Aga Mlotkowska, guidée par les lignes

aga , © François Capedeville

Photographies: ©François Capdeville

Aga Mlotkowska est une artiste talentueuse et inspirée qui encre chez Art Corpus à Paris depuis maintenant deux ans. Passionnée d’art et de design, on retrouve dans son style épuré son amour des lignes et du contraste.

Peux-tu te présenter ?

Je suis polonaise et j’habite en France depuis deux ans et demi. Avant, j’avais une boutique à Wroclaw en Pologne puis j’ai ouvert mon atelier à Varsovie avec Ania Jalosinska.
J’ai commencé à faire beaucoup de guests et de conventions dont celle de Paris il y a cinq ans où j’ai connu Art Corpus. Je suis venue chez eux deux ou trois fois par an puis ils m’ont proposé de travailler ici.

Depuis quand dessines-tu ?

Je dessine depuis toujours, j’ai toujours voulu faire des études artistiques, c’est naturel pour moi. Je suis à la fois dessinatrice et graphiste, j’ai aussi fait de la linogravure et de la lithographie.

Aga ©François Capdeville

Quels ont été tes premiers pas dans le tatouage ?

En Pologne, j’ai fait des dessins pour une boutique de tatouage, c’est comme cela que j’ai connu un peu mieux le milieu et que j’ai commencé à apprendre en 2003, avant d’ouvrir ma boutique en 2006. Depuis, je tatoue tous les jours, c’est devenu mon métier, ma passion.

Je connais le tatouage depuis que je suis petite, j’ai toujours été attirée mais ce n’est pas courant dans un pays communiste, c’était visible à l’armée et en prison, pas dans la rue. Le tatouage artistique a commencé dans les années 90.

Quel fut ensuite ton parcours ?

Il n’y avait pas beaucoup de filles tatoueuses en Pologne quand j’ai ouvert ma boutique, c’était rare. Avec Ania, nous étions deux graphistes avec une ambiance proche et des styles différents, c’est pourquoi nous étions complémentaires. Il n’y avait pas d’horaires fixes, on voyageait beaucoup en convention et on recevait aussi des guests internationaux.

©François Capdeville

Quelles sont tes inspirations ?

Tout m’inspire au niveau visuel. C’est rarement les tatouages des autres, j’apprécie le style mais je ne m’inspire pas.
La photo était ma passion il y a longtemps et j’ai envie d’y revenir dans un style à l’ancienne, en argentique, plutôt noir et blanc. J’aime aussi la peinture japonaise type calligraphie comme Fabienne Verdier. Je suis inspirée également par le design, la communication visuelle comme les logos et l’art graphique russe que l’on voit sur des affiches, très pixelisé ou avec des typographies particulières. Mais aussi la gravure, la photographie, la nature, l’architecture et tout ce qui a une connotation asiatique. Le quotidien et mon entourage aussi.
Module de base de tous les dessins et des images, c’est la ligne qui m’inspire en premier lieu, je vais naturellement vers le non figuratif. Dans mes gravures, je travaille avec la ligne, le contraste, l’équilibre entre les objets, et non pas les couleurs ou les images figuratives.
C’est le tatouage qui m’a poussée vers des dessins plus figuratifs comme les yeux et les mains. Je peux faire des tâches, des points et des lignes, c’est plus inspirant pour moi que la nature morte.

Comment définirais-tu ton style ?

Je n’arrive pas à définir mon style et je suis heureuse de ne pas être obligée de le faire. J’ai énormément de liberté, je n’aime pas me cadrer. « Less is more », comme dans le tatouage primitif. J’aime le côté épuré et non détaillé, les structures et les patterns.
J’ai d’ailleurs de plus en plus de demandes de tattoos linéaires, de lignes qui traversent le corps. La demande est plus spirituelle, universelle, très cosmique.

Comment ça se passe avec tes clients ?

C’est une relation d’échange. Quand c’est la première fois, certains sont inquiets ou excités. On prend un rendez-vous, on se parle des détails, de ce qu’ils veulent, ils me racontent leur histoire, me montrent l’ambiance, les couleurs, le style de ligne qu’ils souhaitent. Je me fais un croquis que je mets de côté jusqu’au dernier moment, puis la veille ou le matin du tattoo, je m’assois et je dessine.

Quels sont tes projets à venir ?

Je suis bien ici, je me réalise. J’aimerais revenir vers la photo et la gravure un jour.
Et puis je voyage, c’est vital, je ne pourrais pas travailler non-stop sans voyager. Cela fatigue l’esprit créatif, c’est facile de s’enfermer alors que c’est la fraîcheur qui compte. C’est important de se nettoyer des énergies car les gens viennent avec leurs émotions et leurs angoisses, il ne faut pas être une éponge.
Toutes les rencontres et les autres cultures sont inspirantes. Je suis étrangère ici donc j’ai besoin de bouger, je suis habituée à voyager.


Aga Mlotkowska
Art Corpus, 49 rue Greneta, 75002 Paris
Facebook / Instagram

©François Capdeville

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