Mariette, le point de croix dans la peau

mariette – une JLM

Texte : Stefayako / Visuels : Mariette

Mariette, jeune femme de 32 ans, maman d’un petit garçon, est gérante du tattoo shop Turbo Zéro depuis six ans à Nantes. Sa passion pour le point de croix depuis le plus jeune âge est devenue sa marque de fabrique identifiable dès le premier coup d’œil. Née à Paris mais bretonne d’adoption depuis l’enfance, elle a étudié aux Beaux-Arts de Rennes avant de venir poser ses valises à Nantes.

Son entrée dans le tatouage ne se fait pas immédiatement. En 2011, Mariette lance avec son ami et tatoueur Rocky Zéro, le tattoo shop Turbo Zéro à Nantes. Elle s’occupe de la gérance, lui des tatouages. De fil en aiguille, le shop se développe, embauche des tatoueurs résidents, accueille de nombreux guests et organise environ quatre expositions par an, principalement d’illustration (Léa Nahon, Freak City y ont été exposés par exemple).

Mais pourquoi le point de croix ? « J’en faisais depuis des années, des tatoueurs m’ont dit d’essayer car personne ne le fait et je m’y suis mise un jour, j’ai été super bien accueillie par le milieu car je n’ai piqué le boulot de personne. » Sa clientèle ne vient pas par hasard mais la choisit consciemment, des personnes peu tatouées ou au contraire des collectionneurs. Pratique qui peut paraître désuète, le point de croix est une activité créative que Mariette a héritée de sa mère lorsqu’elle était petite, avant de s’y remettre lors de ses études aux Beaux-Arts. Avec une charte graphique rouge et bleue identifiée et assumée, elle s’inspire principalement de livres de broderie, pour réinterpréter et simplifier les motifs : « comme les mecs qui font du traditionnel et se servent des flashs de Sailor Jerry ». Elle aimerait d’ailleurs encrer de plus en plus de frises, de patterns qui s’adaptent au corps et aux autres tatouages présents sur la peau. Cette jeune maman choisit avec précaution ses guests et conventions (Hellfest en juin et Playa Tattoo Club en août) pour ne pas trop s’éloigner de sa famille. C’est toujours l’occasion de faire connaître son travail, de proposer de nombreux petits flashs et de rencontrer d’autres artistes.

Pour Mariette, tatoueuse est un métier très à la mode, comme les graphistes à une certaine époque. La démocratisation du tatouage est dans ce sens une bonne chose car elle permet de découvrir de nouveaux talents, comme le sien. « Les “ vieux de la vieille ” se sont toujours battus pour que le métier soit reconnu ». Selon elle, les plus motivés resteront. Au Mondial du tatouage par exemple, le niveau d’excellence est tel que cela permet de tirer la bourre pour tous. Les clients sont également plus à l’écoute qu’avant, ils font davantage confiance, signe que le métier bénéficie de plus de reconnaissance désormais.

Quant au shop, après 6 ans, Turbo Zéro est devenu un lieu incontournable à Nantes. Dès l’ouverture, le duo décide de lancer une dynamique de guests, peu courante à Nantes, et accueille un premier invité de choix : Joey Ortega. Désormais, le salon reçoit une dizaine de demandes par mois, et sélectionne des artistes plus proches de l’ambiance graphique qui y est installée. L’équipe actuelle se compose de 4 tatoueurs résidents : Moonkey, Victor BP, Dwam et Mariette. Junior y tatoue aussi régulièrement en guest, et d’autres tel Julie la Buse.

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