Eilo Martin, esprit agile

eilo – une JLM

Eilo Martin est une jeune Française de 36 ans expatriée à Montréal pour le bonheur des québécois. Femmes et animaux ornés de bijoux, Eilo affirme son style Art Nouveau avec beaucoup de créativité et de délicatesse.

Bonjour Eilo, peux-tu te présenter ? D’où viens-tu ?

Mon vrai nom est Elodie Martin mais mon nom d’artiste est Eilo Martin, ça vient d’un truc un peu stupide quand j’étais étudiante en graphisme sur un projet de flyer avec un ami et c’est resté depuis.

Je suis née à St Etienne mais ma famille vit en région parisienne où j’ai vécu avant mon départ à Paris pour le lycée. Quand on me demande d’où je viens, je réponds juste « Paris », c’est une ville que j’adore même si maintenant je ne souhaite plus y vivre.

Ensuite, je suis venue en 2007 à Montréal et j’ai été conquise malgré le froid et la neige en hiver.

Quel a été ton parcours avant de te lancer dans le tatouage ?

J’ai fait mes études  à l’Ecole d’art et industries graphiques Estienne à Paris. J’y ai fait un bac STI Arts Appliqués et un BTS en communication visuelle et design graphique.

Comment as-tu débuté ton métier de tatoueuse ?

Pendant toute la durée de mes études, je faisais des tatouages au henné sur les plages et les marchés en été pour payer mes vacances à l’ile de Ré. C’est en faisant ces tatouages au henné que j’ai développé un plus grand intérêt pour le vrai tatouage.

Puis par le hasard des rencontres, dont celle de Laurent Maïna qui m’a fait mon premier tatouage et m’a vraiment motivée à aller plus loin, j’ai fini par commencer un apprentissage en 2002 chez Abraxas dans le Marais. J’ai passé un an et demi là-bas comme apprentie avec Loïc Gignoux puis j’ai travaillé chez American Body Art à Châtelet jusqu’en 2007, année où je suis partie vivre à Montréal.

Comment s’est passé ton arrivée à Montréal ?

J’ai tout de suite intégré l’équipe de la boutique Tatooatouage qui est maintenant devenue MTL Tattoo. La boutique a changé de nom mais c’est toujours la même formidable propriétaire Pascale Quesnel, qui peut être fière de fêter les 20 ans de sa boutique en 2017 (et moi mes 10 ans à Montréal).

Après un an passé là avec une super équipe, dont Shamus Mahannah qui est toujours mon « super partenaire de convention » au Mondial du tatouage, et Rebecca Guinard qui travaille maintenant chez Glamort, j’ai dû revenir en Europe à la fin de mon visa.

J’ai alors passé 6 mois en Espagne dans une petite boutique de Barcelone puis 6 autres mois en France en attendant mes papiers pour retourner vivre à Montréal. J’ai eu la chance de travailler à cette époque chez All Tattoo à Paris. Je suis revenue à Montréal depuis 2009 et je suis depuis ce moment-là chez MTL Tattoo qui est comme une vraie famille d’adoption pour moi.

Amazone

Hunt

Tu fais des flashs hyper colorés, souvent des portraits ou des animaux, comment décrirais-tu ton style ?

J’ai toujours aimé les tattoos en couleurs. Lorsque j’ai commencé à tatouer, deux styles bien traditionnels m’intéressaient vraiment, le japonais et le old school. Je me suis faite tatouer dans ces deux genres car même si j’aime beaucoup le noir et gris aussi, les couleurs franches et solides m’ont toujours plu.

En revanche, je n’ai jamais réussi à synthétiser assez mes dessins pour les rendre vraiment old school. A chaque fois que je m’efforçais de faire un dessin traditionnel, je ne pouvais pas m’empêcher d’y mettre un peu plus d’ombrage, de volume et de détails. Est-ce que c’est parce que je suis parisienne et que j’ai été influencé par la beauté des stations de métro faites par Hector Guimard ? J’adore l’Art Nouveau et bien sûr, un de ses maîtres Mucha ! J’aime l’ornementation et la féminité.

Quand j’ai commencé dans le tatouage, les gens autour de moi ne voyaient pas ça très bien (il y a 15 ans en France, le tattoo n’était définitivement pas à la mode comme aujourd’hui). Ils disaient que c’était grossier et vulgaire mais je voulais faire du tattoo qui puisse être considéré comme un bijou, comme un accessoire ornemental que l’on porte pour embellir le corps. Il  y avait sûrement les bases de mon style.

J’ai travaillé au début en faisant du japonais,  en m’inspirant de motifs traditionnels, mais en y ajoutant ma touche féminine. Je n’étais pas la seule à m’inspirer de Mucha et de l’art nouveau,  il y a eu progressivement ce nouveau style qui semblait donner un nom à ce que je faisais, le néo-traditionnel. Je n’ai rien inventé, j’ai suivi cette vague qui me correspondait parfaitement.

Pour les sujets, j’ai toujours aimé dessiner des femmes, depuis toute petite où je dessinais pour faire de la mode, des danseuses et des patineuses. C’est un de mes sujets de prédilection, avec tous ses attributs d’élégance (j’aime particulièrement les femmes des années 20, leurs perles, plumes, robes pailletées, froufrous et bijoux).

Ensuite les animaux,  je les adore, je les préfère même parfois aux êtres humains. Observer et être avec des animaux, je trouve ça magique!  Je reviens d’ailleurs tout juste de Thaïlande et à chaque fois que j’ai l’occasion d’être avec de nouveaux animaux sauvages ou d’en voir, c’était du pur bonheur. Il m’arrive de les dessiner tels quel avec leur univers naturel mais comme j’aime les détails, je les humanise en leur faisant porter des bijoux.

Généralement, les femmes viennent me voir pour du néo-traditionnel et les hommes pour du japonais.

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Comment te projettes-tu dans ton art ?

L’art évolue et les goûts aussi. Je ne veux pas tourner en rond et faire toujours la même chose. Il y a tellement de styles différents dans le tattoo qui sont passionnants. Je cherche toujours à faire évoluer mon art donc il est possible que cela dévie progressivement vers d’autres influences. Je suis aussi très inspirée de ce qui m’entoure, ce que je vis et découvre. Comme je reviens de Thaïlande, j’ai envie de dessiner plein de choses que j’ai vues là-bas, au niveau de l’architecture, des décorations, de la culture, de la faune et de la flore,  bien différentes de celle du Canada.

Quelles sont tes envies ?

Le voyage est ma deuxième passion donc c’est sûr que cela va se ressentir dans mon art. Je n’ai pas encore assez voyagé alors mes projets et mes envies sont principalement de voyager beaucoup plus, de toujours découvrir de nouvelles choses, de nouvelle cultures. Partager, c’est passionnant et extrêmement enrichissant d’un point de vue personnel et je pense qu’artistiquement cela va être de plus en plus présent dans ce que je vais faire.


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