Rafel Delalande, un portrait vidéo mystique

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Rwt : T.D
Ocurens, boite de prod’ et Valentin Petit ont réalisé le portrait vidéo de Rafel Delalande, tatoueur français officiant à la célèbre boutique : Seven Doors, Londres. Happé par cette épreuve visuelle, la vidéo révèle à la fois sur le style intense et l’encre noire du tatoueur. Ces symboles ésotériques révèlent un un artiste à l’identité forte.

Des plans successifs s’enchaînent pour révéler l’univers énigmatique du tatoueur Rafel Delalande. Tel un corbeau qui visiterait l’imaginaire du tatoueur, on survole une falaise. On écoute alors l’artiste s’exprimer sur un sujet central de son art : la religion.

« Je ne suis pas religieux. Vraiment pas, je pense que les religions sont dangereuses, tu sais elles ont de bonnes inttentions et veulent t’aider mais le problème c’est qu’à un moment j’ai compris qu’ils croyaient pouvoir décider pour moi, ce qui est bon dans ma vie. Ca, ça m’est vraiment insultant… […] Personne ne peut me dire ce que je dois faire de ma vie ! »

Après un parallèle entre cette position très athée et celle – cliché – du « regret » des tatouages lorsque l’on vieillit que déplore aussi Rafel dans sa réflexion: retour à la réalité. Des chats posés sur un pas de porte et des images de cimetière viennent relever le discours de l’artiste… on découvre aussi et surtout l’univers où il se sent le mieux.

« Beaucoup de gens pensent que je suis satanique. Si tu y penses tout ce que l’on sait du satanisme vient de l’imagerie catholique, c’est pourquoi j’aime visiter des églises […] j’aime les sujets noirs, tristes , apeurant ou quand un tattoo est trop effrayant ou trop sombre c’est pourquoi se faire tatouer quelque chose d’effrayant est un réel engagement … »

Rafel réaffirme l’engagement du tatoué dans cette acte et surtout lorsque celui-ci choisit des sujets aussi sombres et anticonformistes comme ceux qu’il tatoue parfois sur des dos entiers.

« J’essaie de garder l’aspect plus extrème du tatouage comme il est supposé être malgré le fait qu’il soit devenu récemment très -trendy- c’est comme ça qu’est supposé être la culture tattoo ! Evidemment je ne regrette rien de ce que je porte, le tatouage est devenu ma façon de m’exprimer je sais que ça à l’air mielleux mais si je suis devenu tatoueur c’est que je suis une personne créative et si je suis comme tel c’est que j’ai quelque chose à dire ».

Cette vidéo poignante, montre aussi l’intimité artistique du tatoueur, dans son atelier peignant avec minutie, en dots, les ombrages de l’un de ses dessins : un crâne au multiple yeux, des verrues apparentes – que l’on a pu admirer lors de l’exposition « Morphosis », dans l’imaginaire du tatoueur . Le tatoueur aime encrer des chimères, des personnages étranges et difformes, des symboles ésotériques sortis des manuels de médecine du début du siècle ou de livres religieux. Les séquences dévoilent aussi le tatoueur préparant ses machines et piquer, en slowmotion. Rafel Delalande se réalise dans l’expression de ses démons et de ceux de ses clients. Une vidéo à l’esthétisme léchée dont l’atmosphère colle à son sujet.


 

Rafel Delalande

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