Lorna Sharp, coiffeuse vintage

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Modèle pour l’agence Wanted et coiffeuse retro, Lorna est une jeune pin-up de 23 ans au regard d’un bleu lumineux. Passionnée d’art surréaliste, de musique « new wave » et d’un certain mysticisme, elle a choisi le tatouage pour exprimer ses émotions les plus intimes.

  Son envie de sculpter le cheveu est d’autant plus forte que, déterminée, Lorna s’exerce d’abord dans des salons traditionnels avant de s’orienter vers la coiffure alternative. C’est une expérience réussie au sein de la Bubble Factory, salon « rock’n roll » parisien, qui lui donne envie de se lancer en free lance. Depuis, elle offre ses services à domicile, sur les shootings ou en convention de tatouage. Son style vintage et sa peau encrée l’amènent également à poser comme modèle alternatif avec l’agence : « Wanted ». Une personnalité singulière, donc.

En vraie mordue de tatouage, Lorna suit de très près le travail de Tiny Miss Becca une tatoueuse anglaise dont elle aime le style néo traditionnel, même si elle reste fidèle au style black torturé de Kurv – Maison des Tanneurs – ou du shop AKA à Berlin. Ce qui lui plaît chez la tatoueuse anglaise, est son bestiaire riche en animaux – « je suis une vraie animalerie ambulante » avoue Lorna – et les couleurs douces qu’elle utilise.   Dans la vie comme dans la coiffure rétro, elle s’inspire de fortes personnalités. La comédienne américaine Hedy Lamarr, productrice, actrice américaine (1914) dont l’aura sophistiquée et les mini-vagues dans les cheveux, ont fait rêver Lorna. A l’instar, la voix d’un dénommé Ian Curtis, leader de Joy Division, la plongera dans une New Wave qui guidera aussi ses choix tattoo. Si tous les motifs qu’elle se fait encrer quelque soit la taille, font l’objet d’une vraie motivation lorsqu’il s’agit d’évoquer leur signification, Lorna semble dans la retenue.   Ses choix de motifs sont fait de sorte qu’elle est la seule à les comprendre. Seul l’arbre, qui orne son bras, fera l’objet d’une explication plus approfondie. A 18 ans, elle saute le pas et rend hommage à son père disparu depuis peu. Elle se fait encrer un arbre majestueux de couleur noire. La cime démarre à l’épaule et les fines branches parcourent son bras. Seule une petite feuille tombe. Quant aux larges racines, elles semblent évoquer les bras rassurant d’une figure paternelle protectrice. L’encrage de cet arbre s’est fait en plusieurs étapes : « en commençant curieusement par la cime » confie Lorna.   Depuis qu’elle est freelance, Lorna murit des projets tattoos plus visibles. Elle tente même la couleur, dont elle n’appréciait pas forcément l’aplat coloré auparavant. C’est un renard très graphique, dans des tons rouges orangés flamboyants qui parcourt sa cuisse. Réalisé par la tatoueuse Steph. Hanlon. « Ce que je n’aurais pas pu faire, il y a quelques années quand j’étais encore dans le « mal » ! » confie en riant cette aficionados de total look noir. Plus bas et plus en détail on distingue sur son corps de petits motifs éparpillés un peu partout dont le « chœur » qui orne son cou et qui fait référence aux chœurs de choral. « L’emplacement du cou s’imposait, je ne voulais pas le faire sur le bras ou la main… j’avais vraiment envie que ça vienne de la gorge, profondément » 2013050916.18.35   Son attirance singulière pour les planètes l’emmène également à arborer certains de ces symboles sur les doigts. Elle a le signe de pluton sur l’annulaire « j’avais vraiment envie d’avoir cette référence plutôt qu’une bague » et ajoute : « pour moi, c’est une planète mais pas pour les autres. Moi, je ne la considère pas juste comme un gros caillou, et c’est le fait encore une fois d’exprimer quelque chose que les autres ne vont pas voir de la même façon » s’amuse Lorna. Une façon d’exprimer ce qu’elle rejette de notre société. Aussi, l’emplacement des doigts est soigneusement choisi, afin d’en assumer totalement la visibilité. Mais l’habit ne fait pas le moine, ainsi cette pin up moderne se projette plus dans un tatouage graphique que old school. Le style croquis et noir, reste d’ailleurs sa préférence. Si elle aime se voir encrer, son approche reste dans la mesure et non la démesure. Pas de back piece pour la dame, qui préfère laisser respirer ses pièces avec un peu de peau vierge et ainsi laisser à chacune tout l’attention qu’il lui faut.

Par Alexandra Bay & Tiphaine Deraison

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