Laura Jane GraceA�: transgenre et tatouA�e

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Si les changements ont percutA� de plein fouet le groupe Against MeA�! Ils ont aussi prouvA� la soliditA� de cette formation A� l’A?me rebelle. Originaire de Floride, Laura Jane Grace, ex-leader maculin du groupe, a eut le cran en 2012 de mettre A� jour, (Rolling Stone, 2012, ndlr), sa personnalitA� transgenre. Le nom du dernier et sixiA?me album en est plus qu’inspirA�A�: A�A�Transgender Dysphoria BluesA�A�. Pour elle, musique comme tatouages sont donc un moyen d’exprimer sa propre expA�rience A� acquA�rir cette nouvelle identitA� fA�minine. Le groupe est de retour dimanche A� la Maroquinerie A� Paris.

Sur scA?ne, le set du groupe est toujours aussi A�nergique et l’arrivA�e du bassiste Inge Johansson (ex- The International Noise Conspiracy) et du batteur Atom Willard (Rocket From The Crypt, The Offspring, Angels and Airwaves, Social Distortion) ne font que renforcer cette idA�e. Pourtant, lorsque le rideau tombe, en face A� faceA�; Laura Jane Grace, se montre pudique. Mais on remarque que ses bras ou son cou, sont plus bavards.

A�A� »If I could have chosen, I would have been born a woman », cette phrase, comme une bouteille A� la mer (A�A�The Ocean, ndlr), prend d’autant plus son sens alors que Laura surmonte le plus difficile selon elleA�: A�A�s’accepter soi-mA?meA�. L’encre de ses tatouages et les nombreux dA�gradA�s de noir et gris qui ornent sa peau semblent eux aussi exorciser ce que les mots ont encore du mal A� expliquer.

Laura, dont le nom aurait A�tA� le sien, (A�A�The OceanA�A�, ndlr), si elle A�tait nA�e femme, exhibe des tatouages dont le noir, reprA�sente singuliA?rement, sa propre vision de la joie de vivre.A�Son amour pour cette couleur se rA�vA?le dans son cou, oA? l’on dA�crypte une appA�tence pour un grain fin et raffinA�. Sur cette nuque se dA�ploie un oiseau noir comme vu dans un miroir. Une piA?ce importante et plutA?t rA�cente, rA�alisA�e par Gakkin (freehand tattoo artist, Kyoto), maA�tre tatoueur japonais. Laura s’intA�resse tout particuliA?rement A� son art du noir et gris, modernisA�A�:A�A�A�il m’a fait cette piA?ce mais bientA?t je vais me faire encrer le dos par cet artiste. DA?s que j’aurai un peu de temps. On est en tournA�e en ce moment, donc c’est un peu compliquA�.A�A�

Des projets plein la tA?te et des oiseaux noirs plein les bras, Laura s’avoue une sorte d’obsession pour cet animal qui apparaA�t sur elle comme une image sortie d’un film d’Hitchcock.

Son dernier bijou, sur son poignet, pourtant tranche avec ses habitudes. A�A�J’ai fait inscrire sur mon bras le numA�ro de sA�rie de ma guitare,A� Berlin, il y a quelques semaines. Tout simplement parce que j’aime ma guitare par dessus toutA�! D’ailleurs j’ai aussi fait encrer le numA�ro de sA�rie de la premiA?re (rires). Mais on peut tout de mA?me remarquer que c’est la premiA?re guitare acoustique A�A�dA�centeA�A� que j’ai! Juste avant ce tatouage, j’ai fait ce squelette avec les petits oiseauxA�, explique Laura avant de nous montrer son avant-bras gauche et son A�paule oA? trA?ne le nom de sa petite fille de quatre ansA�: Evelyn A� qui elle a aussi dA�diA� la chansonA�: A�A�Two coffinsA�A�.

A�A�Quand j’A�tais jeune, j’ai toujours su que je voulais me faire tatouer. Mais quand tu commences, tu ne peux plus t’arrA?terA�! Je pense que cela A� a voir avec le fait d’A?tre un peu rebelle, mais j’aime surtout voyager et avoir des tatouages pour me souvenir des endroits que j’ai traversA�s. Avoir un tatouage A� Saint-Louis, au Japon ou A� New-York, c’est comme un mA�mento de ces endroitsA�A� raconte Laura Jane Grace.

Anti-conformiste, la musique comme le tatouage marque une rA�bellion qui coule depuis l’adolescence dans ses veines. Un lien intense qui l’a toujours influencA�e. A�A� J’ai toujours A�tA� fan des groupes qui ont vraiment un visuel fort comme le groupe Crass. C’est tellement cohA�rent et simple mais efficace, car dA?s que tu vois leur pochette tu reconnais le groupeA�, explique-t-elle avec passion. Sans cesse A� griffonner dans son journal, Laura approche image et musique comme un toutA�: cathartique.

DA�s le premiA?re A�coute, A�A�Transgender Dysphoria BluesA�A� s’annonce comme un de leurs meilleurs albums. Ce superbe quatorze titres a pourtant mystA�rieusement mis trois ans A� voir le jour. Et pour causeA�: un changement de line up et la difficultA� A� se dA�couvrir transgenre par le chanteur Tom Gabel, ont construit ce disque. Qu’on se rassure : si les paroles sont rageuses, les riffs eux sont tout aussi bruts de dA�coffrage qu’aux dA�buts du groupe. Si les textes ont toujours A�tA� dA�terminants dans le punk rock d’ Against MeA�! On remarque que dA�jA� dans A�A�Walking is still honest A� ou A�A�The OceanA�A�, concluant l’album New Wave en 2007, on peut dA�celer les indices d’un mal-A?tre mA�connu. De 2011 A� 2014, il s’en est passA� des choses, donc. Ajoutez A� cela la nouvelle formation du groupe et l’on obtient au finalA�: un retour aux sources fabuleux. Pour preuveA�: la folie que dA�gagea la foule parisienne A� chanter, gorge dA�ployA�e, sur le titre A�A�The OceanA�A�. Un titre des plus intimes jamais A�crit par Laura.

Si son regard reste timide, ses yeux entourA�s de khA?l et sa peau encrA�e semblent sur scA?ne A?tre parfaitement appropriA�s pour dA�ployer un hymne commeA�: A�A�Unconditionnal LoveA�A�. Sa chanson prA�fA�rA�e fut l’une des plus difficiles A� boucler pour cet album. A�Cette chanson parle d’amour dans un sens particulier. Quand les gens t’acceptentA�: tu te sens aimA�. Mais, quand tu es en accord avec toi-mA?me, tu n’accordes plus vraiment d’importance A� ton entourage. Car s’accepter soi-mA?me est le plus bel amour. Et la chose la plus importante…au fondA�A�.


 

AGAINST ME, La flA?che d’Or // Billets en ligne ICI

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