L’âme d’enfant de Laurian Roo

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Texte : Stefayako / Photographies : Slaine Grew

Passionné de dessins animés, Laurian Roo a su garder son âme d’enfant et la mettre au service de son métier. Il fête cette année ses 20 ans de carrière de tatoueur, tout en jonglant avec son autre métier de dessinateur BD. Rencontre avec ce créatif méditerranéen spécialisé dans le cartoon.

Quel est ton parcours ? Comment es-tu devenu tatoueur ?

J’ai commencé le tatouage il y a 20 ans, à l’époque où c’était un peu difficile. Les règles n’étaient pas les mêmes que maintenant. C’était très compliqué de trouver un apprentissage. J’ai mal appris avec des personnes qui avaient une vision plutôt pécuniaire et mercantile du tatouage, alors que j’en avais une vision artistique. Ma famille m’a beaucoup soutenu dans ma démarche. J’ai pu avoir de la « peau fraîche » en tatouant mon père. C’est lui qui s’est sacrifié le premier, et je vais continuer son tatouage cette année pour montrer l’évolution de mon travail en 20 ans.

Je me suis rapidement retrouvé seul car le milieu était très fermé et c’était difficile de trouver du matériel. J’ai rapidement été autonome et j’ai monté mon studio au Cap d’Agde que j’ai tenu pendant 18 ans et que j’ai fermé cette année. C’était un street shop, le type de shop dans lequel on propose des petites pièces, de choses à la mode. On a fait plus de dauphins qu’il y en a dans la mer, on en faisait parfois 10 ou 15 par jour !

J’ai continué en parallèle ma carrière de dessinateur et d’illustrateur. J’ai monté un studio de communication car j’aime bien faire plein de choses en même temps.

J’aime beaucoup ce qui est enfantin et j’ai réussi à rassembler tout mon travail autour du design, du cartoon et de l’enfance. S’amuser en fédérant des gens autour de moi.

J’ai quitté la boutique qui m’a vu naître et maintenant je travaille en shop privé pour faire uniquement du sur-mesure. Je peux faire venir les gens au gîte du tatouage, ils dorment à la maison maintenant !

Quel est ce concept de gîte du tatouage ?

Je suis peut-être le premier à le faire. Cela fait 10 ans que je réfléchissais à faire ce projet. On avait eu la chance d’être au Cap d’Agde et comme c’est une station balnéaire, on a tatoué beaucoup de Belges, de Suisses et d’Allemands et des personnes de toute la France. Ma notoriété, aussi petite soit-elle, a éclaboussé dans toute une partie de l’Europe et les gens venaient de plus en plus loin mais nous questionnaient sur le logement. J’en ai parlé à ma compagne, qui est aussi tatoueuse en maquillage permanent et reconstitution mammaire. On s’est dit qu’on allait faire un lieu où les gens dorment et se sentent comme dans une bulle. Ils sont immergés dans notre univers. On a créé cela depuis un an et demi avec mon équipe. On est victimes de notre succès. Les gens sont très enthousiastes et tout roule pour nous.

On a fait plus de dauphins qu’il y en a dans la mer, on en faisait parfois 10 ou 15 par jour !

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Tu as un style très inspiré des mangas des années 90, est-ce une question de génération ? Tu as beaucoup regardé Goldorak et gardé une âme d’enfant ?

Dorothée nous a tous tués ! On est issus de ça et si on a aimé, on ne peut pas s’en extraire, on est tous dans le côté nostalgie. Moi ça fait longtemps que je fais cela et ce n’est pas pour être à la mode. On est peu de tatoueurs en France à en faire. C’est un pari de pouvoir gagner sa vie et travailler sur ce sujet. Je suis totalement nostalgique. Nos clients sont fous de ces dessins animés. Les porter sur son corps c’est revendiquer notre génération.

Quels sont tes projets ?

Des milliers !

Je travaille aussi pour des ONG comme Projet Rescue Océan. C’est de l’éducation des enfants sur des causes de citoyenneté. On intervient dans les écoles avec des supports pédagogiques que je crée pour eux gratuitement. L’engagement est en train de se développer. On a 25 parrains dans le monde entier qui nous soutiennent et des stars comme Jean Dujardin et Guillaume Canet. Cela me tient à cœur et va sûrement occuper une bonne partie de mon temps.

Et faire de la BD pour ces associations ou pour des projets personnels.

Et enfin affirmer et confirmer mon style pour montrer au plus grand nombre mon amour du cartoon, du dessin animé et toujours pivoter entre la BD, l’illustration et l’animation.


Laurian Roo

Golem Tattoo au Cap d’Agde

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