Private Parts 2 – L’intimité sauvage d’une Demi Mondaine

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Sorti il y a presque un an maintenant « Aether », le premier album de Demi Mondaine a creusé son sillon des disquaires aux scènes rocks parisiennes. Proche de Tin-Tin, le groupe avait aussi joué sur la scène du Mondial du Tatouage, première édition. « Private Parts », la soirée, en est à sa deuxième édition. Un nom très fort pour le groupe, puisqu’il représente un titre légué par Iggy Pop.

Demi Mondaine lance ses festivités 2015 avec une soirée qui sent le souffre et le rock. Forcément. Voix rauque, présence sensuelle et sauvage à la fois et sueur vont arroser la soirée. Si une furieuse sensibilité anime la poupée indocile, sa bande de nanas et le fameux guitariste – Mystic Gordon, le groupe partagera l’affiche avec les I Am un Chien : heavy électro moite. Plus encore car le combo de Demi-Mondaine aime s’encanailler avec l’esthétique tattoo et le rock des photos de Pierre Terrasson et du studio tattoo Migoii. Une projection sera organisée et une performance par Yannick Unfricht de « Hey ! La Cie » ouvrira cette soirée rock.

Comment as tu démarré le projet « Demi-Mondaine »  ?

Béa : J’avais fait des premières scènes à Paris puis à Tours pendant un an et demi et plus tard, de retour à Paris après deux ans avec la première formation on a remonté une autre formation. Mystic Gordon, que j’ai trouvé sur ma route puis Zoé et Sara à la basse et batterie. Et cela se passe super bien ! Les changements de line up sont dus à des questions d’affinités et de goûts musicaux car comme en amour : on peut avoir plusieurs amours comme plusieurs amitiés et d’ailleurs, l’amour n’est pas constant. La musique, les soirées font partie de moi, j’aimais bien sortir et j’étais assez véner’ à l’époque, pas forcément dans mon style de musique mais plus dans ma façon d’être et dans mon rythme de vie ! Alors que d’autres sont plus studio et studieux. Ils n’ont pas forcément envie de cette vie un peu borderline.

Humainement, c’était donc un peu compliqué ; on cherchait pas tous les mêmes frissons aux mêmes endroits. Puis avec la seconde formation Demi Mondaine, on a beaucoup baroudé et joué dans les cafés-concerts, mais on a aussi eu envie d’en vivre et avec la troisième version, on a voulu persévérer. De là on a passé une étape : sortir un EP, puis un album. J’ai composé « Aether » avec Mystic Gordon, tous les deux : en guitare et voix. Le tout est stable jusqu’à la prochaine instabilité. C’est comme si tu me demandais si j’allais rester avec le même homme toute ma vie !

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Désormais, le groupe est quasi exclusivement féminin ?

Il y a une ambiance plus girly avec cette formation. J’ai toujours aimé avoir une bande de copines ! Ca doit être une espèce de « rêve de gosse ». Etre entourée de guerrières et partir à l’assaut des scènes ! Ca me donne envie. Zoé est la plus jeune du groupe. Elle gardait les gosses d’une pote et je connaissais sa mère. Je l’ai vue grandir et à 14 ans se mettre à la batterie ! Elle est venue me voir, enthousiaste : « j’ai trop envie de jouer ! Je suis là si tu cherches un batteur ! ». Pour Sarah, on a fait des auditions car on cherchait un bassiste… Et c’était la seule nana. On a adoré. C’était la première à se mettre à fond et à s’imposer. On s’est dit « ah ouais d’accord ! » et on l’a gardée. On l’a un peu calmée depuis (rires). On a besoin de bons musiciens et de feeling avant tout !

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Quel est ton regard sur l’évolution de Demi-Mondaine ?

On a gagné en précision et on a trouvé un son. On a écrit notre album d’une traite avec un réel fil rouge. Pendant longtemps on a tout fait avec nos propres moyens et cela partait dans tous les sens. Mais tout cela donne une homogénéité sur cet album.

Vous distillez un rock en français, plutôt pêchu…

Alors comme c’est en français, cela paraît moins rock, car on est sur un format chanson mais musicalement cela reste super rock… une sorte de chanson rock peut-être ? Car je suis attachée à la langue française et je voulais un album en français, même si c’est plus difficile. Je suis très attachée à la chanson de Brel ou même de Noir Désir. Mais musicalement on y ressemble pas du tout… de toute façon, dès que tu fais du rock en français, ça sonne français !

Comment vous avez composé cet album ?

C’était super instinctif, j’ai eu besoin d’écrire à mort pendant un petit laps de temps. Je m’endors, je me réveille et je fais des sortes de trans’ où alors je me force à m’endormir avec un sujet en tête. Dans un demi-sommeil, je laisse aller la rêverie et tac ! Je me réveille et cela donne une sorte d’écriture automatique. Je reviens peu dessus. C’est visuel et sensoriel , comme un trip.

Après Mystic arrive avec sa guitare. Cela va super vite pour composer. Parfois je compose au piano voix comme pour « Paris sous la neige », qui fait partie des titres que j’ai gardés pour l’album, car il n’est jamais vraiment sorti officiellement. C’est un titre assez générateur. Tout comme « Private parts » qu’Iggy m’a offert. On l’a réenregistré aussi pour le mettre sur le premier album officiel.

par Brian Ravaux

Quelle est l’histoire de ce titre ?

Ce titre s’appelle « « Private Parts et j’ai rencontré Iggy il y a trois ans maintenant et il me dit :  «  c’est toi Béatrice, la chanteuse ? », j’étais assez troublée. On a discuté et je me souviens d’un moment où je lui dis : « Iggy come on ! Teach me how to fuck like an animal » et le mec me répond, « you want me to teach you how to fucked up your life » et on s’est marrés!C’était genre  pour dire : « apprend moi à se déchainer à fond sur scène! » Lui, pensait que j’étais signée et que c’était réglé. Alors que pas du tout , tout était très underground.

Il repart et 15 jours après il m’envoie un mail et me dit : « j’ai écouté toute ta musique et regardé tes clips, c’est vraiment trop cool, j’adore ta voix ! J’ai trouvé un truc pour toi : un morceau des Stooges jamais sorti sur un album et je te l’offre. » Sur ce, il prend une guitare sèche et enregistre le titre et me l’envoie en MP3 avec des conseils…Et en gros cadeau ! Eclate toi à la jouer avec ton groupe. Je lui ai envoyé le résultat et il a adoré. Le titre est sur l’album qui est peut être un peu plus grand public que ce que l’on pouvait générer avant. Les rockeurs ont peut être trouvé ça moins rock mais je m’en fous, ça ouvre sur d’autres horizons, l’idée est que ma musique se propage et de dire ce que j’ai à dire, de partager et de m’éclater avec mes potes. Sans pour autant me vendre ou faire un truc que je n’ai pas envie de faire !

Et côté tattoo ?

Il y a Nico Tricky que j’adore, il fait plein de trucs et il est assez fin et il y a mon super pote Gros Fab qui m’a dessiné la pochette de l’album Ether et qui m’a dessiné mon prochain tattoo qui va me prendre tout le bras avec une gitane des hibiscus et une panthère façon japonais et des symboliques qui ne sont pas japonais…On inverse tout! Car cela va bien avec demi-mondaine, ce genre de femmes qui ont quelque chose de singulier. Alors, il y a la Geisha bien sûr mais aussi la gitane, petite diseuse de bonne aventure qui va me chuchoter quelque chose à l’oreille…

J’en ai fait un aussi pour mon papa et un autre fait à l’arrache quand j’étais à la Féline. J’aime bien aussi les tatouages d’amitié ou d’amour. Il y en a aussi un pour quand j’ai chanté sur Broadway à New-York, pour la première fois avec mon nom Béatrice Demi-Mondaine sur une pancarte énorme. Pour un tribute de Jazz à Jeff Buckey avec son propre guitariste. Pour immortaliser le tout je me suis fait tatouer la date et New-York. Ca c’est pour : « phantom of the paradise », une comédie rock de De Palma qui a changé ma vie. Mes tattoos ont bien sûr tous une signification. J’aime bien le désir d’engagement qui ne se trouve plus trop dans notre société actuelle. Et j’aime retrouver ça dans le tattoo.

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Tu as aussi joué pour le mondial il y a deux ans!

Je suis pote avec Tin-Tin depuis 15 ans ! Je me suis fait tatouer à 17 ans par Neusky et pour l’histoire, Tin-Tin est venu ensuite passer dessus. J’avais un serpent et il a fait un énorme dragon sur toute la cuisse…Puis une petite hirondelle que j’ai en commun avec une pote de l’époque. Les hirondelles vont par deux, c’est assez romantique.

Mon -presque – dernier tattoo ?  On était à Berlin complètement bourrés et on a rencontré et composé quelques titres avec le batteur d’Iggy du moment, Tobby Dammit et on a fait de la musique. Et là, on était assez cons pour vouloir se faire tatouer un œuf et un bœuf ! On s’engueulait à savoir qui allait faire quoi et finalement en rentrant dans un shop on nous a dit que c’était pas possible… « On l’a échappé belle ! ». Le tatouage, je pense que chacun y met ce qu’il veut, à partir du moment où chacun se sent libre. Je n »aime pas être élitiste dans le tattoo. Comme dans la musique, il y a ce que tu écoutes devant la télévision et ce que tu vas chercher en dehors, il y aussi l’idée d’éduquer un peu les gens pour montrer qu’on peut faire les choses bien…mais chacun fait ce qu’il veut !

Chez toi particulièrement, le tatouage prend son sens…

C’est esthétique, on a envie d’être jolie. Le tatouage m’a aidé à me sentir belle. Jeune j’étais mal dans mes pompes, super timide et pas bien. Le tattoo m’a aidé à m’habiller. Maintenant, on me dit souvent « mais tu es toujours à poil ! », mais non ! Je ne suis pas à poil, c’est ma peau et mes tatouages qui m’habillent. Je ne me sens pas nue. Ma pudeur ne se place pas là. Je suis contente de mes tattoos, il y en a de plus ou moins jolis, mais ça fait partie de ma vie.

Certains représentent vraiment un moment particulier et d’autres sont plus pour un désir esthétique. Les tatouages, c’est un truc à tiroir, c’est des surprises. Un jour, tu fais un tatouage pour marquer des idées et des émotions et puis il t’arrive plus tard quelque chose dans ta vie qui t’y ramène et tu le nourris. Ca vit avec nous. On me dit que je vais être moche, vieille avec mes tattoos, mais je crois finalement que je serai moche dans tous les cas ! Et je préfère être moche avec mes tattoos. On sera bien. Une bande de vieux, moches et tatoués !

Concert le 06.02.15 au Pan Piper

affiche concert au pan piper

En warm-up, performances de Yannick Unfricht de « Hey ! La Cie ». 
(Présent notamment sur l’exposition « Tatoueurs Tatoués » au Quai Branly)
http://www.heyheyhey.fr/
www.demimondaine.fr
TATOO MIGOII
www.migoii.net

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