Dodie et l’art du textile sur peau

dodie – une JLM(3)

Photographies : @Slaine Grew

Dodie est une artiste accomplie et hyperactive. Passant de la musique à la couture et au tatouage, elle jongle avec aisance entre ses différentes passions, mêlant sensibilité artistique et cohérence esthétique. Dodie tatoue depuis maintenant vingt ans et ses tatouages de dentelle ont fait sa renommée. Elle se consacre désormais au floral, mais l’inspiration textile n’est jamais loin. Et c’est dans son shop ouvert depuis quatre and, l’Heure bleue à Lyon, que vous la trouverez.

As-tu le sentiment d’avoir créé ton style ? Tu as initié des choses comme la dentelle par exemple.

Oui c’est vraiment la dentelle qui m’a fait connaître car personne d’autre n’avait eu l’idée de l’encrer et que j’étais une des premières personnes à en faire, avec un autre tatoueur italien qui s’appelle Marco Manzo mais on le faisait différemment. Il tendait plus vers l’ornemental et moi j’étais vraiment dans le côté textile.

La dentelle puis les fleurs, ton style a beaucoup évolué. Comment cela s’est fait ? As-tu décidé de changer ou est-ce que cela s’est fait naturellement ?

Parce que je m’ennuyais à faire toujours la même chose. On évolue comme dans notre façon de s’habiller ou de se coiffer. Les pompes que tu portais il y a quinze ans, t’as plus envie de les mettre aujourd’hui et pourtant tu les adorais, c’est exactement pareil pour les tattoos. Ça se fait tout seul.

Mon métier ressemble à la musique que j’aime et la musique que j’aime me ressemble.

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Pourquoi avoir fait le choix de tatouer uniquement en noir ?

En vieillissant, je me rends compte que c’est plus facile de porter quelque chose de sobre. Le noir et blanc va s’accorder avec tous les vêtements que tu vas porter. On s’en lasse moins vite. On peut être sur un style plus classique et ça traversera mieux les années.

C’est un retour aux basiques comme la petite robe noire. Du floral pas trop typé, très simple. Il n’y a pas de style qui peut nous rapporter à une époque, c’est ce que j’essaye de faire. Quelque chose de très accessible à tout le monde. Une chose qui ne va pas venir flinguer une dégaine, que tu sois une maman classique ou une nana hyper rock and roll. Il y a des tatouages qui peuvent vraiment passer à travers.

Inconsciemment, j’appartiens peut-être à cette vague blackwork, très en vogue ces cinq dernières années. C’est à la mode mais il y a plusieurs manières de le faire, ça reste du noir et blanc finalement. Et au niveau des techniques, je mélange tout ce que j’ai appris ces 20 dernières années et j’utilise plein de gris différents comme dans le réalisme par exemple.

Comment tu procèdes pour créer ?

Je dessine peu. Je fais le dessin le jour même avec la personne. Je fais juste un carbone et le reste, je le fais directement sur la peau.

Artiste pluridisciplinaire, tu fais aussi de la couture et de la musique. Comment concilies-tu tous ces arts et à quel moment se croisent-ils ?

Je suis hyperactive. Tout est cohérent. J’ai toujours été dans un délire de musique et dans le style de musique que j’écoute, il y a beaucoup de gens tatoués. C’est un ensemble. J’ai juste l’impression de ne pas tricher avec ce que je suis. Mon métier ressemble à la musique que j’aime et la musique que j’aime me ressemble. Pour les habits, ce que je fabrique c’est ce que je porte (Black Wire, vêtements et accessoires en cuir). C’est moi, je ne fais pas semblant.


L’Heure Bleue Tattoo, Lyon
France

EMAIL :heure_bleue@icloud.com
Instagram

Black Wire Handmade

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