Mors, dans la lignée des icônes du traditionnel

mors – une JLM(3)

Photographie : Ségolène Accariès / Visuels : Mors

Français frontalier d’origine, Mors est tatoueur à la Main Bleue, célèbre shop belge de Saint-Ghislain. Il a grandi dans un petit village du Pas-de-Calais avant de venir faire ses armes à Lille pour apprendre le métier. Fidèle descendant des précurseurs du traditionnel américain, cet artiste leur rend hommage en respectant les règles de ce style fondateur et en y apposant sa marque de fabrique. Rencontre avec ce tatoueur qui sillonne l’Europe.

Quel est ton parcours dans le tatouage ?

À vrai dire, j’ai débuté assez tardivement comparé à certains : j’ai 30 ans et ne tatoue que depuis 4 ans. J’ai toujours eu envie de tatouer, tout en pensant que je ne le méritais pas, que c’était réservé à une minorité de personnes qui possédaient un vrai talent artistique. Le tatouage est devenu une vraie passion plus ou moins durant la période où j’ai découvert le rock et le métal. À cette époque, les seules personnes recouvertes de tatouages que je pouvais observer étaient les membres de groupes dans les magazines, et en tant que gamin, ça m’a forcément marqué.
J’ai eu mon premier tattoo à 18 ans, et n’ai jamais arrêté de me faire encrer depuis. J’ai réalisé que c’était ce que je voulais faire, et que j’en étais capable. C’était durant la période où j’ai habité à Lille et rencontré Suzan Grimm. Il a été la première personne à me donner un début de culture, en me faisant découvrir le travail de Chris Dettmer (The Black Hole tattoo, Hambourg DE) par exemple et tout le tatouage traditionnel américain en général. J’ai passé pas mal de temps à zoner dans son shop, à le regarder travailler, fouiller dans sa bibliothèque et découvrir comment fonctionnait une boutique. Par la suite, j’ai commencé à tatouer par moi-même, en me débrouillant, en voyageant pour me faire tatouer et voler deux-trois conseils par-ci par-là, et en faisant mes premiers tatouages sur ma peau. Pas le chemin le plus facile, mais ça ne vaudrait pas la peine si ça l’était non ?

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Tu as un style old school traditionnel, comment as-tu choisi de te spécialiser ?

Je n’ai pas réellement choisi de me spécialiser, j’ai juste toujours dessiné le type de tatouage qui me parle et que je porte. J’ai toujours été passionné par le traditionnel, ses règles et son histoire. Les lignes épaisses, les ombrages en noir pur, les couleurs vives et solides. C’est le type de tattoo que j’apprécie le plus : puissant, lisible, propre, un peu à la manière d’un sticker.

Les couleurs sont harmonieuses, est-ce quelque chose d’important pour toi ?

Je m’applique à suivre les règles du traditionnel, tout en me laissant une certaine liberté. Mon but est avant tout de faire des tatouages les plus propres possible, qui cicatriseront bien et dureront dans le temps. J’essaie ensuite d’y apporter ma petite touche personnelle, sans forcément essayer de « réinventer la roue ». Mon but n’est pas d’être innovant ou de faire le « buzz », mais juste de mettre un peu de moi-même dans chacun de mes tattoos. Si on arrive à reconnaitre mes boulots en un coup d’oeil, c’est une victoire en soi !

Quels sont justement les artistes qui t’inspirent ou tes mentors ?

J’ai énormément de sources d’inspiration, et ce serait bien trop long de tout citer. Pour faire simple, ça peut aller des grands tatoueurs classiques comme Sailor Jerry, Cap Coleman, à toute la scène traditionnelle actuelle, comme le gang des SOOS (Pedro, Joel Madberg, Dane Mancini, Jelle, Sam Ricketts, etc.).
La Main Bleue m’a beaucoup apporté à ce niveau-là, autant à la période où je m’y faisais tatouer régulièrement, que maintenant alors que j’y travaille. J’y ai rencontré énormément d’artistes dont j’admire le boulot, dont certains sont même devenus des amis qui continuent encore à m’influencer, comme Tom Flanagan, Matt Cooley… et tant d’autres.

Est-ce que tu te déplaces souvent lors de conventions ou de guests ?

Depuis mes débuts, j’ai passé pas mal de temps sur la route, à aller de guests en guests, et aussi en convention. C’était impératif au tout début pour pouvoir me faire des connaissances à droite à gauche, et ça l’est toujours autant maintenant. Comme c’est la meilleure des manières de faire voyager mon travail, rencontrer d’autres tatoueurs et pouvoir tatouer des personnes qui n’auraient pas forcement la possibilité de se déplacer en Belgique.
Voyager est un des gros avantages de ce métier, et définitivement un des côtés qui me plait le plus. J’ai pas mal fait le tour de la France à une certaine période, et désormais j’essaie de me concentrer le plus possible vers l’étranger, que ce soit partout en Europe ou même vers le continent américain.

Quels sont tes projets ?

Faire de meilleurs tattoos, ne pas arrêter d’apprendre, peindre plus souvent et continuer à voyager avec ma moitié Iris Lys (allez checker son boulot, c’est la meilleure !).


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