Bikin ‘ Ink : les conventions jusqu’au bout des doigts !

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L’organisation de convention ne s’improvise pas ! Derrière la conv’ de Nantes et Montpellier se cache le Bikin’Ink production. A sa tête : Sam alias Horichimou, un hyper actif qui se creuse la tête pour offrir des évènements de qualité avec des artistes tatoueurs toujours plus réputés. Issu du métier et créatif dans l’âme, son souci est de diversifier les animations pour que le visiteur s’éclate.

Les 2, 3 et 4 octobre prochains, Nantes fêtera ses 10 ans, une longévité qui ne s’invente pas et à cette occasion Sam’, l’organisateur propose aux artistes en herbe de participer à la création de la nouvelle affiche. (conventionnantes[a]hotmail.fr ). Rencontre.

Peux-tu te présenter rapidement et me dire ce qui te lie au tatouage ?
Je m’appelle Sam’, alias Horichimou (jeu de mots entre potes), je suis tatoueur et j’ai une boutique « Lost Island tattoo » dans le Morbihan, en Bretagne. J’organise les conventions de Nantes et Montpellier.

Si tu es tatoueur en Bretagne, pourquoi organiser une convention à Montpellier ?
C’est ma ville d’origine. J’organisais la convention de tatouage à Nantes quand il n’y avait pas encore de convention à Montpellier. Avec mon pote Thomas, on s’est dit : « on va essayer d’organiser quelque chose ». Il nous a fallut deux ans pour mettre en place cet évènement car la ville ne voulait pas de « tatouage ». Et maintenant, ils nous réclament !

Peux-tu me raconter ton parcours et ce qui t’a emmené à l’organisation de conventions ?
Je suis un hyper actif. J’ai toujours organisé des festivals, des concerts et mêmes des soirées. Je suis un organisateur dans l’âme. C’est mon moteur : avoir des projets ! Des gros projets même.

Comment organise-t-on une convention ?
C’est à la fois compliqué et simple, car c’est devenu une routine. Nous sommes une équipe, car je n’habite pas ici. Ce qui est compliqué c’est de créer une bonne équipe, car organiser une convention, c’est un combat permanent ! Négocier les prix, obtenir les autorisations, etc., S’il n’y avait pas tous ces défis, ce serait beaucoup plus simple. Il faut bien compter huit à dix mois de préparation. Les deux conventions me prennent une bonne année.

Tu as du temps pour tatouer avec toutes ces activités ?
Oui bien sur, tu ne fais pas ça huit heures par jour ! Mais entre deux tattoos, tu vas sur internet surveiller tes messages ou bien le soir. En fait, c’est une activité permanente.

Quelles sont les clefs pour réussir à rassembler autant de tatoueurs ?
Entre Nantes et Montpellier, déjà il y a des différences. C’est beaucoup plus facile de faire déplacer les artistes tatoueurs à Nantes, cette convention est plus cotée. J’ai déjà des demandes pour 2016. A Montpellier, il y a aussi beaucoup de demandes, mais le niveau de tatouage n’est pas le même. Alors je suis obligé de refuser beaucoup d’artistes pour conserver un niveau de qualité. Je souhaite également faire venir du sang neuf comme Sixo (ndlr : Sixo Santos) Je vais les chercher sur Facebook ou dans les conventions auxquelles je participe. On essaie de faire venir du sang neuf. Mais il y a beaucoup de scratcheurs dans la région… C’est plus difficile qu’à Nantes. Avant Nantes, j’organisais la convention de Rennes, de 2003 à 2005.

A l’époque, j’avais un noyau d’artistes : Léa Nahon, Navette, Sacha, etc. Ils étaient là en 2003. Et ils m’ont suivi à Nantes et à Montpellier. A ce noyau de très bons artistes, j’essaie d’ajouter des artistes moins connus et des étrangers. Après c’est compliqué de toujours se renouveler. Comme les nouveaux spectacles ; les visiteurs aimeraient d’autres shows que les pin-up, mais c’est difficile de trouver d’autres artistes qui proposent de nouveaux shows également compatibles avec l’univers tattoo.

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Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer à la convention de Montpellier cette année ?
Je viens de croiser le directeur marketing du Parc des expositions. Ce n’est que du commerce, ce sont des professionnels dans ce domaine et nous, non ! On essaie de faire un bel événement pour que tout le monde s’éclate et passe un bon week-end. Ils veulent toujours tout nous faire payer. On doit négocier en permanence.

Vous êtes la poule aux œufs d’or ?
J’ai pas mal de contact avec des directeurs de parcs d’exposition, et il « paraîtrait » que nous sommes l’un des rares salons de tatouage en France en constante évolution, donc ils nous veulent… Ce sont des commerciaux. Ils louent leurs locaux une fortune.

Mais est-ce que vous avez d’autres difficultés, par exemple, pour les normes de sécurité ? Non, car nous avons un responsable de la sécurité. Mais la mairie peut dire demain :  «  j’ai vu un artiste tatoueur qui avait un rideau non ignifugé, vous arrêtez l’événement… » ou « la caravane n’est pas aux normes » (« la studio palace »)… Mais il faut bien qu’il y ait un aspect un peu plus rock’n’roll sinon si tout est structuré, blanc et carré…. On est quand même issu d’un milieu artistique et créatif. Il faut qu’il y ait du fun !

Qui choisit les artistes ?
Montpellier, je choisis les artistes car mon acolyte n’est pas tatoueur. Tandis qu’à Nantes, on partage les artistes.

Sur quels critères contactez-vous des artistes étrangers ?
Il n’y a pas de critères, soit je les ai rencontrés sur une convention et je les ai invités ou par internet. J’aime leur boulot et je leur envoie une invitation. Cette année, il y a beaucoup d’espagnoles et d’italiens, j’en ai refusés beaucoup. Le plus dur, c’est de faire venir les américains, ils ne se déplacent pas facilement ! Ils demandent la prise en charge de leur avion, etc… Contrairement à d’autres conventions, je mets tous les artistes au même niveau, il n’y a pas de têtes d’affiche, il n’y a pas de star.

Tu as bradé des stands pour faire venir de bons artistes ?
On invite certains tatoueurs, ceux qu’il faut convaincre, mais je ne paie pas l’avion. J’offre le stand, ok, mais l’artiste assume son défraiement.

Alors par quel tatoueur, tu aimerais te faire piquer aujourd’hui ? Par Sixo Santos (rires) mais je le croiserai un de ces quatre. Je l’inviterai à Nantes ! Il y en a beaucoup qui me plaisent mais je n’ai pas le temps. Si j’ai vraiment envie de me faire tatouer par un artiste, soit je vais dans son salon ou dans une conv’, mais pas ici (convention de Montpellier, ndlr).

Quelles nouveautés ont été mises en place cette année ?
La nouveauté, ce sont les artistes tatoueurs, c’est le plus important ! Après il y a Zouzou Beretta, l’effeuilleuse burlesque. On ne veut pas de concerts électrifiés car ça fait du bruit et ça empêche les tatoueurs de travailler. On a donc programmé des « one-man band ». Mon projet, ici, c’est de faire un mini Long Beach. L’an prochain, on risque de bosser avec des clubs de voitures, etc. On veut faire un esprit plage, Tiki et Cie. Il faut profiter de l’espace et de la verdure ! J’essaie de trouver des choses différentes, que l’on ne voit pas dans d’autres conventions.

Quels nouveaux défis à relever l’an prochain ?
Faire mieux ! Mon souci permanent est que le visiteur ne tourne pas en rond. On essaie de faire des expos photos ou de dessins (Navette, Mr. Garcin), des petites séquences de cirques ou d’animations, de la musique et des défilés, etc. pour que le visiteur ne s’ennuie pas. Je me fais chier quand je vais en convention. Il ne faut pas qu’il y ait que des tatoueurs ! Alors je fais en sorte que les gens restent ! Si on pouvait faire une sorte de cinéma permanent pour que les gens puissent aller et venir…

 

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