Early tattooer : Marty Degenne

©Brian Ravaux

©Brian RavauxMarty Degenne tattoo depuis quatre ans à peine. Si peu de temps qui lui ont suffit pour se glisser sous l’aile de grands comme Mike Gantelme. Une opportunité dont il use avec la conscience du travail propre et de la rigueur. Son style néo-trad’ inspiré notamment par Emily Rose Murray, a été le premier a investir le spot skate & tattoo shop de Landscape Rockshop au 16 rue Keller. On s’en explique avec lui.

Salut Marty ! Dis-moi, tu es tout jeune, peux-tu me dire comment tu es arrivé dans le tattoo ?

Marty Degenne : J’ai en effet 23 ans et j’ai eu la chance d’apprendre avec d’excellents artistes tatoueurs comme Sailor Xa, Mike Gantelme (Momentum nldr) qui m’a montré de très bons tuyaux ainsi que Nick Bertioli. J’ai toujours eu un bon entourage pour débuter. J’ai conscience que je suis très chanceux à ce sujet. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu tatouer ! Il y a une photo de moi, alors que j’avais 8 ans où je dessinais. J’avais des tattoos autocollants partout! Plus tard, en classe je dessinais sur mes contrôles et sur mes bras et j’étais souvent « viré en colle », mais ça me permettait de dessiner et de vendre mes œuvres à la récréation (rires).

Quel est ton parcours professionnel dans la tattoo ?

M.D : J’ai débuté chez Magwa qui a un style noir et gris, très fantastique voire bande-dessinée, ensuite j’ai fini mon apprentissage avec Sailor Xa qui est un artiste tatoueur old school comme on n’en fait plus! J’aime toucher à tout mais le néo-trad est ce qui m’attire le plus naturellement. Cela se rapproche plus de mon style et de mes dessins. Le réalisme m’intéresse également, sur ce point j’envisage un petit stage chez Mike Gantelme pour qu’il me donne des petites leçons…s’il me supporte assez longtemps (rires).

Niveau technique tu mélanges néo-trad mais aussi coloris façon artwork. Comment peux-tu expliquer cela ?

M.D : J’adore l’aquarelle. J’aime cet effet de nuances que l’eau donne à la couleur et je trouve que le tattoo se rapproche de cet art. C’est aussi un moyen de montrer mon amour de la couleur. J’aime les mixer et les travailler dans tous leurs aspects dès que j’en ai l’occasion.

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Comment retranscrire ton artwork en tattoo, côté technique comment a-t-il fallu t’y prendre ?

J’essaie toujours de faire au plus ressemblant de ce que j’ai pu imaginer et créer sur papier. Les couleurs viennent ensuite au fur et à mesure que je tatoue.

D’hier à aujourd’hui, qui t’inspire le plus ?

Je dirais Sailor Xa, Magwa qui m’a permis de rentrer dans le milieu, Willem, Hugo et toute la clique de « Hand in glove », Romain, Nick Bertioli, Mike Gantelme, Émilie Rose Murray et j’en oublie.

Emily Rose Murray a créé un univers fantastique où les animaux sont personnifiés, tu excelles dans ce genre de sujets aussi, mais de manière plus brute : tu penses continuer dans cette voie ou vouloir évoluer vers des choses plus imaginaires ?

J’aime faire ce style néo-trad’, mais je me mets de plus en plus au réalisme noir et gris. Je n’arrive pas tant à définir vers quoi je tends, car dans l’art j’estime qu’y a pas de limite. C’est un style qui me convient. Peut-être arriverais-je aussi à retranscrire ma passion du réalisme dans mes tattoo néo-trad’.

Tu es sacrément recouvert déjà ! Tu nous parles de tes tattoos ?

Je me suis déjà fait encrer par Magwa, Sailor Xa, Rude, Hugo (Hand in glove, Paris), Fabrice, Mike et Romain sur le dos. Ensemble, on fonctionne en équipe. On est sur la même longueur d’onde. Je leur explique mon projet, ils me le dessinent à leur sauce… puisque c’est ça le but! Et ensuite, ils me le piquent. Quand je vais voir un artiste je veux son travail sur moi. Alors je les laisse dessiner librement.

En tant que tatoueur, tu es venu t’installer dans un skateshop, pourquoi ?

Les gars de Landscape et moi on est potes depuis longtemps et quand j’ai quitté EuroTribal (Bastille), je suis ensuite parti en tournée en Russie avec mon groupe ; Early Seasons. A mon retour, on a eu l’idée de créer un studio au sous-sol du shop. Et c’est juste une idée géniale ! Bosser avec ses potes, il n’y a rien de mieux. Le principe du shop est très américain au final. Un mélange de street-skate en haut et tattoo en bas. D’ailleurs on s’agrandit et on accueille désormais deux autres tatoueurs/ses (Toma Pegaz et Oriane Tanuki). J’aime ce mélange car j’ai moi-même grandi dans le milieu du skate.

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