« L’idée forte qui m’anime c’est l’égalité au sens large »

olivier-portrait

Militant depuis l’adolescence Olivier s’est rapproché de la ligue communiste révolutionnaire avant de clairement passer ses journées à frapper le bitume et lever le poing avec des militants libertaires. Co-fondateur de l’Action Anti-fasciste, il prend part à l’organisation d’une manifestation en mémoire de la mort de Clément le 7 juin prochain. En opposition à l’extrême droite « en tout lieu et en tout temps, dans la rue ou ailleurs », portrait d’un militant tatoué.

« Si tu penses pouvoir uniquement affronter l’extrême droite à coups de bulletins et de dialogues, tu te fous le doigt dans l’œil », s’exclame Olivier au bout d’une heure de discussions enchevêtrées de débat et de regards sur l’actualité politique. Le jeune homme de 28 ans, éducateur formateur en banlieue sud depuis 10 ans, devient militant par la force des choses dès lors qu’il s’intéresse à la musique. « Je fais partie d’une génération qui a vu en 2002, Le Pen au deuxième tour. Et j’avais 14 ans, confie-t-il, c’était un choc ! ». L’envie de rébellion et sa famille, issue de gauche vont guider son adolescence vers le radicalisme.

2013-05-23-19.25.47

« Dans ce climat, l’extrême droite de rue s’est organisée ».

Rapidement il fait son chemin et s’oriente vers des mouvements libertaires organisés. Il se dirige vers un certain radicalisme et fonde son engagement dans : « la lutte contre l’extrême droite ». Le SCALP contribuera à sa formation avant de le laisser pour devenir l’un des créateurs de l’Action Anti-Fasciste en réaction, analyse-t-il, à un creux connu par le mouvement. « dans ce climat, l’extrême droite de rue s’est organisée ».

Une création qui coïncide, en 2008, avec les affrontements de tribunes opposées au parc des Princes et sera mis sous le feu des projecteurs médiatiques lors de la mort de Clément, militant, décédé d’un acte de violence de l’extrême droite, l’an passé. Olivier alors porte-parole, est aux premières lignes pour répondre aux médias et aux politiques : « lors de la mobilisation, on a demandé qu’il n’y ait aucun drapeau, explique-t-il, la mémoire de Clément n’appartient pas à l’action anti-fasciste mais à tous ceux qui ont été touché par sa mort ».

Le 7 juin prochain sera l’occasion de commémorer sa mémoire, « car si Clément a été tué c’est qu’il était un militant anti-fasciste, rappelle-t-il. Clément est un symbole mais on ne veut pas en faire un martyr. Ce que l’on veut dire : c’est mobilisez vous contre l’extrême droite ». Dans cette quête ardue, le jeune homme, détaché de l’Action Antifasciste, prévoit de poursuivre sa pensée dans le chemin de la politique, car : « dans n’importe quelle société, si on ne règle pas les problèmes sociaux et les inégalités, l’extrême droite progresse », analyse-t-il.

« Je ne suis pas un adorateur de culture tattoo »

Son rapport au tattoo vient d’un milieu ultra underground : skinhead, punks et rockab se côtoient, tout comme militants lambda. Les premiers tattoos qu’il voit sur ses potes sont des tatouages marquant un phénomène d’appartenance à culture rock. Faba et ses tattoos clandestins aux tracés old school peuplent les bras de son entourage antifa : « le fait que ce soit mal vu ne me dérange pas, j’ai pas de complexe avec ça ». Son premier tatouage ? Il le doit à Laura Satana. Du pur chicanos, en noir et gris, iconique du style de la tatoueuse parisienne. Réalisé un an après la mort de sa mère, le tatouage percute, mettant en avant une femme avec une mitraillette il symbolise pour le jeune homme toute la colère qu’il avait en lui à cette période. « Je voulais en faire quelque chose de positif, représenter que la vie est un combat par cette femme avec une arme car le contraste entre les deux était intéressant », raconte Olivier avant de désigner le lettrage de Laura Satana qu’il a souhaité arborer sur son avant bras : « Libre ».

« Je ne suis pas forcément adorateur d’une culture tattoo, je le fais pour moi » confirme-t-il. Sur l’intérieur de son avant bras, cette fois c’est une fine caravelle qui se dessine dans les vagues aux coloris façon gouache. Un tatouage de Rude, Rue Keller à Paris. « J’aime bien ce tatoueur car il est un peu en dehors du circuit et c’est un mec sympa », confie le tatoué. Olivier espace la plupart de ses pièces de plusieurs années. Dernièrement il a réalisé en Indonésie sa dernière pièce, sur l’aine. Dans un style asiatique très coloré, Olivier a donné carte blanche à ce tatoueur : Adit entre Bali et Sanur. Un artiste qu’il recommande aujourd’hui : «  j’ai vu un ami à moi revenir avec une manchette sublime. Au début je n’étais pas rassuré de me faire tatouer en Indonésie. Mais ce mec est propre et tatoue bien. J’y suis allé, il était un peu à l’ouest mais son travail est parfait ! ». En lui donnant carte blanche, Olivier réalise son 7ème tattoo en 8 heures au total. Sa peau tannée alliée à ce style asiatique rappellent une passion qu’il partage avec cet art : l’ouverture sur l’autre.

manif 7 juin

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+Pin on Pinterest