Nora Hildebrandt, la lA�gendaire A� tattooed lady A�

norax – une JLM

TexteA�: GaA�lle Hubert

Si, aujourda��hui, on compte plus de femmes que da��hommes parmi les tatouA�s, il faut savoir que ce ne fut pas toujours le cas. Pour voir apparaA�tre le tatouage sur des corps fA�minins, il faut attendre la fin du XIXe siA?cleA�! Entre les lA�gendes populaires et les archives peu nombreuses, difficile de savoir qui A�taient rA�ellement les premiA?res A�A�tattooed ladiesA�A�. Essayons de percer le mystA?re en retraA�ant la vie de la��une da��entre elles…

Nora HildebrandtA�: ca��est le nom de la premiA?re femme officiellement tatouA�e. Et elle ne la��A�tait pas qua��un peuA�! Avec ses 365 tatouages, son corps A�tait une vA�ritable A�uvre da��art. NA�e en 1857, la jeune femme gagnait sa vie en sa��exposant, da��abord au Bunnella��s Museum A� New York, puis au sein de la fameuse troupe de cirque Barnum & Bailey.

Lors des A�A�showsA�A� de Barnum & Baileya��s circus, les spectateurs assistaient A� des dA�filA�s da��individus au physique atypique, parfois atteints de maladies gA�nA�tiques rares. On y trouvait des femmes barbues, des hommes squelettes, des nains, des siamoisa�� et des femmes tatouA�es, comme Nora Hildebrandt. Celle-ci prA�tendait, pour attiser la curiositA� du public, qua��elle avait A�tA� enlevA�e par Sitting Bull, le chef da��une tribu amA�rindienne. Elle aurait A�tA� retenue en otage pendant un an et forcA�e chaque jour de recevoir un nouveau tatouage. Ce scA�nario, qui avait le pouvoir de fasciner les spectateurs, est devenu le plus communA�ment utilisA� par les femmes tatouA�es lors des spectacles de cirque.

Ces derniA?res A�taient souvent issues de la classe ouvriA?re, et avaient trouvA� dans le tatouage un moyen da��A�mancipation financiA?re. En effet, en se produisant dans les cirques, elles recevaient un salaire largement supA�rieur A� celui da��un travailleur de classe moyenne. Elles pouvaient donc compter sur leurs propres revenus pour vivre et ne pas dA�pendre du salaire da��un homme comme ca��A�tait gA�nA�ralement le cas pour les femmes de la��A�poque.

Contrairement A� la lA�gende qua��elle avait rA�pandue, Nora Hildebrandt avait elle-mA?me choisi de se faire tatouer. Il est fort probable que Martin Hildebrandt, le premier artiste tatoueur aux A�tats-Unis, fut la��auteur de ce travail. On parle parfois de Nora comme A�tant la fille ou la��A�pouse de Martin, mais la jeune femme a certainement pris le nom de son tatoueur pour en faire son nom de scA?ne.

Nora connut un grand succA?s A� ses dA�buts, avant da��A?tre dA�trA?nA�e par Irene Woodward, surnommA�e A�A�La Belle IrA?neA�A�, A�galement la��une des premiA?res A�A�tattooed ladiesA�A�. Cette derniA?re A�tait apparemment plus belle que Nora et prit sa place sur le haut du podiuma��

A la fin du XIXe siA?cle, le tatouage A�tait, pour les femmes comme Nora Hildebrandt, une pratique A� la fois radicale et hautement symbolique en faveur de leur A�mancipation. Depuis, les choses ont bien A�voluA� et les femmes tatouA�es ne sont plus des attractions de cirqueA�!

New York Historical Society Library

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