Nocturnes, l’œuvre au noir de Jean-Luc Navette

nocturnes – une JLM(4)

Sorti en avril 2017, « Nocturnes » est le nouveau recueil d’illustrations de Jean-Luc Navette. L’artiste tatoueur et illustrateur y rassemble sa foisonnante production mêlant pochettes de disques, affiches de concerts et œuvres personnelles. Son style est reconnaissable entre tous et inspirant pour bon nombre d’artistes, le noir est omniprésent et l’atmosphère toujours aussi énigmatique.

C’est autour d’un café et de bonnes blagues que la collaboration entre Jean-Luc Navette et Christophe Escarmand des Éditions Noire Méduse a repris de plus belle. Se retrouver est toujours l’occasion de faire un état des lieux des illustrations réalisées par l’artiste depuis son précédent livre (« Dernier été du vieux monde » – éditions Noire Méduse) et d’en dégager les différentes thématiques.

« Nocturnes » n’est pas la suite du « Dernier été du vieux monde », mais plutôt une compilation de ses œuvres des dernières années. Pour autant, la narration est importante et a été savamment orchestrée dans ce recueil qui se divise en sept parties. Cinq d’entre elles présentent ses différentes collaborations musicales (pochettes de disques, affiches de concert) ainsi que ses illustrations pour le journal quotidien « Le Monde » et la revue d’art « Bad to the bone ». Les deux autres parties regorgent d’œuvres plus personnelles sur le thème de la Nuit.

Sombre, intense et mystérieux ; noir, gothique et cauchemardesque, les adjectifs sont nombreux pour décrire l’univers incomparable de Jean-Luc Navette. De l’encre sur le papier à la peau, il n’y a qu’un pas et l’artiste passe de l’une à l’autre avec une aisance déconcertante. Il fut d’ailleurs l’un des premiers tatoueurs en France, avec Yann Black, à imposer son style noir et si particulier.

Jean-Luc Navette a accepté de nous parler de son nouveau livre.

Je sais que tu es un grand fan de musique et notamment de blues, est-ce ta principale source d’inspiration ?

La musique est effectivement très présente dans mes images à plusieurs degrés. J’ai conçu mon imaginaire en grande partie grâce à la musique, beaucoup de chansons et de musiciens m’ont inspiré et me guident.
Je collectionne les disques depuis l’adolescence, et j’écoute toutes sortes de musiques au cours d’une journée variant les genres selon l’humeur, certains artistes ont eu un gros impact sur ma vie : Robert Johnson, Billie Holliday, Neil Young, le Gun Club, Cw Stoneking ou encore Godflesh ou the Cure.
Certaines pochettes de disques aussi ont eu une influence directe sur mon travail comme celles de Pain Teens ou Bastärd, celles de Raymond Petibon ou de Robert Crumb.
Une bonne chanson vous transporte en quelques minutes hors du monde pour vous raconter une histoire, c’est le but que je rêve d’atteindre lorsque je dessine, j’essaie de coucher sur le papier des chansons qui prendront vie aux oreilles et aux yeux d’un lecteur, selon sa propre expérience, son histoire.

Tes noirs sont si intenses et prédominants qu’on a presque l’impression d’images en négatif. Comment procèdes-tu ?

Je mets un disque sur la platine, je craque une allumette, la fumée envahie la pièce, et la nuit le papier, jusqu’au petit matin lorsque il n’y a plus de place pour le noir, je débranche la musique… Je crois que c’est un truc dans le genre.

Pour le noir bien intense, il suffit de fermer les yeux et de « jeter l’encre » !

Presque 5 ans après « Dernier été du vieux monde », comment as-tu travaillé et peaufiné ce nouveau livre ?

Tout a été plus simple que pour le « Dernier été » car je me consacre maintenant exclusivement à l’illustration, à l’époque je tatouais la journée et je faisais mes images persos le soir, cette fois-ci j’ai pu me concentrer seulement sur mon projet. J’ai pu prendre le temps de travailler sans contraintes de temps ni pression, à l’atelier avec ma femme qui dessine à mes côtés.

Christophe et Anne de Noire Méduse Editions ont eux aussi beaucoup contribué au fait que les choses soient plus simples pour moi, on se connait parfaitement et notre collaboration m’aide à repousser certaines limites, on échange énormément d’idées autour d’un café ou sur la route ce qui m’aide à passer sereinement les tempêtes lorsque le stress de la deadline approche. Je peux me reposer sur le savoir-faire et leur amitié fidèle, travailler avec eux est tellement simple.


Nocturnes
Recueil d’illustrations
184 pages / 31 cm x 25 cm
Couverture cartonnée

couv-nocturnes20cm

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