Les tatoués de Ramón Maiden : du paradis à l’enfer !

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« Inking the borders of heaven and hell » est le titre du recueil des œuvres tatouées de l’artiste barcelonais Ramón Maiden qui fut le premier à orner des mains en bois articulées avec des tatouages de marins ! Ramón n’est pas tatoueur mais les icônes religieuses se transforment en diablesses sous le feutre noir de cet artiste selfmade de 44 ans. Amoureux de l’art sous toutes ses formes, il s’amuse, détourne des affiches vintage, fabrique des ex-voto… Et, depuis de nombreuses années, ce tatoué intégral consacre sa vie à deux passions : l’encre et la course à pied !

Ramón Maiden se définit comme un artiste atypique. Il précise qu’il ne s’est jamais intéressé à l’art en tant que produit, mais comme une forme d’expression et d’auto-thérapie. Un moyen de transmettre et de se libérer de ses démons. Ramón est devenu artiste par accident et besoin émotionnel. Même s’il est né et a grandi à Barcelone, l’artiste se voit comme un citoyen du monde, en mouvement perpétuel.

Tu as appris à dessiner tout seul, pourtant tes traits sont très précis, tes proportions parfaites. Quel est ton secret ?

Ma technique relève d’un processus assez naturel et impulsif. Je ne me suis jamais arrêté pour me demander si elle était précise, conventionnelle ou plus ou moins esthétique. Ça sort, ça s’écoule tout seul.
¿ Buenos días Ramon, Puedes presentarte así como tu trayecto artístico? Ramón : Pues me llamo Ramón y posiblemente sea un artista algo atípico. Totalmente autodidacta, he acabado siendo artista por accidente y necesidad emocional. Nací y me crié en Barcelona, pero siempre he estado en constante movimiento y me considero ciudadano del mundo. Mi técnica es un proceso bastante natural y impulsivo, jamás me he parado a pensar en si era preciso, convencional o  más o menos estético. Simplemente sale, fluye,..

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Quel est ton processus de création ?

Il est calqué sur mon processus d’expression, à la fois désordonné et précis, élaboré et primaire, expansif et très intime. Je n’ai pas pour habitude de beaucoup prévoir ce que je fais, je me laisse porter et je laisse les choses s’exprimer naturellement.
¿que es tu procesion de la creación? Ramón : Es un símil de mi proceso de expresión, desordenado y conciso a la vez; sofisticado y primario, expansivo y muy íntimo. No suelo planear mucho lo que hago, me dejo llevar y que todo fluya de forma natural.

Qu’est-ce qui t’a guidé pour mêler art et tatouage ?

J’ai toujours été attiré par ce qui est permanent et perpétuel. Ce qui est éphémère ne m’intéresse pas. Je me souviens avoir été attiré par le monde du tatouage, m’être tatoué moi-même ainsi que mes amis, à un âge assez précoce. J’ai su assez tôt que je finirai couvert de tatouages. C’était une question de temps… Combiner ma passion pour l’art et la création avec le tatouage fut une surprise très gratifiante et il est devenu évident que le tatouage a fini par devenir une nouvelle forme d’art.
¿lo que te guio para mezclar el arte y el tatuaje? Ramón : Siempre he sentido una atracción por todo lo permanente y perenne, lo caduco no me interesa. Recuerdo mi atracción por el mundo del tatuaje, auto tatuándome, a mí y a mis amigos, a muy pronta edad. A temprana edad ya supe que acabaría completamente tatuado. Todo era cuestión de tiempo… Combinar mi pasión por el arte y la creación y el tatuaje ha sido una sorpresa muy gartificante y se debe seguramente que por fin, el tatuaje ha pasado a ser una nueva forma de arte.

« En Espagne nous avons vécu une guerre civile, un épisode que tout espagnol devrait connaître et étudier afin que ça n’arrive plus jamais. »

Tu dis avoir vécu à New York, est-ce la raison pour laquelle tu es très influencé par le tatouage américain traditionnel ?

New York m’influence de multiples manières, son dynamisme est contagieux. Je connaissais le tatouage américain traditionnel avant de me rendre dans la grande pomme, et voyager dans le sud des États-Unis fut la meilleure manière de voir son expression actuelle. Diverses formes et cultures liées au tatouage m’intéressent.Depuis le tatouage de marins en Europe de Nord jusqu’à l’art plus tribal ou les réinterprétations du tatouage traditionnel.
¿ Dices haber vivido en Nueva york, es la razón para la cual eres muy influido por el tatuaje americano tradicional ? Ramón : Nueva York me influye en múltiples formas, su dinamismo es contagioso. Conocía el tatuaje tradicional americano antes de ir a la gran manzana. Viajar al sur de USA fue la mejor forma de ver su expresión actual. Me interesan diferentes forma y culturas relacionadas con el tatuaje. Desde el tatuaje marinero del norte de europa, el arte más tribal o las nuevas visiones del tatuaje tradicional.

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Quelles sont tes inspirations hormis le tatouage ?

La meilleure manière d’être inspiré c’est de voyager. Découvrir des ambiances, des couleurs, de références, des odeurs… Je n’arrive à stimuler ma mémoire visuelle qu’en voyageant. Le reste de mes références ne sont pas physiques mais dans les livres… Heureusement !
¿Cuáles son sus fuentes de inspiración , excepto tatuaje? Ramón : Viajar es la mejor forma de inspirarse. Nuevos ambientes, colores, referencias, olores,…. Sólo soy capaz de generar memoria visual si viajo. No todo son referencias físicas y libros,… Por suerte!!

Tu as également une grande fascination pour la guerre, tu parles d’héritage familial, comment cela t’inspire ?

J’ai une fascination pour l’Histoire de manière générale, elle nous enseigne que nous ne devons pas oublier notre passé, si obscur et peu désirable soit-il. Oublier les erreurs conduit à les reproduire. En Espagne nous avons vécu une guerre civile, un épisode que tout espagnol devrait connaître et étudier afin que ça n’arrive plus jamais.
¿ También tienes una gran fascinación como la guerra, hablas de herencia familiar, acaso esto te inspira? Ramón : Tengo fascinación por la historia en general y e inspira que no olvidemos nuestro pasado, aunque sea oscuro y poco deseable. Olvidar los errores te lleva a repetirlos. En España vivimos una guerra civil, un hecho que todo español debería conocer y estudiar con el objetivo de que nunca se vuelva a repetir.

 « Mon livre est l’aboutissement d’un parcours, d’années de travail…Ça a été un processus très lent et complexe, mais aussi très gratifiant et très beau. « 

Comment trouves-tu les affiches que tu ornes de ton encre (en brocante, etc.) ? Comment les choisis-tu ?

Habituellement lorsque je vois une image j’ai déjà une petite idée de ce que je vais faire dessus, donc c’est assez facile de choisir. La recherche en revanche est moins évidente : voyager, se perdre dans les marchés, chez les antiquaires…jusqu’à tomber sur la bonne pièce. Après il faut estimer si l’état de l’image permettra de travailler dessus, et puis il faut négocier le prix.
¿Cómo te gustan los carteles que adornan su tinta ( en antigüedades , etc. ) ? ¿Cómo elegir ? Ramón : Normalmente cuando veo una imagen ya me hago una pequeña idea de lo que haré sobre ella, así ue elegir es relativamente fácil. Es más intrigante la búsqueda, viajar,perderse en los mercados, tiendas de antigüedades,… que encontrar la pieza en sí. Luego hay que valorar si el estado de la imagen soportaría el trabajar sobre ella y pelear por el precio.

Tu travailles autant le papier que le bois notamment les célèbres mains décorées. N’es-tu pas tenté d’apprendre à piquer ?

J’aime faire des expériences et travailler sur des matières différentes, mais il ne m’est jamais venu à l’idée de tatouer. Mon travail actuel me permet de voyager, de travailler là où je me trouve, sans aucun engagement. Pas de rendez-vous, d’horaires, de salon… Je veux créer en étant libre.
Usted trabaja tanto el papel como la madera decorada con las manos. ¿No tentado por el tatuaje? Aprender a pinchar ? Ramón : Me gusta experimentar y trabajar sobre diferentes superficies, pero nunca me ha llamado la idea de tatuar. Mi trabajo actual me permite viajar, trabajar allí donde esté y no comprometerme con nadie. Nada de agenda, citas,consultas,… Quiero ser libre al crear.

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Quel est ton meilleur souvenir de tatouage ?

Mes tatouages cartographient ma vie. On peut y lire les mauvais comme les bons moments, les échecs comme les réussites… C’est pour cette raison que chacun d’eux constitue un souvenir différent et particulier.
¿Cuál es su mejor recuerdo de tatuaje? Ramón : Mis tatuajes son el mapa de mi vida. En él se reflejan buenos y malos momentos, éxitos y fracasos… así que de todos guardo un recuerdo diferente y especial.

Tu viens de sortir un livre, recueil de tes œuvres. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?

Mon livre est l’aboutissement d’un parcours, d’années de travail. Je n’aurais pas pu le publier avant, sans avoir des choses intéressantes à montrer. Ça a été un processus très lent et complexe, mais aussi très gratifiant et très beau. Avoir mon livre était l’un des mini-rêves que j’ai toujours voulu voir se réaliser et je suis ravi du résultat.
¿Usted acaba de publicar un libro, una colección de sus obras. ¿Por qué esperaste tanto tiempo? Ramón : Mi libro es el resultado de una trayectoria, de años de trabajo. No podría haberlo publicado antes si no hubiera tenido algo interesante que mostrar. El proceso ha sido muy elaborado y lento, pero muy gratificante y bonito a la vez. Tener un libro es uno de los mini sueños que siempre quise cumplir y estoy muy contento con el resultado.

Merci Marie-Caroline Braud pour la traduction.

Ramon Maiden
Graffito Books.com

INKING THE BORDERS OF HEAVEN AND HELL – THE ART OF RAMON MAIDEN
Hardcover: 176 pages
Publisher: Graffito Books (November 1, 2015)
Language: English
ISBN-10: 1909051179
ISBN-13: 978-1909051171
29,99 £

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