MADBALL – « Outcast for life »

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Texte : Tiphaine Deraison / Photographies : ©Immortalizr

When a band is nearly 30 years old and his songs are still giving goosbups to the crowd of Halle de la Villette in Mondial du Tatouage, that means this band is a real legend. From New-York Hardcore side, Madball, which comes from the Miret siblings, let his marks years after years in hardcore history. Beyond heavy riffs and the singer charismatic personnality : the singer Freddy, the band never let a doubt on their values.

Quand un groupe a 30 ans d’âge et que ses titres font encore vibrer la foule de la grande Halle de la Villette, c’est qu’il s’agit non plus d’ « un groupe », mais d’une légende. Côté New York Hardcore, Madball, issu de la fraternité Miret, a marqué les années et l’histoire du hardcore. Au-delà de ses titres lourds et d’une personnalité charismatique en son sein : le chanteur Freddy, le groupe n’a jamais laissé planer de doute sur ses intentions.

Since « Set It Off » or « Demonstrating my style », their catchword has always been « Honnor, respect, loyalty ». Values that are inherent to a musical subculture and tattoo and one place : the Lower East Side, where they grow up. Those underdogs became one of these pillars. Inside their crew, DMS, a name coming from the boots they used while stomping lower Manhattan’s neighborhood, from CBGB’s scene to underground boutique of Johnathan Shaw, they always shared the same story. Let’s meet the two band funders : Freddy Cricien and hoya Roc

Depuis « Set It Off » ou « Demonstrating my style », leur devise a toujours été « Honneur, respect et loyauté ». Des valeurs inhérentes à une subculture musicale tattoo et un lieu : le Lower East Side, dans lequel ils ont grandi. Ces laissés-pour-compte en sont devenus les piliers. Au sein de leur crew, le DMS, un nom venant des boots avec lesquelles ils ont foulé ces bas quartiers de Manhattan de long en large, allant de la scène du CBGB’s aux shops clandestins de Jonathan Shaw, ils en ont partagé la même histoire. Rencontre avec les deux membres fondateurs : Freddy Cricien et Hoya Roc.

« Ton corps n’ira nulle part. Si tu le souhaites vraiment, tu te feras tatouer un jour ou l’autre. »

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Quel âge aviez-vous pour votre premier tattoo ?

Hoya : J’avais 17 ans, justement je parlais de mon premier tatouage avec Norm récemment. On s’est tous fait tatouer entre 15 et 17 ans dans le groupe.

Freddy : Pour ma part, j’avais 15 ans. On était des gamins. Mais j’avais 17 ans quand MQ m’a tatoué mon nom de famille sur le ventre (Cricien, ndlr). La séance s’est déroulée dans le garage d’Hoya et qui sait ce qui a pu arriver à mes organes ! Je crois qu’il m’a littéralement piqué les boyaux car les aiguilles ne fonctionnaient pas bien mais il s’en est aperçu bien 10 heures après. C’est comme ça que ça se passait à l’époque. Il n’y avait aucune crème anesthésiante ou d’autres trucs du genre, il fallait souffrir en silence.

How old were you at your first tattoo ?

H : I was 17, it was fun i was actually talking about it with Norm we all got tattoo probably around me seventeen and probably everybody elses between 15 or 17…

F: i was 15 … we were young kids . I was probably 15 and probably 17 when MQ did my last name on my stomach (Cricien) and i did that in Hoya’s basement actually and who knows what happened to my organs. I think he tattooed my organs when he did that, cause the needle was on wrong but ten hours later he figured it out. That’s how you do it, there is none of numbing creme stuff, we don’t do that you know you just have to take the pain.

Vous tatouer était-il déjà un moyen de vous exprimer comme vous avec Madball ?

Freddy : Oui, (le tatouage) c’est une grande partie de la culture Hardcore, tout surtout à New York, beaucoup de gens sont fortement tatoués et même en comparaison avec d’autres scènes hardcore ou d’autres Etats, je crois que les gars de New York ont réellement fait avancer cette scène un niveau au-dessus. C’était une autre forme de rébellion de se faire tatouer et tout ce qui s’ensuit. De nos jours on voit pas mal de personnes qui s’habillent dans les codes du hardcore sans y être réellement investis. C’est tout simplement devenu tendance. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi pour le business du tatouage mais quand on était mômes, le tatouage était une question de rébellion.

Hoya : Quand on voit des points de sutures, on sait ce que ça signifie. C’est pareil pour les tatouages, en quelque sorte, c’est fait pour être vu. Si tu vois ce que je veux dire…

Tattooing yourself is a good way to express yourself and your ideas ?

F : yeah, it is a very big part of Hardcore culture, especially in New york, a lot of people are heavily tattooed and even in comparison to other hardcore scenes, around states and stuff, i thing New York guys , as really took it to the next level. It was another form of rebellion, and just that all things you know, nowadays, you see people who look like hardcore kids, but are really not completely related to that. Its just becoming more fashionable, which is not a bad thing i guess for the tattoo industry, but when we were growing up it was very much about being rebellious and all that. And you like them , its because you want to do that.

H: when you se the stitches ont them, yo uknow what it is, you have got to see them, you know what i mean

Vos tatouages ont-ils tous une signification personnelle ?

Freddy : Oui, en général !

Hoya : Pas mal de souffrance.

Freddy : Mes tatouages ont un sens, tout comme pour Hoya. Généralement, ils ont plus ou moins une histoire, certains plus que d’autres mais c’est surtout une sorte de rite de passage. Hoya a la même façon de voir les choses. On ne s’est pas fait piquer du jour au lendemain. On aime prendre notre temps et heureusement, au cours des années, on a rencontré de bons artistes qui viennent de notre scène. Mais pour nous, ça n’a jamais été un besoin urgent comme aujourd’hui pour certains gamins de se faire tatouer uniquement le cou ou tout le corps en une semaine. On n’a jamais fait ça. Par exemple, mon dos est toujours presque complètement vide. J’ai toujours pas mal de parties de mon corps qui ne sont pas tatouées.

Each tattoos you get has a meaning to you ?

F: usually it does. Yes !

H : a lot of pain

F: i have meaningful tattoo, same for me, yeah usually, they have some sort of meaning,some more than others but another right of passage thing, he is the same way, we didnt get tattooed over night, we like to took our time, luckly we know good artist, over the years ,whose came from our scene. It never has been like a big rush to like nowadays kids just get like necks and all bodies tattooed in like a week. We never did that, i mean i still have my back empty, my all back is almost completly empty, i still have many part of my body that are not tattooed.

« Mon dos est toujours presque complètement vide. J’ai toujours pas mal de parties de mon corps qui ne sont pas tatouées. »

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Que pensez-vous du fait que beaucoup de gens se font plus tatouer les parties visibles qu’avant ?

Freddy : Oui, c’est étrange. Je ne veux pas sortir de conneries ou sonner comme un vieux qui juge la jeunesse, mais avant il fallait les mériter. Chaque tatouage représentait une nouvelle étape de ta vie, c’était la principale motivation pour aller se faire encrer un nouveau motif.

Hoya : On les appelait les « Jobs stoppers » car c’est ce qu’ils étaient mais maintenant ce qui empêche de décrocher un job c’est les tatouages faciaux alors qu’avant ça pouvait être simplement un tatouage sur le coude ou un avant-bras tatoué. Généralement tu te faisais quelque chose sur le dos avant de continuer et puis ensuite tu te faisais autre chose mais toujours quelque chose qui ne se voyait pas. C’est un engagement. Je pense que les gens y plongent rapidement alors que dans cinq ans la mode elle, sera au laser. Ils voudront tous se faire enlever leurs tatouages. Le laser explose déjà. Si tu vas dans un salon de beauté, ils ont déjà pris le pas de s’équiper d’un laser pour retirer les tatouages sur le visage…

And these guys dont have any tattoos here …

F: yeah thats weird, i dont want to talk crap and i dont want to sound like an older guy who’s talking down to the youth but i use to earn them, as you did things in your life, as you accomplished different you things you would get more tattoos…

H: they use to be called « The jobs stoppers » because they became job stoppers now job stoperrs are face tattoos, then before it was just elbows or sleeve tattoos. So usually you would get something on your back and then ok something still not visual. Its a commitment, you know, i think people, they dive into quick and in five years from now, lasez removal will uprising a lot, they will use probably laser removal and its gonna be operating a lot, cause its already, if you go to a beauty salon they already have laser removal for face tattoos…

F : Je n’enlèverai pas un seul d’entre eux, même pas le plus horrible.

H: Ca fait partie de ta vie, que tu l’apprécies ou non. Je ne comprends pas, même le tatouage le plus idiot, quand tu te fais tatouer, tu sais avec qui tu es, où tu es et dans quel état d’esprit. Pourquoi cela changerait-il un jour ? Je ne comprends pas non plus pourquoi des gens se font tatouer parce qu’ils ont vu leur star préférée le faire. Si tu veux un tatouage, attends un an. Si dans un an, tu en as toujours envie, attends encore une autre année ! Ton corps n’ira nulle part. Si tu le souhaites vraiment, alors tu auras un tatouage un jour ou l’autre.

And you don’t want to remove any of them ?

F : Never, i will never remove any even the worst terrible.

H: its a part of your life, even if you like it or not.

You know so i dont understand, even the dummest tattoo. When you get a tattoo you know who you are with, where you are at, where you at mentality. Why would that change ever ? I don’t understand why people get some tattoos because they saw their favorite tv star get it. If you want a tattoo, wait a year. You still want it in a year, wait another year, your body aint gonna nowere. And if you really want it you’re gonna get it.

Quels sont les tatouages qui comptent le plus à vos yeux ?

F: La famille c’est ce qui compte le plus. J’ai les noms de mes fils sur les côtes et je dois me faire piquer celui de ma fille aussi. Je suis plutôt en retard là-dessus mais les tattoos qui représentent ma famille sont toujours les plus importants.

H: Oui, ceux sur la famille sont toujours au sommet, d’autres ont été encrés dans différents pays. On s’est fait piquer au Japon lors de notre première tournée là-bas. Certains signifient qu’on est membres et liés et comme pour cette expérience au Japon. Nous voulions un tatouage dans la lignée de l’art traditionnel Japonais.

F: On s’est également fait quelque chose en Nouvelle Zélande. On en a quelques-uns qui ont vraiment marqué des moments de notre vie.

Do you have any favorite or most important tattoo ?

F: yes family tattoos, family for me its always the most important for me, i have my sons name on my side, and i’m suppose to get my daughter too, i’m actually pretty late on that, i’m suppose to get my daughter on this side, family ones are always the most important ones

H : yeah family ones are always the top, some of them we have got from different countries, we got stuff in japan from our first tour

F : Hoya and i got this from Japan, maybe our first time in japan, Hoya and i got these

H: so some of them means we were member, and we went to japan so we wanted some japanese traditionnal tattoos,

F: we got something in new zealand together so i got this on my thigh and he got it on his thigh too, we do have some which mark a time in your life.

Quels styles de tatouages avez-vous ?

F : On a plusieurs styles différents sur nous, du black and grey et beaucoup de motifs religieux à cause de notre culture et de notre éducation. Nous sommes catholiques donc cette imagerie a toujours été cool pour nous.

What kind of tattoo style do you have on you ?

F: we have different style, black and grey, we ‘ve got a lot of religious art, cause of the culture we grew up with, we are catholic, so that imagerie always was cool to us.

Freddy, tu as également été tatoué par Juan Puente. Qui d’autres t’a encré ?

F : Juan Puente mais aussi Chris Garver (Love Hate NYHC, NY), Mike Ledger (artiste légendaire qui travaille actuellement à Honolulu)… mais c’est Chris Garver qui a tout commencé. Il a emménagé à New York, il venait de Pittsburg et il a grandi avec Will Shepler, batteur et l’un des membres d’origine (de Madball, ndlr mais qui a aussi joué dans Agnostic Front). Dès le départ, nous étions en relation et amis. Il nous tatouait avant même de travailler avec Jonathan Shaw à Manhattan (auteur et tattoo artiste, décrit par Rolling Stone comme le « nouveau Bukowski ». En 1987 Johnathan Shaw ouvre Fun City dans le Bowery, un shop qui a pignon sur rue, alors que le tatouage était illégal à l’époque à New York*. Le Lower East Side était un quartier sans lois et même si Shaw tatouait les petites frappes et toxicos du quartier, il gardait tout de même une arme sous sa chaise).

J’ai fait ma tête de Jésus avec Chris Garver à Brooklyn dans son appartement alors qu’il tatouait dans la boutique de Jonathan Shaw. On s’est fait tous tatouer par Garver et Ledger et ces mecs-là sont des légendes dans le milieu maintenant. Même pour nous ! Pourtant on a grandi dans la scène à leurs côtés, comme n’importe qui.

You Freddy also have been tattooed by Juan Puente ?

F: Juan Puente , Chris Garver, Mike Ledger, Chris Garver started out, Chris Garver moved to New York from Pittsburg, and he grew up with Will Chepler original member and drummer so we had a friendship a connection with him even before he was working with Jonathan Shaw in the city, we were getting tattooed from him, i ‘ve got my jesus head from Chris Garver in brooklyn, in his appartment, when he was actually in Jonathan shaw shop which was illegal, we get stuff from garver and ledger, and those guys are legend in the game now, even to us, and we grew up in the scene with them, just like anyone.

HOYA ROC ¢IMMORTALIZR

Vous vous êtes rencontrés aux premières heures de Madball, les scènes hardcore et tattoo étaient-elles liées ?

F: On les a rencontrés au tout début de leur carrière, nous commencions à peine Madball et c’est assez marrant de se rendre compte que tout le monde vient du même cercle.

H: Tous ces gars-là, en tant que tatoueurs ont aussi rencontré Tin-Tin il y a longtemps. Une légende, notre gang est un cercle, c’est aussi le même monde d’ « outcast » ( laissés pour compte, ndlr). Ça reste en toi.

F : Ces deux cultures : la culture tattoo et le hardcore, sont étroitement liées grâce à toutes ces personnes et Tin-Tin. C’est un lien mondial international/mondial

You met them early on ?

F: early on yes, early early on in their carrier, we were early on doing Madball, that kind of funny its all the same circle.

H: and all these guys when they were tattoo artist out here they would connect with Tin-Tin, a legend, our gang is a circle, the same world of you know outcast ! The stuck with us.

F : those two culture, art culture, tattoo culture and hardcore, its very tight in, with all these guys you mentioned, Tin-Tin, its global connected.

*En 1961 la ville de New York prend des mesures, à la base temporaires, d’interdiction du tatouage alors en pleine expansion, la big apple étant alors pourtant le berceau de la naissance du tatouage moderne. Charlie Wagner y ayant installé son salon et la machine électrique de Samuel O’Reilly battant son plein. A l’époque aucune raison officielle n’est donnée. Certains parlent de prolifération d’Hépatites B comme d’une liaison amoureuse devenue une Vendetta personnelle – les légendes sont nombreuses. Travaillant alors de façon « privée », les tatoueurs enfreignent cette loi et tatouent jusqu’à tard dans la nuit, des clients triés sur le volet. L’interdiction fût seulement levée en 1997, 36 ans après.


http://madballhc.com

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