Morphosis, hommage à Ed Hardy

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Le morphing est un des piliers du tatouage figuratif, moderne ou traditionnel, lorsqu’ Ed Hardy s’est penché sur une rose et une panthère en 1991, il n’imaginait certainement être repris, encore, 25 ans aprés ! Alors qu’une partie se lance comme tatoueurs en connaître les références historiques, Morphosis est un hommage au génie d’Ed qui fut le pape du tatouage contemporain. L’exposition regroupe Nathan Kostechko, Franck Carter, Jonas Nyberg, Proyecto Eclipse, Geb, Chad Koeplinger, Luxiano Street Classic, Rafel Delalande, Derrick Snodgrass, James McKenna, Greggletron, Cokney+ Just. Retour sur un événement organisée par Cokney, Maudit Caillou Editions et la French Paper Galerie à voir et se procurer jusqu’au 2 juillet !

L’exercice de style a inspiré 13 artistes tatoueurs, dont est ressorti 15 à 30 tirages d’une œuvre au concept transcendant le tatouage dans ses multiples genres. Rassembler des « clans de tatoueur » était aussi l’idée de Morphosis : « Maudit Caillou est très affilié à Guy le tatooer , Liam Sparks, etc. alors que Franck Carter lui, travaille chez Sang Bleu (London) qui a une identité forte. Rafel Delalande est lui chez Seven Doors une autre boutique à l’antipode de Sang Bleu mais dans la même ville… Quant à Derrick et Nathan se sont des Californien s à la vision du tatouage encore différente ! » confirme Cokney, co-organisateur et tatoueur chez Hand In Glove. Le but de l’équipe ? Réunir les écoles en les amenant à travailler ensemble.

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Et c’est aussi ce qu’on en retient à la vue des sérigraphies exposées rue Volta à Paris. Lancée comme un challenge, Morphosis est à l’origine, pensée par Laurent, de la French Paper Galerie et Cokney. Connaissant son travail dans le graffiti et sa démarche artistique engagée, Cokney et Edouard gérant l’édition « tattoo » de Maudit Caillou Editions ont composé les choix artistiques de ce trio de tête. Il aura fallu moins d’un an pour que l’idée prenne forme et devienne le fil conducteur que l’on connait, parlant aux plus férus d’histoire du tatouage : le morphing d’Ed Hardy, véritable source d’inspiration dans les années 90, défiant le traditionnel tatouage « sailor » américain.

Plus qu’un moyen d’imbriquer des formes et des figures, le morphing initie une passerelle entre différents styles comme le démontre à la fois Nathan Kostechko, Franck Carter, Cokney ou Rafel Delalande imbriquant des figures jouant même sur l’effet trompe l’oeil ou le visuel de répétition. « La technique d’Ed Hardy , date d’il y a 20 ans et a profondément métamorphosé le tattoo d’aujourd’hui. C’est le cas de le dire ! Cela permettait que tout le monde puisse l’interpréter à sa manière et de regrouper plusieurs styles et personnalités tout en ayant une cohérence… », insiste Cokney qui rappelle le rôle d’Ed Hardy comme pionnier du tatouage figuratif et son envie de lui rendre hommage.

 

Si en parcourant les deux salles de l’exposition on reconnaît la patte graphique de certains, indomptable, d’autres surprennent par des œuvres décalées. Chad Koeplinger façonne membres animaliers en morphing tandis que Franck Carter joue sur l’abstrait, avec ombres et collages. Geb, imagine une scène que l’on distingue à peine dans les ombres noires de cette maginfique sérigraphie. A contrario, d’autres jouent sur le détail et l’abondance de couleurs faisant pleuvoir les calques de sérigraphies, une technique complexe ; « certains nous ont envoyé des originaux et d’autres des scans. Mais notre but n’était pas de montrer des originaux mais des sérigraphies il a fallu les traiter car entre le dessin que tu peux te faire tatouer et le flash il n’y a pas les mêmes techniques et donc des difficultés à adapter », assène Cokney, qui prend sa place sur les murs de la galerie avec une illustration réalisée à quatre mains avec Just du Mystery Tattoo Club. La sérigraphie, a été un choix technique sacrément réussi par la French Paper Gallery travaillant avec deux ateliers, ils ont édité des prints de parfois 6 coloris, avec des teintes mates, des noirs aux textures différentes pour donner de la profondeur ou des blancs plus nacrés. « Laurent qui connaît très bien la sérigraphie, a su extraire pour chacune des œuvres des spécificités qui donnent tout leur intérêt à tirer des sérigraphies. Le but n’était pas de juste faire un tirage noir et blanc basique », ajoute l’équipe.

L’exercice de style est surtout technique et reste compliqué à adapter sur des œuvres en aquarelles bourrées de dégradés et de couleurs. Chacune prenant de deux à trois jours afin de retravailler les chromies et rendre des œuvres aquarelles presque aussi parfaites que des originales. Le risque ? Perdre en détails. Mais le résultat surpasse les espérances. Le résultat est bluffant sur des œuvres comme celles de Geb ou Franck Carter, d’une incroyable précision. Une chose est sûre, on ne ressortira pas de la galerie les mains vides !

Le résultat est sans équivoque et sort l’art de son cadre poussiéreux. Bluffant, Morphosis est une initiative populaire sur le principe de la reproductivité qui permet à chacun d’avoir, sinon un original, une série limité d’une œuvre au concept unique. Avis aux aficionados et collectionneurs, on fait table rase de nos murs blancs !


 

French Paper Gallery,
51 rue Volta, Paris

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