Gentleman tatoueur : Peco Matsuo

peco image de une

Son nom: Peco, il l’a choisi car il est simple et attractif. Il A�voque un personnage japonais figurant sur les papiers entourant les confiseries. A contrario de ce dernier, souriant et joueur, Peco le tatoueur, est plus taciturne. A 27 ans, cet originaire de Nagazaki est un fin baroudeur des temps modernes. Parti depuis l’A�tA� passA� en guest autour du monde, il se pose soit en Europe ou en AmA�rique, pour tatouer. Le jeune homme s’est arrA?tA� quelque semaines A� Paris avant de repartir pour Manchester, Edimbourgh ou encore l’Espagne et revient d’ici peu, dA�but mars.

Avec son pantalon Prince de Galles en laine, ses mocassins et ses chaussettes dA�pareillA�es, le tatoueur, gavroche vissA� au crA?ne, ressemble plus A� un Titi Parisien qu’A� un autoctone du Pays du Soleil Levant. Pour cause, trA�s vite, le tatoueur se passionne pour un univers ancien, A� la fois dans sa vie et dans ses sketchs. Ses couleurs? Olive, ocres et vieux rose et son trait fin, font les caractA�ristiques de son style. S’il a d’abord A�ludA� les fondements du style traditionnel japonais avant d’encrer, il a aussi par la mA?me, dA�couvert le style traditionnel amA�ricain et new school et les a tous essayA�s. a�?J’ai appris dans tout A�a que je prA�ferais le style europA�en et le style antique, j’ai senti que c’est ce que je cherchaisa�? explique-t-il.

peco tatoueur

Une influence A�norme qui changea aussi sa faA�on de voir le style japonais qu’il maA�trise. a�?J’avais l’habitude d’aimer tout ce qui est objet antique de culture europA�enne. Les immeubles, les objets, les ustensiles…Et tout ce que j’imaginais A� partir de cela A�tait des tatouages ou des peintures. J’ai commencA� A� me demander si je ne pouvais pas trouver encore plus de styles diffA�rents. Ensuite, j’ai essayA� de me lancer quelques dA�fis avant d’incorporer mon goA�t pour le style antique dans mes tatouages. Je l’ai fait petit A� petit et c’est devenu de plus en plus intA�ressant et esthA�tique. Cela a tout rA�volutionnA� pour moia�?, raconte Peco.

Dessiner et peindre sont des A�lA�ments fondamentaux de son univers quasi romantique lorsqu’il raconte ses sorties au parc pour dessiner, tout comme autour d’un cafA�. L’artiste est mA?me tout aussi connu pour ses fresques et live painting ou ses sets Djs. AcharnA� de travail, il lance cette maxime : a�?La pratique est tout ce qui peut amA�liorer un travaila�?. Son souci de la rigueur, il l’applique A� chaque tattoo en prenant soin de ne jamais rA�pA�ter le mA?me mode opA�ratoire. a�?C’est un mA?tier qui demande beaucoup de talent et de professionnalisme.A�C’est une des choses les plus importantes en tant qu’artiste. Je veux que chaque client soit content du rA�sultat que l’on a pu obtenir ensemble. C’est pourquoi j’ai sans cesse hA?te de mettre mes talents A� l’A�preuve pour devenir encore meilleur.a�? confirme ce passionnA� d’aquarelles flamboyantes adepte des couleurs, dont la vie n’a pas toujours A�tA� remplie.

a�? J’utilise les couleurs olive sur diffA�rents tons et ceux qu’on appelle mat. C’est ce que je prA�fA?re utiliser A� la place de couleurs vives parce qu’elles reflA?tent mieux mon style et ce que je cherche A� tatouer : a�?old fahioneda�? et le goA�t de l’antique. J’aime tout ce qui est ancien et c’est aussi pourquoi je n’utilise pas trop de violet car il a une image nA�gative. Je ne sais pas pourquoi mais cela me fait penser A� des choses tristes ou A� la colA?re.a�?

Une sensibilitA� affirmA�e pour un jeune homme dont le parcours n’a pas toujours A�tA� aussi simple. Enfant, A�levA� par sa mA?re, il n’a jamais connu son pA?re et intA�gre des bands de a�?casseursa�? en moto et plonge aussi, dans la drogue. Aujourd’hui, Peco en garde une sacrA�e passion pour la moto (il en a une dizaine) et …un tattoo « N Crazy »A�inscrit sur le torse qui qualifie son caractA?re passA�.

Son style, au travers de son acharnement au dessin, se fixe dA�finitivement comme nA�o-trad au travers de ses plus grosses piA?ces: a�? je pratique aussi en dessinant beaucoup de lignes, des grosses puis des fines et d’autres de plusieurs tailles. Je pense que je dessine bien plus que d’autres. Je me force A� dessiner A�galement entre le rA�alisme en peinture et ce qu’on appelle le traditionnel en tatouage et je trace alors mon chemin vers un style qui m’appartient et se rapproche peut-A?tre du nA�o-trad.a�?.

Pour autant, Peco n’en renie aucunement ses fondations japonaises fortes et lorsqu’on lui demande ce qui peuple ses tattoos et d’oA? il puise son inspiration, il conte des histoires bien anciennes…

peco flower

Les histoires de Yokai, goblins et autres fantA?mes peuplent son imagination et alimentent ses flashs tattoo. Son trait lui, se rapporte A� l’Irezumi quand son sujet traitA� reste moderne. Peco balance entre deux mondes et surtout aime A� prendre une machine A� remonter le temps pour rendre tout : a�? vintagea�?. Ses personnages traditionnels de la culture japonaise il les aime moins sombres que funky et drA?les, comme les Daruma : ces poupA�es acrobates.

a�? Ce sont vraiment des personnages uniques. Ce sont les sujets de beaucoup de design de tatouages au Japon. C’est inspirant !a�?. Deux temporalitA�s qui s’entrechoquent au sein d’un art que Peco veut libre. L’artiste n’aime pas A� se plier aux diktats de Yakusas dans sa ville : Nagasaki.

Car si les mentalitA�s ne sont plus les mA?mes, Peco confirme qu’au Japon: a�?le tatouage a une sale rA�putation. Les japonais sont vraiment trA�s catA�goriques et je peux dire que c’est un peu unique au Japon ! (rires). La culture tattoo doit, encore aujourd’hui rester underground. Je pense que c’est ce pourquoi on peut faire de trA�s beaux tattoos! Car si quelqu’un veut travailler en tant que tattoo artiste au Japon, il doit vraiment aimer A�a! C’est dur d’en vivre et d’y travailler. Parfois les clients me disent – j’espA?re que le tatouage aura une meilleure image auprA?s des autres – mais je ne pense pas trop comme A�a…Cependant je m’amuse bien dans cette culture japonaisea�?, raconte-t-il.

Son trait il l’approfondit de jour en jour en prenant dans ses peintures l’habitude d’attaquer la chose en ressortant un extrait d’une histoire, une scA?ne ou un point de vue.

Une philosophie de travail bien rA?dA�e, dA�diA�e A� l’humain, qui s’exprime d’autant plus lorsqu’on lui demande quelle est son experience la plus inspirante : a�?un jour un client est venu me voir. Il venait vraiment de loin et je me suis dit -mais pourquoi il vient ici- il y a tellement de bons tatoueurs dans sa ville ! Il m’a dit : – j’ai vu ton travail et j’ai vraiment envie de me faire tatouer par toi, s’il te plait fais le pour moi -, et quand j’ai entendu A�a, A�a m’a rendu tellement heureux.Et en mA?me temps cela m’a donnA� aussi pas mal d’ambition afin de devenir encore meilleur qu’avant ! En gA�nA�ral, je n’arrive pas A� m’exprimer sur moi avec des mots, parce que je suis un artiste ! Je le fais au travers de mon travail. Quelque fois, comme ici en parlant de mon travail, c’est vrai que je prends le temps de rA�aliser ce que je fais et oA? je vais et j’apprends A� me connaitre avec mes motsa�?.

Une quA?te continuelle qu’il arpente en voyageant puisque le gentleman tatoueur continue son pA�riple d’une annA�e entiA?re A� trainer de guest spots en guest spots.

En 2015, aprA�s la Turquie et l’Espagne il revient en France, dA�but mars. Un pays qu’il idolA?tre un peu…a�?J’ai A�tA� en France plusieurs fois. GA�nA�ralement je ne pouvais voir la France que depuis les livres et photographies… Quand j’y suis allA�, j’ai pu voir cela de mes propres yeux, toucher, marcher dans la ville et ressentir tout A�a jusque dans ma peaua�?.

Peco tatouera A� Landscape Rockshop du 2 au 8 mars a�� 16 rue keller, Paris a�� MA�tro Bastille

get your appointment : n.crazy.peco[a]gmail.com

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