La BrA�lerie : A� On est pas que artiste mais surtout artisan A�

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Issus de la HK familyA�: Benjo San et Virginie .B se sont mis A� tatouer sur le tard. Un mal pour un bien puisque le duo ouvre assez facilement la BrA�lerie, son salon A� Nanterre. On y retrouve deux univers bien marquA�s mais loin d’A?tre incompatibles. Ouverte depuis janvier la BrA�lerie prA�sente la poA�tique de l’A�trange de Virginie et le styleA�nA�o-trad’ de Benjo. PassA�e la porteA�; entre les couleurs chatoyantes des illustrations de Virginie et les flashs de Benjo, on dA�couvre un salon surprenant oA? on se plairait A� boire le thA� et discuter toute la journA�e…Et c’est bien ce que l’on a faitA�!

Nanterre-ville, peu connue pour ses shops tattoo est pourtant dA�sormais pourvue de son salon de tatouage, inaugurA� le 17 janvier dernier. Il ne s’appelle ni A�A�JC tattooA�A� ni A�A�tribal king tattooA�A� mais bienA�: A�A�La BrA�lerieA�A�. A ne pas confondre avec cette vieille enseigne de boutique qui porte le mA?me nom, non loin de leur QG. A�A�On voulait reprendre cette boutique qui s’appelle – la brA�lerie- mais il est prA�vu qu’elle soit dA�molie. Du coup on a juste gardA� le nom que l’on trouvait amusant pour un shop tattooA�!A�A� raconte Virginie. Cet espace, A�A�un ancien cabinet de kinA�A�A�, est parfaitement adaptA� A� la profession et ses contraintes hygiA�niques . Lorsqu’on rentre, on est frappA� par l’espace et parA�la vue directe sur la salle de tattoo de BenjoA�: A�A�deux fois plus grande qu’avantA�A�.

Plus on avance au cA�ur de la BrA�lerie et plus le salon apparaA�t comme un petit musA�e d’art moderne. Des affiches, des objets colorA�s, des tA?tes de morts et bijoux de Virginie .B sont derriA?re les vitrines tandis que sur le mur se mA�langent sketchs et illustrations des artistes. Un espace qui attire l’oeil et questionne nos connaissances graphiques de tout poil.

A�Amandine Adrien

A�Amandine Adrien

A l’A�tage, comics, livres graphiques ou BD se cA?toient dans un amA�nagement liant efforts et rA�confortsA�: salle de tattoo de Virginie A� gauche et canapA�, bibliothA?que et une table A� dessin complA?te l’espace, potentiellement occupA� avec le temps, de guests. Le tout est joliment dA�corA� de vierges roses bonbon et de LEGO Simpson. DA�tail luxeA�? Un vA�lux laissant entrer une lumiA?re du jour essentielle pour tout bon tattooA�! La visite des lieux terminA�e, Virginie reprend sa sA�ance avec Karine, qui ce mardi-lA�, finit une Santa muerte A�A�faA�on VirginieA�A�.

Benjo, en bas, s’attA?le A� colorer le dos d’un client, pour sa sixiA?me session. Un snake s’enroulant sur des roses aux teintes olive se dessine. Tablier blanc nouA�, il prA�pare le thA� tandis que Virginie m’avoue qu’elle n’aime pas parler en tatouant. La tatoueuse aime se concentrer pleinement sur son sujet et pour le coup, c’est par la couleur, sa spA�cialitA�, qu’elle attaque la journA�e. Une A�tape minutieuse que la jeune femme manie avec la rigueur d’un pinceau.

CrA�er un lieu diffA�rent

A�A�AprA?s 11 ans chez Dimitri, mA?me si c’est une histoire d’amitiA�, tu as envie de voir d’autres choses et de prendre tes propres dA�cisionsA�A�, explique Benjo. Couper A�A�le cordonA�A� fut peut-A?tre plus difficile pour celui qui officia en tant que disquaire chez Dimitri puis manager - A�A� rouquin de l’accueilA�A�. EmmenA� par Virginie, tatouant alors chez Dimitri depuis un an et demi, l’un et l’autre se sont soutenus dans ce projet d’autonomie complA?te.

Un salon A� leur image, voilA� la motivation du duo A�: A�A�artistiquement on est peut-A?tre diffA�rents mais humainement, on est plus proches que ce que l’on peut montrer dans nos boulots respectifs. On se demande plein de conseils par exemple.A�A� confie Benjo qui reconnaA�t que leur association de styles peut surprendreA�: A�A�souvent, avoir un univers similaire, c’est ce qui rapproche dans un studio. Nous on est vraiment diffA�rents et pour le coup on risque pas de se concurrencer A�.

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Tracer sa propre route n’a donc pas fait peur A� la jeune femme qui aime faireA�: A�A�comme A�a vientA�A� mais aussi le challenge, puisqu’elle tattoo depuis un peu plus d’un an et que Nanterre n’avait aucun autre salon avant leur arrivA�e. A�A� On a un local hyper chouette et on se retrouve complA?tement indA�pendants autant dans l’accueil des clients que dans l’esprit que l’on souhaite donner au salon A�, explique -t-elle, confiante. Et il n’ y a qu’A� ouvrir les yeux pour A?tre happA� par tout le fantasque de l’univers de Virginie et le trait souple et dA�licat de Benjo.

« On a aussi envie que nos clients, lorsqu’ils reviennent soient surpris A� chaque foisA�! »

A�A�On ne voulait pas de tout venant, et d’ailleurs, on ne nous trouve pas par hasard. Au contraire, il faut vouloir venir et s’intA�resser A� ce que l’on fait pour trouver le salonA�A�, prA�cise Virginie. Leur clientA?le est loyale et les encourage dans l’effort: A�A�c’est gratifiant et c’est aussi ce qu’apporte ce rapport d’A�change et de sincA�ritA� avec la clientA?le. Il provoque ce genre de rA�actions ultra positivesA�A�, confirme Benjo.

Si monter ce salon fut d’une A�A�facilitA� incroyableA�A� confirme Benjo, un autre pari tacite se dessine dans l’avenir pour la brA�lerie. Une tattoo-galerie, des guestsA�? A�A� Ca fait voir des chosesA�!A�A�, lance Virginie. A�A�A Marseille, j’ai A�tA� A� Sailin’ On, chez Claire oA? elle organise rA�guliA?rement des expos, et c’est incroyableA�! Cela permet aussi des rencontres. On se dit qu’on a pas qu’un studio A� l’ancienne avec ses propres flashsA�A�, reprend Benjo. Faire connaitre des artistes est aussi un leitmotiv : A�A�mA?me si c’est pas des tatoueurs, faire connaA�tre A� notre niveau, des illustrateurs, c’est enrichissant […] A� enchaA�ne Virginie. Seul BA�mol, le tempsA�: A�A�on n’a pas envie d’enchainer les expositions. On veut prendre le temps suivant nos enviesA�A�.

Dans la famille HK je voudrais…

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A�Amandine Adrien

La HK family, Benjo la connait bien puisqu’il l’intA�gre, sans dermographe, lorsqu’il suit Happy Kolo avec ses bacs de disques punk-hardcore il y a 11 ans. S’ensuit l’aventure Omeko (tattoo magazine en ligne) crA�A� avec Dago (- Nuevo Mundo-)A�: A�A�moi, je ne dessinais pas du tout A� l’A�poque, puis il y a eu l’aventure Omeko qui m’a beaucoup ouvert les yeux. LA� je me suis dit que c’A�tait peut A?tre ma voie, le tattooA�A�. Un dA�clic qui le fait se dA�sociabiliser du monde musicalA�: A�A� comme j’organisais des concerts avec une asso A� Mantes la jolie, j’ai un peu mis le A�A�holaA�A�.

A�A�Etre formA� chez Dimitri, c’est A?tre A� bonne A�coleA�A�

A 29 ans, ni une ni deux, il s’inscrit dans un atelier de dessin A� Paris et esquisse du modA?le vivant pour se remettre A� niveau toutes les semaines. Un an aprA?s, le bossA�: Dimitri accepte de le former. Puis une autre annA�e passe avant que Benjo encre son premier tattooA�: A�A�le 1er avril 2009A�A�. A�A�Etre formA� chez Dimitri, c’est A?tre A� bonne A�coleA�A�, ajoute-il,A�A�A� A� l’A�poque il y avait Steph D., un trA?s bon technicien, hyper pA�dagogue en plus. Tous les deux m’ont beaucoup apportA�. Dimitri fut aussi trA?s patient car mes dA�buts A�taient super laborieuxA�! J’ai appris en deux ans d’apprentissage. C’est un peu long, je continuais d’A?tre manager du shop le jour tout en scratchant mes potes le soirA�!A�A�, raconte le tatoueur, bA�ret vissA� sur le crA?ne.

A�Karine Lopez

A�Karine Lopez

Si pour Benjo la passion du crayon est venu sur le tard, Virginie, A�galement baignA�e dans le punk rock savait A� 17 ans que le tatouage l’attirait. Elle lie trA?s tA?t illustration underground en parallA?le de ses A�tudes et se crA�e un univers bien particulier, bercA� par le dessin animA� et les Disney. A� Tu te forges une imagerie que tu dA�truis aprA?s, en grandissant. Mon style est A� la limite entre quelque chose de lA�ger et de rigolard ou grave.A�A� En tA�moignent ses reprA�sentations de femme toujours un brin A�corchA�es aux couleurs vives, dissimulant ce lA�ger penchant A�trange…

Perfectionner son trait

Mais avant de se mettre au dermographe, Virginie veut A�A� savoir faire de bons dessinsA�A�. Perfectionner son trait est toujours une sorte de philosophie pour celle qui au sortir de l’A�cole de CondA�, se lance dans un monde du travail rempli d’ordinateurs…A�A�J’A�tais pas passionnA�e par le graphisme et le travail A� l’ordinateur. J’avais besoin d’un lien immA�diat. Un tatouage c’est un travail en A�quipe, c’est concret et plus rapide. On sait de suite si l’on rA�pond A� la demande ou non. C’est d’ailleurs assez stressantA�A�, confie-t-elle. C’est justement en rencontrant Karine, qui l’encourage A� se lancer dans le tatouage lors de ses expositions qu’elle prendra le dermographe.

A�A�je reste sur une ligne qui me ressembleA�A�

AprA?s s’A?tre fait la main sur des petites piA?ces chez Dimitri HK, elle commence A� proposer ses dessins quand elle sent la maA�trise de la machine venir. Virginie, perfectionniste prend le temps de crA�er son universA�: A�A�je reste sur une ligne qui me ressembleA�A�. Ce qui explique peut-A?tre encore aujourd’hui son travail de prA�paration assidu qu’elle dA�cortique en trois A�tapes chiadA�esA�: un croquis avec emplacement, un tracA� sur papier et une mise en couleurs A� l’ordinateur et lorsqu’elle a le temps, au pinceau…

Son expA�rience accA�lA�rA�e, Virginie la doit au melting pot qui rA?gne chez Dimitri HK. L’observation, ce maA�tre-mot lui permet d’apprendre vite et bienA�: A�A� on est portA� par de bons tatoueurs qui font des grosses piA?ces au quotidien et utilisent des palettes de couleurs riches et diversifiA�esA�!A�Avec le temps tu reproduis et trouve ta faA�on de faireA�A�, dA�crypte la tatoueuse.

Si elle a des atomes crochus avec Dimitri elle s’est aussi dirigA�e vers son shop pour travailler aux cA?tA�s de talents commeA�: Noka. A�A�Au shop, on peut demander l’avis de chacun et avoir des rA�ponses diffA�rentes. Il n’y a pas de rA?gles mais c’est ainsi que tu trouves ta mA�thode personnelle. Et cA?tA� technique cela peut aller trA?s vite. MA?me si tu as beaucoup de remises en question essentielles au dA�but car c’est important de ne pas attendre des autres qu’ils te disent quoi faire A� commente-elle.

A�Karine Lopez

A�Karine Lopez

Du Low Brow au fanzine Kronik

Travailler entourA�e de tatoueurs de qualitA� est rassurant, mais pour autant l’expA�rience parleA�: A�A�quand tu commences un tattoo il ne faut pas trop se poser de questions et y aller. Il faut se dire qu’il n’y a pas de grosses erreurs tant que tu restes dans tes capacitA�s. J’aime faire des essais et questionner le support de la peau qui est tellement diffA�rent. D’ailleurs je dessine au pinceau et pas au crayon. J’apprA�cie d’autant plus ces diffA�rences de mA�dium. Ca n’aura pas le mA?me effet et ce n’est pas le but.A�A� explique l’illustratrice a�� tatoueuse qui se penche parfois sur le travail de tatoueurs d’Hambourg et Frankfort comme Tony Adler aka Jukan (Berlin), Jules Wenzel (Hambourg), Anki Michler (Hambourg) qu’elle suit via les rA�seaux sociaux. A�A�J’aime ce qu’ils font car c’est hyper illustratif et pour le coup, chez certains on ne pourrait pas distinguer la diffA�rence entre le papier et la peauA�A�.

Si les deux tatoueurs s’intA�ressent A� leurs pairs ils s’influencent plus d’illustrateurs, graffeurs et mA?me de photographie dans leur maniA?re de composer. Chez Virginie, Low Brow ou Pop Surrealism, courant artistique amA�ricain aura faA�onnA� une certaine approche de l’A�trange. Des artistes comme Gary Baseman, Dave Cooper, Camille Rose Garcia, Brandi Milne, ou encore Mark Ryden A�A�qui a un cA?tA� hyper rose bonbon et bizarre A� la foisA�A� ou Dane Cooper ont un double discours dans l’oeuvre que Virginie aime A� entretenir chez ses poupA�es colorA�es. A�A�A l’A�cole j’ai dA�couvert l’expression plastique du peintre abstrait Cy Twombly, au trait hyper violent. Ce sont des choses qui m’interrogent au quotidien et notamment dans l’utilisation de la couleurA�A�, confie-t-elle.

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Virginie explore les mA�diums avec des volumes, kustom de planches de skate, instruments de musique et travaille le tissu a�� et fabrique des poupA�es A� la fA�minitA� ultra revendiquA�e avec des A�A�nichons-bitesA�A� presque choquants pour certains. Modelage et assemblage n’ont pas suffit A� celle qui a repris les rA?nes du fanzine collectifA�: Kronik, depuis 2007.

CrA�A� avec AurA�lio, tatoueur de perpignan, Kronik dA�verse dans le comics underground cinglant depuis presque 8 ans avec une tripotA�e de dessinateurs lubriques. A�A�C’est un fanzine de crA�ation graphique au sens large avec photos, dA�tournements etc. A�ditA� A� 500 exemplaires deux fois par anA�A� raconte Virginie. Un mini livre qui se trouve en concert et chez certains disquaires. Avec les annA�es Kronik a dA�veloppA� son concept de collectif, A� la fois au festival d’AngoulA?me et en concert oA? ils prA�sentent parfois des fresques. Active et mA�lomane, Virginie a une culture punk rock bien trempA�e que l’on retrouve aussi dans ses choix de collaboration. Dernier en dateA�? A�A�Little GarA�onA�A�A�dont l’univers rock et poA�tique rejoint l’onirisme de son travail sur les peauxA�:A�A�A� c’est un cA?tA� qui n’est pas forcA�ment facile A� voir dA?s le premier coup d’oeil sur le dessin mais cela apporte quelque chose au tattooA�A� confirme-t-elle.

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A�A�La couleur c’est ce qui m’intA�resse le plusA�A�

A�A�La couleur c’est ce qui m’intA�resse le plusA�A�, confie la jeune femme avant d’attaquer un rose fuschia avec 11 aiguilles A� l’avant-bras de Karine. A�A�Le travail de la couleur est plus long bizarrementA�A� avoue-t-elle. Sous le grA�sillement de la machine, Virginie salit les jaunes, les blancs et se crA�e une palette de multiples couleurs auprA?s d’elle. Car Virginie ne conA�oit pas ses tattoos en noir et grisA�:A�A�A� pour moi, c’est comme s’ils ne sont pas terminA�sA�!A�A�.

A�A�La couleur c’est sans fin, c’est un terrain de jeu illimitA�A�A�

Allier recherches techniques et nuances, c’est son dada au point qu’elle s’est montA�e une palette trA?s A�tendue. A�A�J’essaie de garder une gamme de A? couleurs par tattoo. Autant je peux faire des arrangements sur pas mal de choses, mais la couleur, c’est un domaine que j’aime contrA?ler et qu’on m’y laisse carte blancheA�A�, assure-t-elle. AttirA�e par le bleu ciel et le fuschia, elle aime les contrastes et les teintes trA?s vives mA?lA�es A� d’autres plus sourdes. Selon le sujet Virginie cherche les coloris qui s’y prA?tent ou s’amuse A� choisir aux antipodes de celui-ci. CrA�ant cette fameuse dose de mystA?re qui hante ses esquisses naA?ves. A�A�La couleur c’est sans fin, c’est un terrain de jeu illimitA�A�A�.

A�A�Je suis venu dans le tatouage par le tatouageA�A�

De l’autre cA?tA� du ring, on a Benjo, fort de ses 4 ans d’expA�rience, le tatoueur rA�vA?le un parcours bien singulier; A�A� je suis venu dans le tatouage par le tatouage. En gros, j’ai appris A� dessiner pendant que je tatouaisA� explique le tatoueur. Ayant appris par le dessin d’observation, il reste axA� sur cette technique. A�Mon style c’est un peu rA�aliste mais pas trop et A�a s’explique car j’observe. Si j’ai un personnage A� dessiner dans une certaine positionA�; je me mets devant mon ordinateur et je mets le mode webcam pour me prendre en photo dans telle ou telle position et redessiner le toutA�A�.

« Je passe des fois plus de temps de prA�paration que de tatouage […] »

Benjo sketch beaucoup et fait A�voluer les projets d’abord sur papier avant d’envisager le produit fini sur la peau. A�A�Je suis lent et je fais un million de croquisA�! », narre-t-il bouillonnant sur sa chaise, A�A�je passe des fois plus de temps de prA�paration que de tatouage. Sur la murA?ne qui est lA� a�� il dA�signe un cadre accrochA� au mur – j’ai passA� deux fois quatre heures A� tatouer pour quatre heures de prA�parationA�A�. Un travail qu’il veut aussi de partageA�: A�A� j’aime prA�parer des A�bauches avec le client, pour expliquer comment je vois les choses et mon angle de vue. A�, souligne-t-il. Souvent la premiA?re approche par internet permet aussi au tatoueur d’influencer en fonction de ses envies. Pour le tatoueurA�: plus on y croit et plus on y met du cA�ur et forcA�mentA�: meilleur sera le tattoo. A�A�Si le cahier des charges est compliquA�, on sait qu’on risque de ne pas mettre le tattoo dans son book et au final d’en A?tre un peu dA�A�uA�A�.

A�Vraiment, la machine moi j’aime A�aA�!A�A�

A�A�RA�aliste mais pas tropA�A�, Benjo, instinctif, aime surtout travailler le noir et gris et tend A� faire des gris assez doux mais de plus en plus contrastA�s ces derniers temps. Ses gris sont tramA�s et faits sur mesure en diluant un noir pur avec du sA�rum physiologique. Il utilise pour ce faire des machines dA�licates avec des ressorts arriA?res de 16. A�A�Que des machines A� bobineA�! Car j’aime vraiment A�aA�!A�A�, scande-t-il avant d’ajouter avec un certain enthousiasmeA�: A� d’ailleursA�curieusement ma machine prA�fA�rA�e n’est pas une machine spA�cialement homemadeA�: c’est ma toute premiA?re machine que j’ai choisie pour ses bobines au motif camouflageA�! C’est une traceuse, dont je n’ai jamais rA�ussi A� me servir comme telle, mais maintenant j’en ai fait une machine pour faire des ombrages trA?s doux….Vraiment, la machine, moi j’aime A�aA�!A�A�, appuie le tatoueur.

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Avec passion il raconte comment il a pu acquA�rir un certain savoir-faire auprA?s de fabricants comme Karl Marc lors d’Holiday Ink. A�A�Ce sA�minaire nous a permis de repartir avec une machine que l’on avait fabriquA�e nous-mA?mes avec ses conseilsA�A�, dA�crit Benjo qui en profite pour saluer le caractA?re hyper pA�dagogue du tatoueur.

« Tu gagnes beaucoup A� te fabriquer une machine »

Mais ce n’est pas en un sA�minaire qu’on construit une machine A� la perfectionA�! DA�jA� avant cela, il tente un challengeA�: monter une machine en kit. Benjo passe alors commande sur Work Horse IronsA�et reA�oit chaque partie de la machine…sans aucune notice explicative, ni autorisation de demander conseil en ligne. A�Tu te dA�merdesA�! Le kit avait un nom marrantA�: Build it Your Fucking Self Kit. Et voilA�, j’ai sorti le fer A� souderA�!A�A� s’amuse-t-il. A�A�Tu gagnes beaucoup A� te fabriquer une machine ».

A�Amandine Adrien

A�Amandine Adrien

Sa machine maintenant, il la connait de A A� Z. Une A�tape qui supprime une dose de stress lorsqu’un bruit de type inconnu arrive. A�A� Mieux connaA�tre son outil c’est rassurant et A�a c’est un truc d’artisan de maitriser son outil et de savoir le rA�parer sans intervention extA�rieure. Je me suis amusA� avec aussi, j’ai testA� des rA�glages complA?tement improbables. Et c’est en cela que l’on sent que l’on est pas que artiste mais surtout artisanA�A�, raconte-t-il.

Benjo monte une des machines de Virginie avec elle, une A�tape dA�cisive de tout apprentissage. A�A�Pour certains, plus tu passes de temps en technique et moins tu en as pour l’artistiqueA�A�. VoilA� pourquoi ils sont de plus en plus nombreux A� prA�fA�rer la rotative selon BenjoA�: A� […]A�Moi, j’aime bien les deux. C’est comme un mec qui va rouler sur un vieux Vespa et qui aime les sensations qu’il a avec et un autre qui prA�fA?re un booster chinois qu’il va emmener une fois par an au garage. C’est pas la mA?me approche de la route.A�A� compare-t-il.

Avec le temps, le tatoueur a accumulA� une dizaine de machines qui ont chacune leur spA�cificitA� propre. Pour chaque tatouage, il va utiliser au moins trois machines dont une traceuse mais peu d’aiguilles diffA�rentesA�: A�A� je fais tout A� la 7 que ce soit les petits traits ou gros traits, pour mes travaux – de gris, -A�j’aime travailler avec des faisceaux qui font 13 ou 15 ou parfois plus et pour la couleur j’aime bien travailler avec une machine qui tape bien fort de Safwan de MontrA�al (Imago Tattoo), tatoueur depuis 20 ans qui vient lui aussi du punk- rock (Banlieue Rouge, Akuma)A�A�. C’est ce dernier qui, lorsqu’il vient se faire encrer la main A� MontrA�al, lui transmet A�A�l’amour de la machineA�A�.

A�Amandine Adrien

gauche : Benjo tA?te de mort : Safwan Virginie .B : Topsi Turby

Bidouiller aiguilles et bobines ne dA�socialise pas pour autant Benjo et Virginie qui sont aussi adeptes de soirA�es rocambolesques. Virginie a dA�jA� encrA� lors de soirA�es DJ de Laurent Lefourb et Benjo a A�galement proposA� ses planches de flashs pour la soirA�e A.C.A.B (avec Thomas Fatalitas, Montreuil) en dA�cembre dernier. Son crA�neauA�? Les thA?mes saugrenus. A�A�L’A�tA� dernier j’ai fait un thA?me flashs sur les intermittentsA�[…]A�Et j’ai adorA� A�aA�! Je suis aussi passionnA� par Landru et j’ai fait un flash sur le jour de son exA�cution, c’est un thA?me que j’aimerai bien refaire. Mais c’est plus difficile A� placerA�A�.

S’il ne dessine pas old school, on retrouve dans les flashs de Benjo une composition trA?s A�A�bousilleA�A� et le cynisme qui va avec. La mort aussi fait partie de son univers :A�A�A�j’ai perdu mon pA?re quand j’ai commencA� A� tatouer, du coup le thA?me de la fA?te des morts A�a me fascine A�.

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Graphiquement, Benjo a un penchant pour le nA�o-trad oA? le figuratif s’incorpore aux compositions traditionnelles. Un mix qui reflA?te son goA�t pour des artistes classiques comme Rethel, graveur du XIXA?me, dont il a sketchA� une mort jouant du violon dans le salon de la BrA�lerie.

Des projets plein la tA?te, Virginie et Benjo dA�marrent le shop sur les chapeaux de roueA�: A�A�Benjo est dA�jA� bookA� pour longtemps, alors entre deux tattoos je m’occupe de l’accueil. Les gens sont intriguA�s et parfois passent sans connaA�tre, A�a permet de discuter avec ceux qui sont ouverts…A�A� confie Virginie, plaA�ant en off quelques anecdotesA�:A�A�A� une cliente est venue une fois pour un signe chinois. On a discutA� et aprA?s quelques minutes, je me suis rendu compte qu’elle A�coutait du mA�tal progressif et avait une petite fille autiste, rien A� voirA�!A�A�. Un travail d’A�ducation tattouesque, prA?t A� A?tre entamA�. A�A�Au final, d’un symbole chinois on passe A� une poupA�e vaudouA�!A�A�.

http://www.labrulerietattoo.com

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