas un esclaves des camps, personne ne peut me forcer A� travaillera�?, ou encore a�?je suis prisonnier mais je suis nA� librea�? « je suis le colonel de ma zone a�� je ne me salirai pas les mains avec des broutillesa�?, a�?Le fort gagne a�� le faible meurta�?…
A� Arkady Bronnikov / FUEL

Comment Arkady, voit-il dA�sormais ce travail photographiqueA�?
Les prisonniers A�taient curieux de connaA�tre les raisons de son travail mais lorsqu’il A�tait questionnA�, Mr Bronnikov rA�pondaitA�: A�A�c’est pour la scienceA�A�. Et ce trA?s justement car cette pseudo-rA�ponse permettait au criminel de se laisser photographier,sans pour autant perdre la face devant ses compagnons de dA�tention. Bronnikov pensait son travail comme une A�tude anthropologique permettant d’ aider A� rA�soudre des crimes. C’est un savoir-faire de criminaliste unique et peu mis en lumiA?re A� l’A�poque deA�l’ Union SoviA�tique.

When asked by prisoners why he was photographing their tattoos Mr Bronnikov would reply a�?for sciencea��. This shrewd answer would allow the criminal to let himself be photographed without losing face in front of his fellow inmates (see my comment above about him knowing how to communicate with prisoners). But, this answer was also true: he viewed the work as an anthropological study. A scientific record that could help solve crimes. In this sense his work is testament to an enlightened attitude as to what criminalistics could be: there were very few people doing this type of work in the Soviet Union during this period.

Quelle A�tait sa vision du tatouage A� cette pA�riode-lA� et maintenantA�?
Le tatouage, il ne le comprenait que d’une maniA?re purement liA�e A� son travail d’officier de police. Ca A� mA?me du le surprendre au dA�but, mais il a su rapidement y voir un usage pratique dans son travail de policier. Maintenant, il rA�alise avec le recul que les tatouages montrent une histoire alternative de la Russie elle-mA?me. Celle d’une classe sociale existante, trA?s dA�favorisA�e et mA�connue dont le point de vue n’a jamais A�tA� relevA� par un quelconque historien. Par nature, la vision politique d’un criminel russe est libre, puisqu’ils vivent en dehors d’une sociA�tA� A�A�normaleA�A� et qu’ils n’ont aucun respect de l’autoritA�. Leur langage en devient une expression inaltA�rA�eA�: une position tout A� fait unique en URSS. Un avis partagA� par Mr Bronnikov qui veut que d’autres puissent connaA�tre son travail et en particulier expliquer pourquoi porter les mauvais tatouages peut avoir de vA�ritables consA�quences et ce, mA?me aujourd’hui.

At the time he understood the tattoos purely in relation to his work as a police officer. I think he was astonished by them initially, but soon recognized their practical purpose and how that could be adapted to work for police use. Now I think he realizes that they show an alternative history of Russia itself, as told by a previously voiceless underclass, whose viewpoint might not have been previously considered by historians. In essence the political view of a Russian criminal is free, as they live outside normal society and have no respect for authority. Their language can be viewed as an undiluted expression: an interesting and unique position in the USSR. Mr Bronnikov also recognizes this as a singular moment in the history of tattooing. He wants others to know about his work, and especially about how wearing the wrong tattoo can have serious consequences, even today.
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Prisonnier ayant la syphilis
Ce prisonnier, victime de la syphilis, a de graves cicatrices au visage, aux yeux et A� la bouche. En prison, hommes et femmes souffrent de maladies vA�nA�riennes. Ils A�taient surnommA�s : Buketniki. Ils A�taient aussi appelA�s par des rangs militaires, selon le degrA?s d’avancement de leur condition : kolka, A�tait le surnom de prostituA�es qui ne prenaient aucune prA�caution (et donc avaient le sida), pour les souffrant de syphilis, a�?colonela�? dA�signe le deuxiA?me stade d’avancA� de la maladie. a�?Generala�?, le troisiA?me….
Il arrive qu’ils contractent le sida, la syphilis ou le tA�tanos pendant qu’ils se font tatouer! Les conditions de dA�tention A�tant insalubres, les tatouages A�taient souvent rA�alisA�s avec de l’urine et du caoutchouc brA�lA� pour la teinture par exemple. Il A�tait d’ailleurs interdit dans les camps et prisons, punis sA�vA?rement et surtout clandestin. Il faut dire qu’il A�tait rA�servA� certains types de criminels. Ceux de de haut rang, sont tenus d’avoir moins de tatouages (seul des A�toiles A� 7 ou 8 branches).

A� Arkady Bronnikov / FUEL

Pense-t-il que ce code est donc toujours actif dans une certaine sociA�tA� criminelle russe actuelleA�?

Le tatouage en prison reste commun, mais la chute de l’URSS a beaucoup affectA� la culture du tatouage de criminel russe. Pendant les annA�es 1980 et 1990, les prisons ont A�tA� submergA�es par un flot de drogues qui ont pris la place la plus recherchA�e dans le domaine de la contrebande interne. Leur prA�valence A�tait telle qu’un dA�tenu qui avait le bon montant de ce qui trainait alors, pouvait prA�tendre A� se faire encrer n’importe quel tatouage qu’il dA�sirait, affaiblissant alors la valeur originale du tatouage lui-mA?me. Cette pratique est devenue tellement rA�pandue que mA?me les criminels de plus haut rangs n’ont pu A?tre capables de la stopper.

Tattooing in prisons is still common, but the collapse of the USSR affected Russian criminal tattoo culture greatly. During the 1980s and 1990s the prisons became flooded with drugs, which swiftly became the most important and sought-after contraband inside. Their prevalence meant that an inmate with the right amount of a�?currencya�� could buy any tattoo they desired, diluting the original value of the tattoo itself. This practice became so widespread that even the high-ranking powerful criminals were unable to stop it.A�

Alors que votre livre sort, l’exposition Tatoueurs-TatouA�s, A� Paris apparaA�t comme une des plus importantes A� ce jour, que pensez-vous de cette A�mancipation du tatouage par rapport A� votre sujet?

Bien que le Quai Branly soit un lieu privilA�giA� pour transmettre cette perspective A� un public non a�� initiA�s je pense que l’exposition est trop gA�nA�rale. Elle tente de couvrir un panel complet du tatouage sans pour autant A?tre capable de rendre justice A� tous ses aspects. Notre avis est qu’il y a la place dans un musA�e de cette envergure doit A?tre donnA�e pour une exposition unique sur le phA�nomA?ne des tatouages de criminels russes, montrant la richesse contenue dans nos archives, par exemple. Nous continuons activement A� poursuivre ce but, tout en montrant ce travail dans d’autres galeries A� chaque fois que l’opportunitA� se prA�sente.

While Quai Branly is good for the uninitiated to gain a historical perspective, overall I thinkA�the showA�is too general. In trying to cover the full range of tattooing they were unable to do justice to every aspect. In the end the ambition of coverage was ita��s downfall. It is our opinion that there is room for a much larger museum exhibition concentrating solely on the Russian Criminal Tattoo phenomenon, showing the wealth of material contained in our Archive. We continue to actively pursue this goal, while showing the work in other galleries as opportunities arise.A�

Russian Criminal Tattoo Police Filesa�?
parA�Arkady Bronnikov, A�ditions :A�FUEL Publishing
205x125mm hardback with dust jacket,A�256 pages,A�9 September 2014

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