Olivier Poinsignon & Andro Gynette : « Co-Laboratoire »

olivier poinsignon x andro gynette

Photographies : Adrien Bessac
En avril 2016, Olivier Poinsignon, tatoueur invite l’Andro Gynette à partager avec lui un projet fou : celui de tatouer trois personnes et trois histoires différentes. Pas de « projets », des histoires en effet, puisque chacun fut choisi pour son récit. Aujourd’hui, il renouvelle une de ces experiences « tattooesque ».

C’est après une annonce vidéo d’Olivier, que trois personnes furent sélectionnées pour leur histoire et non l’esthétique de leur projet. Ces trois tatoués, ont ensuite été réunis dans une seule maison avec deux créatifs, un filmaker, le tout pour une semaine d’experiences tattoo à quatre mains.

L’idée d’Olivier? Fusionner les styles, entre son approche graphique et celui des lettrages décalés de l’Andro Gynette. La vidéo qui s’ajoute à l’expérience afin d’en marquer le moment dans le temps, met en valeur le tatoué comme « matière première ». Les pièces imaginées sont fortes et poussent les tatoueurs à faire de cette expérience un triptyque vidéo qui illustre les propos de chaque projet.

« Sourire » = est un élant d’optimisme, la lumière dans le noir. (tatouée en aveugle)

 

« L’hommemiscient » = est un combat éternel entre l’objectivité et la subjectivité, raconter- rater – con (tatoué en aveugle)

 

« coup de ciseaux » = l’a-typique qui sort du cadre

 

A l’origine du projet, le tatoueur Olivier Poinsignon. Issu d’un univers Riding, olivier tient une machine pour la première fois il y a 8 ans. Déjà adepte de petits tattoos minimalistes, il scratch ensuite quelques potes pour le fun avant de voir tout le potentiel du tatouage. Ce qui lui importe le plus ? «  Me laisser surprendre par le résultat en ayant fait au mieux à l’instant-T. Ne pas subir mais être capable du contrôle à grande échelle comme du laisser aller. Faire quelque chose qui plait-s’adapte au porteur et lui faire prendre conscience de son potentiel créatif en tant que support vivant-sensible-communiquant. » « L’action concept  » comme il l’appelle , le taraude tellement qu’il travaille cet aspect de l’acte dans toute sa symbolique.

Le process surpasse donc presque le projet pour Olivier qui se lance dans un concept autour de l’écriture automatique version tattoo afin de se concentrer sur l’inattendu. Le tatoueur n’hésite pas à ne rien préparer pour aborder le hasard. L’expérimentation l’amène à sortir de sa zone de confort tout comme celle de ses clients. Et c’est ce même acte qui l’a poussé à travailler avec l’Andro Gynette.

olivier poinsignon

«  On et je dis bien ON, a mis l’histoire des personnes rencontrées en avant dans ce triptyque vidéo. Pourquoi? Parce que « le client » et son histoire dans nos cas respectifs sont une motivation et une inspiration. Dans nos travaux on essaye de capter l’intensité du projet pour offrir une lecture lourde pour le porteur sans en donner toutes les clefs au spectateur. Une façon de dire « ne rejette pas ce que tu ne comprends pas au premier coup d’oeil ». » En découlent des travaux aux niveaux de lectures différents.

Le tatoueur, prolifique écrit même un calendrier de toutes ses expériences. La dernière en date, la voici présentée en vidéo :

 

Pour aller plus loin dans les connexions le tatoueur propose ainsi de  tirer au sort (en public) le nom d’une des personnes ayant commandé un dessin puis de l’inviter deux jours dans son atelier afin de regarder les dessins commandés et de s’en inspirer pour la réalisation du tatouage final. Puis viendra la restitution où le tatoué et le tatoueur redessinent par dessus tous les dessins réalisés.

En conclusion, Olivier propose une réflexion qui dépasse la peau. Une sorte d’autobiographie à multiples portes d’entrée.

 

« Et si nous sortions de l’autobiographie pour créer quelque-chose qui nous dépasse? » – Olivier Poinsignon


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